‹ Papyrus démotiques de Lille. Tom. IChapitre 29 sur 60 · kybmh 2(.2.)12 lanta · texte numérisé non relu

kybmh 2(.2.)12 lanta

D D AC) eh REUTERS

Traduction.

1. L'an 34, qui est l'an 35, du roi Ptolémée, fils de Ptolémée. 2. Serment qu'a prêté (un tel), fils (d'un tel), à Diogène, l'administrateur du district. 3. Par le roi Ptolémée, fils de Ptolémée “th 4. et (par) Arsinoé, la déesse Philadelphe, . et (sic) les dieux Adelphes, les dieux vivants.

. Les moutons que je possède, en totalité, et les agneaux,

. Je n'ai omis aucun mouton au monde.

© AN AP AR UN An UN AN AM

7. et les chèvres que j'ai fait inscrire conformément à la règle.

. I n'y à en moi ni dissimulation, ni mensonge.

$ 10. Si je fais ce serment conforme à la vérité, je suis dans les faveurs du roi. $ 11. Si je le fais mensonger, je suis dans l’abomination du roi.

$ 12. Petit bétail : Moutons (nombre), dont mâles (nombre);

$ 13. agneaux de première catégorie en Thot (nombre), dont mâles (nombre);

$ 14. agneaux de deuxième catégorie (nombre), dont mâles (nombre) ;

$ 15. chèvres (nombre). Écrit par (un tel), fils d'(un tel).

Il n’est pas sans intérêt de constater comment ce petit texte se laisse transposer en copte, à quelques détails près. Pour un intervalle d’au moins 6 siècles, les divergences sont relativement minimes. J'emploie le dialecte sahidique, certains mots n'étant pas connus, à moi du moins, sous leur forme fayoumique. On peut sans scrupules user de l’auxiliaire oà= qui est attesté dans le sahidique d'Hermopolis. Cf. Cru, Coptice Mss Brit. Mus., N° 1111. K. Serue a traité en détail de w’4 et de ses dérivés (À. Z., LII, p. 112 sqq).

J'aurai à revenir sur ce sujet. Ne peut-on admettre dès maintenant que oà= est l'intermédiaire entre w’k

> el m'apparait, à tort ou à raison, comme une conception de grammairiens ayant négligé le démotique et qui

et le parfait normal en &=? L'étymologie admise pour ce dernier, la «forme emphatique »

demande révision, du moins partiellement. Cf. Recueil, XL, article à paraître. $ 6. mecoow eTHTAI THPOT MN morerà $ 7. mit mhaamie eoaiT(pe)Tcoar (HT)0e (M)ReToTrox $ 8. MIIRAECOOT HMIM MITO HTOOT 8 9. MiTar AGO MNTAI CON = $ 10. espnantau ETOpar (M)Me Yon (owe) (M)nppo $ 11. eraag (n)ox Vomnkore (M)nppo.

Et

A UP AN Où À

Variantes.

(Les références ne sont données que pour les cas remarquables.)

Omission de la préposition n et de la mention «fils de». — Orthographes Plwms (20), Ptvrmys (15).

Omission de l’article devant <serment». — ’» au lieu de a-’r (16). — Au lieu de «serment qu'a fait» : «serment de» (préposition n non exprimée), — Omission de la préposition n devant Diogène. — Orthographes Dygn, Dwgn (16). — Omission de l’article devant le titre de Diogène (17).

. Hana au lieu de we (17). — Répétition abusive de Pr-‘o (16).

. Graphies étranges du nom d’Arsinoé (19, 20, ete.). — ’Rny (17). — Omission de «la déesse » (19).

. Omission de la mention «et les dieux Adelphes». C’est là une sorte de bourdon; il y a deux fois la marque du pluriel après Arsinoé Philadelphe (19). — En plus ‘rm avant «les dieux vivants» (17). — ‘nh au lieu de ‘nkw (16, 17, 20).

Omission de l’article devant < moutons ». — Orthographe sw (20). — Omission de l’article, ou de la préposition rm”, ou des deux, devant «agneaux» et «chèvres». — Dans certains cas l’article est omis devant «agneaux» et conservé devant «chèvres». C’est que sa forme est la même que pour l'initiale de kyb. — Suppression de eT- devant nTar (tous, sauf 16 et peutêtre 19). — win après « moutons» (17).

