SCÈNE IV Les Mêmes, PATHE, BAPTISTE
BAPTISTE
Monsieur le notaire Pathe prie monsieur le président de vouloir bien consentir à le recevoir de suite. Il dit que c'est urgent.
VÉRILLAC
Qu'il entre. [Baptiste sort.) Que me veut-il? Ce notaire a une mauvaise réputation.
PATBE. saluant bas., crotté, V air sournois. Mademoiselle, madame, monsieur le président... excusez-moi,... excusezmahàte,... excusez mon retard... J'ai une chose fâcheuse... VÉRILLAC, hautain, sévère.
Vous bafouillez, maître Pathe... Excusez^ ma hâte... Excusez mon retard... Qu'y a-t-il ?
PATHE
Que vous êtes heureux, monsieur le président,
de pouvoir toujours exprimer votre pensée en termes précis, clairs... Oh ! oui, il faut m'excuser... Il faut me plaindre... C'est bien malgré moi... Et pourtant...
VÉRILLAC
Pathe, je sais ce que vous allez me dire.
PATHE
Hélas ! non, monsieur le président.
VÉRILLAC
Si, c'est écrit sur votre mine déconfite. Votre allure piteuse révèle votre pensée... Vous venez m'apprendre que vous avez fait comme pas mai de vos confrères... {Pathe hoche la tête de façon approbalive.) que vous avez été malheureux I
PATHE
Je le suis.
VÉRILLAC
Que vous avez joué à la Bourse.
PATHE
Oui.
VÉRILLAC
Que VOUS avez perdu ; [Signe négatif de Pathe que Vérillac ne remarque pas.) que vous êtes à bout de ressources ; qu'il ne faut pas que je tienne compte des plaintes qui pourront venir; qu'un simple délai vous sauvera. Je refuse tout délai ! Combien devez-vous?
PAÏHE
Mais rien, monsieur le président, absolument, rien...
VÉRILLAC
Je ne comprends pas alors.
PATtlE
C'est malheureusement très simple, hélas!
MADAME VÉRILLAC
Vous parle/: de choses fâcheuses...
PATUE
Hélas ! oui, madame, de choses fâcheuses... tout à fait fâcheuses, pénibles.
MADAME VÉRILLAC
Pour vous ?
PATUE
Non, madame... pour vous, madame.
Pour moi ?
VÉRILLAC
Pour ma femme?
PATHE
Pour vous aussi, monsieur le président.
BERTHE
Pour papa ?
PATEE
Pour vous aussi, mademoiselle.
VÉRILLAC
Expliquez-vous 1
PATUE, regardant sa montre.
Mon Dieu, le temps presse... Voilà : [tous irù inquiets.) M. Destouches est mort.
VÉRILLAC
Depuis longtemps, oui... [Berthe joue sur le piano : Mironton^ miron... Sa mère V arrête d'un geste.)