Ici
comme à la ligne précédente, je traduis #1h par «procès». On comparera les passages où figure ce mot dans les papyrus du Caire que Sete a colligés dans son Sarapis, p. 93 sq.
et retraduits après SPIEGELBERG, pour les besoins de sa thèse. Si Serxe a eu pleinement
raison de rectifier en plk la lecture gl de SPrEGELBERG, par contre, dans son désir légitime d'unifier l'interprétation de mlh, qui, chez son devancier, est tantôt « Krieg », tantôt « Prozel », il a opéré la correction dans le mauvais sens. Sr1eGELBERG rend mlh md Pr-‘o par «für die Sache des Kôünigs kämpfen»; SErue par <Krieg, Sache des Künigs». Assurément MAàO veut dire le plus souvent ecombat, lutte à main armée» et cela dès l’époque qui nous occupe. Cf. Canope 13. Mais cette acception guerrière paraît ici peu en situation. Il n'est guère probable que les membres d’un clergé local, si modeste soit-il, aient été enrôlés de force dans l’armée active. On sait ce qu'il en était pour la marine. Aussi l'expression mlk md Pr-'o correspond-elle plutôt à «procès, litige avec l'état», de nature fiscale probablement. Au Roman de Setna, V, 26, Tabubu ordonne le meurtre des enfants de Setna, afin que ses futurs enfants à elle ne se voient pas contester (mlh) plus tard leurs droits sur les biens du père. De même mlh n 2 n'est pas «(weggehen in) Kriegsdienst fehlerhafterweise », mais « procès pour une faute», procès correctionnel ou criminel. Sur z, cf. surtout SPIEGELBERG A 7: XLII, p.57 sq. Le passage où il est question d’une cotisation à verser à l'intéressé « für seinen Kriegsdienst», est plutôt amélioré si l’on admet un secours en argent «pour son procès ». Enfin s'te-n plk-f [+] pe-f mlh n'est pas «bis wir ihn trennen von seinem Kriegsdienst». HO, nor se rencontre fréquemment dans les documents juridiques coptes au sens edépartager, concilier ». Je n'invoquerai, à l'appui, qu'une seule pièce, inédite, une lettre sur papyrus appartenant à mon collègue Ravmoxr Waærrr. On y lit les expressions arnolSi MHNPMANTIMOOT, puis trois fois HENOÂGH MHNEPHOT, enfin THNONT MHHEPHOT soit : «tu nous a mis d'accord avec l’homme d'Antinoé» ; «tu nous a mis d'accord entre nous » et «nous serons d'accord entre nous». (Cf., d’ailleurs, SrmmcereerG, À. Z., LXVI, p. 115). Aussi le passage de Caire 30619, I. 7 paraît-il devoir s'entendre à peu près : «jusqu'à ce que nous lui arrangions son procès par voie de conciliation», soit, en somme, «jusqu'à ce que nous le fassions mettre hors de procès ».
Ces considérations, tirées des seuls documents antérieurement connus, sont confirmées par la présente phrase, où il s'agit de faire porter des provisions à un détenu, de l’assister dans son procès, de témoigner dans le sens qui lui est favorable et de tenter d'aboutir à une conciliation, si l’on plaide au civil ou à un acquittement si c'est l’état qui poursuit.
Pour la restitution à la fin de la ligne 16, cf. Serxe, Sarapis, p. 93, n. 9.
17. Dans hr Sn pt on peut comprendre que l'intéressé est sous le coup d’une sorte de procédure