. faanmine. Suppression de ‘o (19); b seulement (16, 17). — Æ-y au lieu de a-w’k-y (19). — Suppression de a devant h. — Pe-k wz (20). — Sh pour sh-w. — Dans 16, introduction de y-s (?), après sh-w. — Suppression de «conformément à la règle» (12, 18).

. Bn-y au lieu de bn-pe-y (12, 15, 18).

. Manque dans 19.

E-y ‘r (12, 19) au-lieu de e-r-y re — Er ‘nh (17). — Te-y omis (17, 20); écrit comme le verbe «donner» (16, 18). — Article omis devant «serment». — Préposition hn omise (12). — Nt sh hry, «qui est écrit ci-dessus» (16).

E-y, te-y et hkn comme précédemment. — Omission de l’article p. — Omission de «du roi» (15, 18).

Omission de «moutons» (17, 20). — Article «les» avant «moutons» (16). — Nombre avant « mâles » (13).

. «Dont» avant <agneaux» (12, 15, 18). — Pas d'indication de sexe (12, 18).

. «Dont» avant «agneaux» (18). — Pas de mention des agneaux de 2° catégorie (16). — Pas d'indication de sexe (15, 18).

baamrne (12, 18, 19). — «Dont» avant «chèvres» (15).

Inv. 92. — 0 m. 145 X O m. 111. — PI. IV.

Scriptura exterior, depuis «agneaux» au $ 6 jusqu’à la fin. Scribe : Pétésouchos, (fils de) Pa-noub.

Texte grec (Jouauer) :

L Àc Ioyxüve àreypdbaro ’Aoïtc Ilaytos mods Auoyéyny voudpynv moéfara n 2 dp(aevec) n doves 6h 6.

Inv. 93. — 0 m. 148 X 0 m. 120. — PI. IV.

Scriptura exterior, depuis «[que j'ai] fait inscrire» au $ 7. Fin des lignes seulement.

Texte grec (Jouauer) : (nom propre très douteux).

L'Ae Iloy@vs dreypébaro Loow ...[... ...] moèc Atoyévny voudeynv mp[éfara. N° 14.

Inv. 98. — 9 petits fragments. — Largeur totale O0 m. 117. Déclarant @iPa 27 MAISON CCR ES

Inv. 95. — O0 m. 215 X O m. 121 — PI. V.

Scriptura interior et 3 premières lignes de scriptura exterior. Déclarant : Horos, fils de Pa-tn (variante Ptn). DOMDE ES. ae Re ] N°16:

Inv. 97. — O m. 175 X O m. 150. — PI. V.

Scriptura interior et 3 premières lignes de scriptura exterior. Déclarant er Pa 20e , fils de Panéchatès.

Seribe : Horos, fils de M'-hrw-f (plutôt que Acuæyéocc, sans patronymique).

NSSITe Inv. 94. — O0 m. 176 X 0 m. 143. — PI. VI.

Scriptura exterior, du nom du déclarant à la fin.

Déclarant : Harsemtheus, fils d'Horos.

Scribe : Petesouchos, fils de Pa-noub.

Texte grec : (noms propres restitués à l’aide du démotique)

L he Iloycivs dmeypddaro ‘Apo[eu.]0edc “Ooou rpdc Atoyévrv voudoynv t Z dp(oevec) à.

On remarquera qu’il n'y a ni teéfare .en grec, ni ecoo7 au $ 12.

Inv. 96. — O0 m. 167 X 0 m. 144. — PI. VI.

Scriptura interior.

Déclarant : Haryôtès, fils d'Haryôtès.

Scribe : Pétésouchos, fils de Pa-noub.

N°19; Inv. 90. — 0 m. 173 X O m. 147. — PI. VII.

Scriptura exterior, du patronymique du déclarant à la fin.

Déclarant : [Nechthyris], fils de ‘H-e-f-dy-s.

Seribe : Pétésouchos, fils de Pa-noub.

Texte grec (Joucuer) :

L Xe Iloyüvs àreypdbaro Neybüots Aofalou mpèc Atoyévny voudpynv mpébata ne Z dp(oevec) € dpves € 7 dp(oevec) 6 (e douteux après äpves; confirmé par le démotique).

Au verso : Tnt. Tetioutoc ? ?

Inv. 91. — O m. 211 X O m. 121. — PI. VII.

