LE MARQUIS, PAPILLON, LOUISE
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/ Marquis, mademoiselle Louise veut toujours / que je lui raconte des histoires de compagnons ; I écoute celle-là. Elle est vraie, vous savez, je n'y l étais pas, mais elle est vraie.
LOUISE
Ce sont celles dont vous êtes qui me plaisent.
CVous dites cela pour me faire plaisir, moqueuse.
LE MARQUIS
Tu ris d'avance, c'est une grosse blague que tu as sur la langue, prends garde.
/ Non, non, c'est très convenable. Ah 1 mais, / marquis, devant les jeunes filles, je sais me ( tenir.
LOUISE
M. Papillon est toujours très correct.
C'était aux environs d'Arnav-le-Duc, chez un
singe de campagne. Sa femme nourrissait les compagnons. Ils étaient trois : Nantais, la Petite moulure r Bordelais, Va-sans-crainte ; et un Albigeois dont je ne sais plus le nom. La bourgeoise mangeait à part avec son mari. Elle servait souvent des têtes de mouton. Un jour. Nantais, en découpant une tête, la laisse maladroitement rouler sur la table. « Où vas- tu, dit-il, tête sans cervelle ? » et Bordelais lui réplique : « Que veuxtu qu'elle te réponde, elle n'a plus de langue ! » Et c'était vrai, bon Dieu I La bourgeoise avait enlevé la cervelle et la langue qu'elle mangeait avec son mari. Hein? elle en avait du vice. Le singe a été si vexé qu'il a payé à boire pendant trois ^ jours à tout le chantiçr. (// rit.)
LE MARQUIS, s'ejfôrçanl de rire.
Ah! ah! ah! elle est drôle, ton histoire.
LOUISE, riant aussi.
Oui, oui. (A part.) Laisse-nous.
LE MARQUIS
Sacré Papillon ! tu en as de bonnes ! Je vais conter celle-là au président. (// sort.)