SCÈNE II PAPILLON, PERNU
/ Hein, mon vieux Pernu, j'ai mon notaire! / Comme un bourgeois, est-ce assez chic?
PERNU
Pour sur.
/ Puis tu vois : c'est pas malin pour l'argent. Je / demande cinq cents, il m'ofTre dix mille.
PERNU
Ça, c'est le plus épatant.
Veux-tu me rendre un service?
l'ERMî
Tout ce que vous voudrez, monsieur Papillon.
/■ Tu peux me tutoyer. J'ai été ouvrier comme [toi.
PERNU, gêné.
Maintenant ce n'est plus la même chose, vous avez de la fortune, monsieur Papillon.
I Moi, tu sais, ça m'est égal, je tutoie le marquis I de Sandray.
^ PEii.NU
Vous êtes plus riche que lui, c'est naturel.
j Veux-tu aller à Saint-Sorlin?
PERNU
Oui.
(Tu partiras demain matin par le premier train. Tu seras là-bas sur le coup de deux heures. Tu iras directement chez Balbine Birette, place du Marché, près de l'église. Tu ne peux pas te tromper. Balbine Birette, repasseuse.
PERNU, répétant lentement.
Balbine Birette, repasseuse, place du Marché, près de l'église, c'est compris.
I Tu lui diras : Je viens de la part de Papillon / qui vous envoie ces cinq cents francs. 11 est en I train de faire un petit héritage.
PERNU
Un petit...
^ Tu diras un petit...
PERNU
Bon. Et après?
/ C'est tout. Tu prendras ta dépense sur l'ar- / gent... Non, je réfléchis, donne les cinq cents I francs. Voilà cinquante francs, tu auras environ y trente francs de frais, garde le restant.
PERNU
Ah ! c'est trop. -J'irai bien pour rien, monsieur Papillon.
/ Par exemple. Tu as des enfants.
PERNU
Et ils ont bon appétit... heureuseïnent.
PAl'ILLON
/ Tiens, voilà encore cent sous, apporle-leur /quelque chose.
PERNU
C'est pas la peine.
(^ Prends donc. .. c'est de bon cœur.