Scriptura exterior.

Déclarant : nom et patronymique écrits très sommairement et difficiles à analyser, même avec le secours du grec. Le nom de la déesse Rannout dans le premier est à peu près méconnaissable. Scribe : Pétésouchos, (fils de) Hruw-f.

Texte grec (Jouauer) :

ao Go) GTS a [0] < om nr TS FE — "2 > —+ Lar | © =] »

L Ac [oyüvs areypabaro Ilerepuoëdie [letéonos mpès Atoyévny voudoynv moéfata

mique douteux; le » peut faire partie d'une autre lettre).

En général les noms propres égyptiens sont très cursifs et de lecture incertaine. Si c’est bien le même seribe qui est l’auteur des N°% 12, 17, 18 et 19, il faut avouer que son écriture,

assez soignée dans 17 et 19, est plutôt relâchée dans 12 et 18.

Tableau des quantités déclarées.

12 | LR PRET MS ONE ra 017 18 19 20 — eue ————— ie Le TR le LEA As 0 dE 9861" 25 5 Mâles.. Re 2 AR C0 ON 20 A STE SE 1 (sic) RC 0j eue") ,,40 © #0 0 20 CNE 0 AE TRS PORN RER SERRES DER = 0 RE" 0 Agneaux I PONS ee DE SES CANNANE 0 0 E 0 MAR O0 | "m0 —, do (ù eMu0 (0 Chèvres . 0 | En hd DE O0 CO CM CON 0 | | | | | Commentaire.

On connaît, pour l'Égypte gréco-romaine, un certain nombre de déclarations en grec destinées à servir de base à l'établissement des impôts directs. Cf. Lagides, TITI, p. 289 sqq. Sur le oépos rpofärwy en particulier, consulter Wiroken, Ostraca, |, p. 286: Lagides, TITI, p. 302; Sax Nicoro, Vereinswesen, T, p. 193, et M. Rosrovrzgrr, /. Æ. A., VI, p. 174 sq. Üomme documents à la portée de tous, on citera, dans la Chrestomathie de Wircokex, les N° 242 (Fayoum, 222 av. J.-C.) et 245 (Hibeh, 245 av. J.-C). Ces pièces sont aussi écrites en double sur la même feuille, mais la rédaction est très abrégée. La grande divergence réside dans l'absence de l’£gxos Bacraxés. Elle surprend, si l’on envisage la proximité dans le temps comme dans l’espace. On ne saurait guère l’expliquer par la différence des nationalités. Par contre, le N° 247, bien postérieur (Oxyrhynchos, 66 ap. J.-C.), renferme la formule du serment.

Que le serment royal soit exigé pour des déclarations postérieures de quelques années seulement au Papyrus des Revenus, cela n’est que très conforme aux précautions dont s’entourait la fiscalité de Philadelphe et dont le célèbre document fait connaître le détail. Peut-être y avait-1l innovation sur ce point, car les passages souvent cités d'Hérodote (II, 177) et de Diodore (1, 77, 5) sur la déclaration des moyens d'existence exigée par Amasis de ses sujets, ne mentionnent pas l'obligation du serment, bien qu'il y aille de la vie. De même, dans les états de recensement conservés par les papyrus de Kahoun (fin de la XIT° et début de la XIII° dyn.) l’énumération dés personnes composant une gens n'est pas, semble-t-il, certifiée

par une formule sacramentelle, du moins si l’on suit l'interprétation de Grirrrrn. Ce ne serait pas là un

SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 6

42 SOTTAS, Pit RUS DÉMOTIQUES DE Fins

oubli, plus ou moins volontaire, ear il y est fait allusion, incidemment, au serment Ne 4 prononcé en d'autres circonstances (pl. A L 9; pl, X, L 4a; pl. XI, 1. 3), et dont la nature est précisée, dans un

autre document (pl. XIII, sq), à propos d'une convention d'ordre privé. Les contractants jurent Sa ee Mer ï C'est bien le serment royal, en usage dès l'Ancien Empire (cf. Serxe, Inschrift Lie den Kauf eines Hauses, ap. Ber. Süchs. (fes. LXIII, p. 147), mais l'obligation en matière censitaire ne paraît pas formellement démontrée pour ces périodes. G. MasPero (Journal des Savants, 1898, p: 98 sqq) suivi par En. Mever (Histoire de l'Antiquité, 1, 2 $ 284) affirme que «la déclaration se faisait sous la foi du serment», mais ses arguments ne sont pas irrésistibles et Grirriru, dans ses «Additional notes» (p. 102), n'a pas cru, si je ne me trompe, devoir s'y rendre.

