‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 84 sur 130 · VI. - LA POLITIQUE ÎWTÉRIEURE · texte numérisé non relu

VI. - LA POLITIQUE ÎWTÉRIEURE

Justice à procureur général. — Blois.

Paris, le S août 1870, S b. SO id • lO^.

Si le parti révolutionnaire s'était uni à nous pour céfendre la patrie, nous

eussions bien volontiers fait une amnistie ; mais on présence de son attitude hostile, implacable, en présence des vœux à peine déguisés que ses journaux font pour notre défaite, quoi qu'il arrive, même après la victoire, nous ne ferons pas d'amnistie ; vous pouvez l'affirmer hautement. Il me semble que c'est la réponse que vous demandiez.

Préfet à Intérieur. — Pans,

ValsDce, le 7 aoCit 4870, 2 b. S5 m soir.

A la suite des deux dernières dépêches que je viens de publier, les hommes ;!e tous les partis sont venus à moi me demander à s'organiser pour défendre )e pays: j'ai parlé de francs-tireurs, ils préféraient la garde nationale; mais 'lie pourrait devenir un embarras plus tard ; j'attends vos instructions.

Préfet à Intérieur, — Paris.

Besançon, le 7 août 1870, 5 b. 50 m. soir.

Les autorités militaire et judiciaire demandent si c'est Paris seulement ou h France entière qui est en état de siège ; tout le monde désire ici que, pour lunité de l'action, la 7« division militaire soit mise en état de siège. L'élan est grand, il faut en profiter; la démagogie fait de grands efforts pour l'arrêter. Nou& n'avons pas ici plus de 300 hommes de garnison.

Justice à Empereur. — Metz.

Tuileries, le 7 août 4870, 9 b. 48 m. foir.

L'état de l'opinion publique est excellent. A la stupéfaction, à une immense douleur ont succédé la confiance et l'élan. Le parti révolutionnaire lui-même est entraîné dans le mouvement général. Un ou deux misérables ayant crié « Vive la république! » ont été saisis par la population elle-même. Chaque fois que la garde nationale sort, elle est acclamée. Ainsi, n'nyfz aucune inquiétude sur nous, et ne soyez qu'à la revanche qu'il nous faut. Nous désirons faire tous les sacrifices.

Nous sommes tous unis; nous délibérons avec le conseil privé dans le plus parfait accord.

L'Impérairice est très-bien de santé; elle nous donne à tous l'exemple du courage, de la fermeté et de la hauteur d'âme. Nous sommes plus que jamais de cœur avec vous.

EMILE Ollivier ^

Préfet à Intérieur — Paris.

Lyon, le 8 aobl 1870, midi S5 m. matin.

Manifestations très-bruyantes pendant toute la soirée. Dans ces manifestations il y avait du bon et beaucoup de mauvais. Le mot d'ordre était : organisation de la garde nationale ; et ce mot d'ordre vient du parti radical. En résumé, beaucoup de bruit, mais pas de désordre

Intérieur à Préfet Bouchcs-du-Ilhônc. — Marseille.

Parie, le 11 aotit 1870, 7 b. SO m. soir.

Votre département étant mis en état de siège pour cause politique, jugerezvous opportun d'y organiser une garde nationale sédentaire? Si oui, concertezvous avec le général.

La loi du 10 annule les mesures précédemment prescrites.

Commissaire spécial chemin de fer à Préfet de Police. — Paris,

Nice, le 10 août 1870, 6 b. 10 m.

La mise en état de siège des Alpes-Maritimes etBouches-du-Rhône a produit un excellent effet. Même mesure sei'ait nécessaire pour leVar, psys frontière oii les socialistes s'agitent et s'organisent pour la révolte. Les paysans conservateurs de ce département chôment depuis les mauvaises nouvelles. Ils ont plus peur des rouges que des Prussiens. La partie saine de la population est pleine de patriotisme et a toujours confiance en l'Empereur.

Intérieur à Empereur,

Page 1