‹ Papillon, dit Lyonnais le Juste; pièce en trois actesChapitre 38 sur 52 · LE MARQUIS, PAPILLON, LOUISE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, PAPILLON, LOUISE

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/ Marquis, mademoiselle Louise veut toujours / que je lui raconte des histoires de compagnons ; I écoute celle-là. Elle est vraie, vous savez, je n'y l étais pas, mais elle est vraie.

LOUISE

Ce sont celles dont vous êtes qui me plaisent.

CVous dites cela pour me faire plaisir, moqueuse.

LE MARQUIS

Tu ris d'avance, c'est une grosse blague que tu as sur la langue, prends garde.

/ Non, non, c'est très convenable. Ah 1 mais, / marquis, devant les jeunes filles, je sais me ( tenir.

LOUISE

M. Papillon est toujours très correct.

C'était aux environs d'Arnav-le-Duc, chez un

singe de campagne. Sa femme nourrissait les compagnons. Ils étaient trois : Nantais, la Petite moulure r Bordelais, Va-sans-crainte ; et un Albigeois dont je ne sais plus le nom. La bourgeoise mangeait à part avec son mari. Elle servait souvent des têtes de mouton. Un jour. Nantais, en découpant une tête, la laisse maladroitement rouler sur la table. « Où vas- tu, dit-il, tête sans cervelle ? » et Bordelais lui réplique : « Que veuxtu qu'elle te réponde, elle n'a plus de langue ! » Et c'était vrai, bon Dieu I La bourgeoise avait enlevé la cervelle et la langue qu'elle mangeait avec son mari. Hein? elle en avait du vice. Le singe a été si vexé qu'il a payé à boire pendant trois ^ jours à tout le chantiçr. (// rit.)

LE MARQUIS, s'ejfôrçanl de rire.

Ah! ah! ah! elle est drôle, ton histoire.

LOUISE, riant aussi.

Oui, oui. (A part.) Laisse-nous.

LE MARQUIS

Sacré Papillon ! tu en as de bonnes ! Je vais conter celle-là au président. (// sort.)

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