Une fois établie, la coutume resta en vigueur durant de longs siècles. Je citerai un papyrus copte du début de la période arabe (Crum, op. cit, N° 1079, Hermopolis magna) où deux chefs de village, après avoir fourni la liste de leurs administrés âgés de 14 ans et plus, liste probablement destinée à l’établissement de la capitation (ävaxéox}®), en certifient l'exactitude en jurant par Dieu et par le salut du nouveau maître, Amrou : EIÉOPR HNMOTTE HIANTORPATOP MHNETXAI HAMBPOC.

Sur l'épuos Pastuss, l'étude fondamentale pour le démotisant est l'article de SrrgGeLBERG, Der Künigseid des demot. Papyrus Berlin 3080, ap. Recueil, XX XVI, p. 167 sqq (fin 1914). Cf. Wicokex, Chrestomathie, N°: 110 et 110 A.

On sait quelle place importante tiennent les comptes de bétail dans les papyrus, inscriptions et monuments figurés. Cf. surtout Ermax, Aegypten, p. 586 sqq; En. Meyer, Histoire de l'Antiquité 1, 2 $$ 224, 244 et 282: Pap. Kahun, p. 41 sqq; Aumep-Beyx Kamar, Un monument nouveau de Sheshonq I”, ap. Recueil, XXXI, p.33 sqq, Borcxarpr, Sahure, Ll, pl. 1, ete. ete. Pour l'impôt sur le bétail, cf. aussi W. M. Mürrer, À. Z. XXXIV, p. 167 sq (avec réserves quant à l'interprétation d'Anastasi V, 16, 4).

$ 1. Ce protocole simplifié, qui, à distance, paraît vague, ne l'était naturellement pas pour les

contemporains puisqu'il n°y avait encore que deux Ptolémées.

$ 2. On remarquera que le nom du déclarant n'est pas accompagné de l'énoncé d’une profession. Vu la modicité des chiffres (sauf dans les N°5 16 et 18), les éleveurs n'étaient ni exclusivement, ni principalement des roévec. Le fait a son importance quand il s’agit d'apprécier la nature exacte de la taxe.

L'intérêt de ce paragraphe est dans le correspondant égyptien du titre voudoyns. D'après le passage sus-mentionné d'Hérodote, c'était déjà au vouépyns que les Égyptiens de son temps étaient tenus de faire la déclaration de leurs biens. Chez l'historien, -le titre devait avoir encore, et exclusivement, sa pleine signification de gouverneur de province. Mais depuis, la portée du terme s'est modifiée en sens opposés. Accrue quand Alexandre, si l’on en croit Arrien, répartit l'Égypte entière entre deux voudpya, on la trouve fortement diminuée lorsqu'on voit le titre porté au Fayoum par des fonctionnaires dont le ressort ne dépasse pas une subdivison d'une des 3 pspides. En outre, lorsque le pouvoir du vepdsyns s'étendait, comme jadis, au nome entier, ses attributions restaient limitées à la partie administrative, le srpatryés étant le véritable gouverneur de province. (Sur ces faits, cf. Lagides, III, p. 138 sq; Grundzüge, p. 10 sq; PreisiGke, Joachim Ostraca, p. 40 sqq; M. Encers, Mnemosyne, XLII, N° 2; Joucuer, Rev. Ég.. nouv. série, 1, p. 181 sq). Or notre nomarque Diogène, connu déjà par le pap. Petrie, II, 13, 20, 8, est un de ces petits fonctionnaires du Fayoum dont il vient d'être parlé. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que le titre égyptien ne représente, ni une traduction littérale du grec, qui serait apparue aux yeux de l'Égyptien

comme un titre usurpé, ni le correspondant ancien du vrai nomarque. Ce devait être encore

