MORELLI
Paris, le 33aoflt 1870.
Dès le début de la guerre, ordre était donné aux autorités de rester à leur poste pour organiser la résistance ; mais les forces eniiciuicN .'fani en trop grand nombre dans certains départements de l'Est pour que les populations puissent résister, le télégramme suivant a été envoyé aux préfets :
w Tenez tant que vous pourrez devant l'ennemi, et retardez sa marche par « tous les moyens possibles. Si vous étiez menacé d'être pris, repliez-vous en « arrière, laissant aux maires le soin de diriger la population et de soutenir « son moral. »
Préfet au Ministre intérietir. — Paris,
Épinal, le 16 août IR'O, 2 h. tô m. loir.
Les Prussiens sont aux portes d'Épinal. On dit qu'ils abusent du préfet de la Meurthe pour actes au nom de leur gouvernement. J'étais disposé à les attendre. Cependant, dans le cas où ce qu'on dit serait vrai, il vaudrait peut-être mieux que je me retire dans la montagne.
Préfet à Intérieur. — Pans.
La Rochelle, 46 aobt (870.
Appel des pompiers à Paris fait émotion très-vive; la plupart refusent de partir ; populations inquiètes; vous informerai du résultat définitif.
il. ^'
Préfet à Intérieur et Guerre. — Paris.
Tours, le 16 août 1870, S b. 30 m soir.
Il y a de l'hésitation parmi nos pompiers. Je la surmonterai. La mesure est
trouvée admirable par toutes les personnes qui réfléchissent
Intérieur à Préfets — Circulaire.
Paris, le 17 août 1376.
L'élan des Compagnies de sapeurs-pompiers est tel, que nous devons éviter l'encombrement. Suspendez donc tous les départs. Les hommes qui se seraient dfjà déplacés pour se concentrer au chef-lieu du département ou d'arrondissement, ou pour se rendre aux stations de chemin de fer, seraient indemnisés de leurs frais. On prend des mesures pour assurer leur bonne installation k Paris. Vous recevrez prochainement de nouvelles instructions à cet égard. ■ Expliquez à ces hommes dévoués les motifs de cet ajournement raomeniané.
Général commandant 5* corps à Guerre. — Paris.
Hézit?res, le 30 août 1870, 11 h. S m. matin.
Je viens d'arriver à Mézières; j'ai trouvé sur tout mon passage la population disposée à la résistance, mais les autorités civiles sont généralement peu disposées à les pousser à la défense. Le maire et le sous-préfet de Rethel
seraient à changer. Il n'en est pas ainsi du maire de Signy-l'Abbaye, ce qiiî m'a été cause que dans la nuit, j'ai reçu quatre coups de fusil qui ont blessé un cheval; malgré leur erreur, j'ai félicité les gens de la commune. Mézières a réellement besoin de troupes sérieuses, non-seulement pour garder les approvisionnements, mais encore pour garder toutes les lignes de chemin de fer en avant et en arrière. Je pars à midi et demi ; je vais aller jusqu'à Carignan, d'où j'espère, dès ce soir, rejoindre.
Directeur (1) à BireUeur général. — Paris.
Lyon, A septembre à 1 b. 80 m. soir.
On m'impose la transmission de la dépêche suivante :
« République française. Commune de Lyon. Le comité provisoire de salut (( public de Lyon au conseil municipal de Marseille : République proclamée « à Lyon, organisation immédiate d'un gouvernement républicain et des mea sures nécessaires pour la défense de la patrie. »
Un commissaire du comité provisoire est en permanence dans mon cabinet Des hommes armés gardentl'entrée du poste. Quels sont vos ordres?