— lors de la conquête, s'il est vrai que la réorganisation territoriale accomplie par Psammétique 1% se soit, dans l'ensemble, maintenue jusqu'à l’époque impériale. (CF. Sreinporkr, Die ägyptischen Gaue, p.27 sqq). Dans notre titre complexe, l'élément sk convient bien aux fonctions purement administratives du nomarque, quel qu'il soit. Mais, avec le deuxième élément # on rencontre des difficultés. Ce mot, qui, au sens large, veut dire « partie, portion », s'applique, dans l’acception spéciale de «division territoriale», régulièrement aux 3 pepièsc du nome Arsinoïte. Or si le même nome comprend un nombre de nomarchies supérieur à 7, ces nomarchies se subdivisent encore en petites peptèec. Il se trouve ainsi que le mot qui traduit d'ordinaire la grande yep ne correspond ici, ni à la grande, ni à la petite pepis, mais à la subdivision intermédiaire, la vouaeyla. On attendrait pepèdeyn<, puisque le titre existe. Que doit-on en conclure, sinon que # n'a pas encore, à cette époque, une acception nettement délimitée et que peut-être les Égyptiens s'orientaient encore mal, comme nous mêmes, dans cet enchevêtrement de subdivisions alors récemment créées.

$$ 3—4. Pour la différence d'orthographe entre ‘rh, wje ou amau, la remarque de SPIEGELBERG (Dem. Studien, I, p. 17) sur l'absence du complément phonétique * dans le premier cas, se vérifie ici, sauf deux ou trois confusions à peu près inévitables. Pour plus de détails, cf. N. Reïcx, Mumientäfelchen, p. 84 saq.

Nous avons là le calque presque exact de la formule de serment, également de Philadelphe, conservée par le pap. Petrie, III, 56 b (ef. Wircorex, Chrestomathie, commentaire du N° 110 et Lagides, I, p. 236, n. 1 et IV, p. 66) : duvber Pactnéa Ilrckepaoy nai ’Apoivény Drad- Dehgov, Beobs Adeñgobc. Il n'y manque que Déay (DrAddskccv). La présence constante de la con- Jonction «et» devant l’épithète «les dieux Adelphes» témoigne au mieux de ce que la formule a été donnée toute faite par l’administration grecque pour être rendue en égyptien par un rédacteur qui se trouvait peu au courant du protocole. Bien qu'on rencontre souvent dans les textes égyptiens la particule copulative là où nous n'en mettrions point, et réciproquement, sa présence devant une apposition apparaît tout de même comme une anomalie. Par contre, nous ne lisons qu'une fois ‘77 devant » atrav ‘nk(w), mention ambiguë. Doit-on entendre «les dieux du serment», expression s'appliquant, soit encore à Ptolémée IT et Arsinoé, soit à d'autres divinités moins terrestres? On lit bien une expression analogue au traité de Ramsès IT avec les Hittites (L 29), mais on sait que l'original était en babylonien. Avons-nous, au contraire, «les dieux vivants»? Dans le second cas, il y a une difficulté, c'est qu'Arsinoé Philadelphe est défunte depuis une vingtaine d'années. Si le débat sur la date de son trépas n'avait été clos par Boucné-LEcrerce (Lagides, 1, p. 179 sqq), une pareille mention, supposé qu'elle soit nouvelle, serait de nature à le ranimer. Mais on sait qu'en égyptien le verbe «vivre» et ses dérivés jouissent du privilège d'exprimer à la fois une chose et son contraire. En outre c'est l'épithète ‘nk zt — zxiwvéfios qui désigne normalement le souverain régnant. Les termes impliquent quelque contradiction. Je propose done de voir dans # ntrar ‘nk-(r) une deuxième qualification du couple royal, dont la composante féminine, morte, mais non remplacée (Lagides, 1, p. 184), peut passer encore pour la reine régnante. Traduire «et les dieux du serment» oblige à prendre certaines libertés avec l'orthographe. Si l’on est tenté de passer outre en considération des formules de serment égyptiennes ou grecques un peu postérieures et où l’on invoque «Sérapis, Isis et tous les autres dieux et déesses», la formule grecque contemporaine nous invite au contraire à repousser toute adjonetion significative. Peut-être les successeurs de Philadelphe ont-ils eru politique d'introduire,

dans le libellé, des personnalités divines engageant le sentiment religieux des Egyptiens, G*

autant que leur loyalisme. C'était une habileté de renforcer ainsi la crainte du bras séculier.

De même, sous le Nouvel Empire, on jurait «par Amon et par le souverain». ? 2 .

$ 6. Cf. Wircken, N° 242 : sà Ürdpyovrd per mpofata. Sur le prototype de ‘ecoo® : *fecar : 'ecoo®,

cf. SPi£GELBERG, Recueil, XXII, p. 213, qui admet As assyrien Su u, 1m, Là (encore usité). Serue, À Z, XLVII, p. 17, au contraire, se réfère encore à l’ancienne étymologie

>. La distinction de deux races, ovis longipes et ovis platyura, a bien été approuvée par la plupart des naturalistes, Taizenius, Dürsr, Gaïrcarb, Lorrer, mais elle conduit à opposer b et sw, si l'on en croit V. Lorer (Préface à la Faune Momifiée de Lorrer et GaïLLARD) qui, d’ailleurs, laisse sr de côté. D'autre part, W. M. Mürrer, Recueil, XXXI, p. 183 sqq) écarte les scrupules philologiques de SPIEGELBERG et remet sr en rapport direct avec sw et les vocables sémitiques déjà cités par Bruascn. La forme démotique ne tranche pas la question, mais a l'intérêt de montrer répresenté l’e initial. En copte il n'y a plus de différence entre le singulier et le pluriel et on admet assez généralement que c'est le pluriel qui nous à été conservé. On remarquera cependant qu'en démotique # est exprimé avant l'indice du pluriel. Of. aussi le nom de la constellation du bélier : À, Z., XLVIII, p. 147.

Pour «agneau», on a “orerb : ''oinb et pour «agnelle», ‘oraerbe : 'orebs, ornbr. Le € Le Le Le 4 Cæ

$ 7. SrreceLBerG (A. Z., LI, p. 126) à proposé récemment de faire dériver : vieux-copte Beeure

et “haaaute : “bamne : Phaeuni: de * 8% a soit, littéralement, «mouton domestique ». Cette appellation paraît déjà étrange, appliquée à la chèvre, qui, si l'on ne tient pas compte des espèces sauvages, témoigne, par rapport aux ovidés, de goûts d'indépendance prononcés. C'est, en outre, traiter avec désinvolture les passages du papyrus magique de Londres et Leyde, 10, 33; 27, 11 (Glossaire N° 250), où, comme dans nos documents, la graphie accuse le sens «grand bélier du ciel». SPIEGELBERG a-t1l perdu de vue cet exemple: ou fait-il délibérément du groupe démotique le produit d'une étymologie populaire ? Je ne saurais en décider. D'ailleurs l'étymologie populaire amène plutôt une simplification de sens que le contraire et ce ne serait pas le cas dans l'hypothèse envisagée. Il en serait autrement si, refusant de prendre à la lettre «grand bélier du ciel», ou voyait dans baamme une déformation de =) DT nom ancien du bélier de Mendès (dont ‘»p-t est un quartier). Cf. Perrie, Medum, 21, et Serue, Grabdenkmal des Sahure, IL, p. 89. Si, dans les noms théophores, 4 tout court est employé comme abréviation de «bélier de Mendès », de même, plus tard, le nom complet du bélier par excellence à pu servir à désigner l'espèce entière. Que le terme se soit spécialisé dans le sens capra à l'exclusion d'ovis, cela tient peut-être à ce que les dénominations ne manquaient pas pour Ja dernière variété. On sait combien sont faciles les confusions entre espèces susceptibles de croisements. L'allemand «Bock», dans le langage courant, se rapporte au deux mâles indifféremment : et nous mêmes ne disons nous pas le bouc ou le bélier de Mendès, sans y attacher autrement d'importance? Les historiens grecs, et peutêtre aussi les Égyptiens, nous ont d'ailleurs donné l'exemple. Cf. Lorrer et GarzLARD, 0p. cul, épiS isa etc.

Axh-y dy sh doit s'entendre «que j'ai fait que l’on inscrive». W est ici sujet et non régime, la phrase relative sans »f ne comportant pas de pronom rétrospectif.

Dans à h p nt wz on voudrait voir l'équivalent de la mention èx Tposvdyuazos; mais l'orthographe exclut la possibilité de lire wz, « décret, ordonnance ». dt-y pourrait se traduire «par devers moi», ou quelque chose d’approchant.

Même verbe dans la déclaration copte déjà citée : HNMRAPOME ENAOO0P OHNNMTIME THPÈ, variante : MNMRANGAT HPOME ENAOOT ONTMTIME.

S$$ 10-11. Sur les équivalents grecs et une variante démotique de ce passage, cf. SPIEGELBERG, Recueil, XXX VI, p. 174.

Au pap. Rylands IX, 25, 3 (Darius 1) on lit #e-k bty. Le féminin à fini par prévaloir dans le copte “hore : “bare : ‘hat :'ho. Pourtant Peyron cite un exemple de nhore. On sait que le prototype hiéroglyphique sx était masculin.

$ 12. La mention du mot «petit bétail» avant l'énumération des espèces permet de clore un petit débat entre hellénistes sur le sens du mot tpéfarsv. À propos d'un compte un peu embrouillé rencontré dans 2. G. U., 133, Harrez (Pap. grecs Rainer, p. T4 sq) a cru éliminer la difficulté en interprétant roéfarey par « Kleinvieh ». Wicokex (Ostraca, I, p. 286, n. 1) repousse cette généralisation en observant que le texte distingue rpéfara et äiyes. Notre papyrus complète la réfutation en fournissant pour <Kleinvieh» un mot différent de celui qui traduit rp68are. De même, au papyrus copte du Brit. Mus. N° 390 (du catalogue de Crum — Djême N° 112) ecaw s'oppose à baume. Le terme général est rhnoove, l’ancien LA (cf. Orakelglossar, 68). |

Le sigle € donné par BrucGscx (Grammaire démotique, $ 146) pour le signe de la soustraction et qui sert à introduire les catégories particulières d'un ensemble, était connu avant l'époque grecque (cf., sous Darius 1, Rylands, p. 420) et a été adopté par les seribes grecs. (CE. Grundziüge, p. XLV.) On trouvera au N° 32 de la présente collection d'autres sigles, servant à la numération, et communs aux deux langues.

$ 13. Pour «agneaux premiers, agneaux deuxièmes », cf., au N° 30, I. 2 : «briques quatrièmes », c'està-dire briques N° 4. Ici l’âge des animaux doit être la base du classement. C'est ainsi que la langue allemande possède des mots différents pour les âges successifs : LZamm (avant 1 an); Jährling (avant 2 ans); Zeitschaf (après 2 ans). La dentition fournit des points de repère -commodes, (CF. Meyers Konversations-Leæikon, s. v. Schaf.) Pour les signes qui suivent wopn, je ne vois pas d'autre lecture que #p ‘À, «au mois de Thot». Le terme adopté pour définir l'âge des animaux serait done le début de l’année ordinaire, bien que l'année fiscale commence environ 4 mois plus tard et que les déclarations soient remises en Pachons. Le sens précis doit être «agneaux dans leur 1° ou 2° année en Thot». Cf, au pap. grec de Strasbourg N° 24 (éd. PrzisiGkE), qui est un état numérique du bétail existant en 118 ap. J.-C. à la ligne 7 : at &pvlwv émyovñ(s) Toù abr(o5) B (ërewxc). Il s'agit de l’an 2 d’Adrien.

D'ailleurs on voit dans les « Additional Notes » des Xahun Papyri (éd. Grirerrx, p. 104), : la XITme RERAENES que le classement des bovidés aux planches XVI sq en je SE) ANSE

à A et | ne peut-être considéré comme basé sur l’âge des animaux. Les catégories a 2 : due de 3 ans, de 2 ans, d’un an. Les mêmes vocables se rencontrent déjà aux Pyramides, $ 1544 sq.

19. Dans B. G. U., 133, il est déclaré 104 xpéfara, 6 aïyes et 10 doves, et, au papyrus copte précité, 31 moutons et 14 chèvres. Nos papyrus au contraire ne donnent nulle part de chiffre après Baamme, ce qui est un moyen d'exprimer «zéro». La rubrique n’en est pas moins régulièrement inscrite. Ne connaissons-nous pas, nous aussi, les « états néant»? On notera que «zéro» s'écrit en démotique w$ (Revue égyptologique, IV, pl. 15) et dans les hiéroglyphes contemporains ee (Thesaurus, p. 543 sqdq).

Reçu d’impositions. — 238 av. J.-C.

Inv. 142 et 144. — O m. 270 X O m. 265. — PI. VIII.

Un fragment a été détaché de la partie inférieure de 142 et restitué au N° 4. — 2 xoAkuara Joints

vers le milieu, Mauvais état de conservation.

Transcription.

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