‹ Papyrus grecs (volume 2)Chapitre 26 sur 100 · CORRESPONDANCE RELATIVE AUX CLÉROUQUES · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE RELATIVE AUX CLÉROUQUES

l'an 25 d'Évergète et le mois de Pauni suivant; puisque la période 10 Tybi — 13 Pachôn appartient d'après notre texte à une même année de règne, elle ne peut plus se trouver que dans l’une des deux périodes suivantes : Choiak — 16 Tybi, ou 13 Pachôn — Pauni; les papyrus de Magdola écrits, selon toute vraisemblance, dans la première année de règne de Philopator, diminuent mème la première période de 4 jours (η5 46, 20, 21, 22, 28 et 33 : La Γορπιαίου χη Toët ιβ); enfin, si nous nous reportons aux observations précédentes (b) sur l’ordre des mois en lan 4 de Philopator, nous voyons que le mois de Phaménoth qui précède le mois d’Athyr de l'an 4 appartient également à l'an 4; l'origine des années régnales de Philopator se place donc entre Athyr et Phaménoth; la période : 43 Pachôn — Pauni se trouve exclue; et l'intervalle Choiïiak — 12 Tybi est le seul où l'origine des années de règne puisse être désormais cherchée. Ce résultat doit être rapproché de celui que donne P. Magd., 35, 1. 2 : τοῦ γὰρ € L, ὡς ai πρόσοδοι, Φαμενώθ, lorsqu'on l'interprète à l'aide de la théorie de M. Smyly sur les années de règne (/lermathena, 1899, p. 432; et Grenfell et Hunt, P. Hibeh., 1, app. IH, pp. 362 sqq.); dans cette hypothèse, ce passage indique que l'avènement, origine des années de règne, aurait eu lieu entre Phaménoth et Thoth, ce qui ne concorde pas avec notre conclusion; mais si l’on explique ce même texte à l’aide du nouveau système proposé par M. Smyly (#ermathena, 1906, pp. 406-116 et notamment p. 114) pour la relation des années de règne et des années financières, l'accord reparaît : les années étant différentes en Phaménoth, l'origine des années de règne se place entre le 1% Thoth et le 1% Mecheir suivant; il est vrai qu’un papyrus bilingue publié par MM. Revillout (Proc. Soc. Bibl. Archaeol., 1891) et Griffith (cbed., 1991) donne l'indication contraire (οἷ. Smyly, loc. laud., pp. 115 et 116).

Ce papyrus complète aussi nos connaissances sur la condition des lots de terres donnés par la couronne aux soldats, les χλῆροι.

nn Re

On savait déjà qu'au mi siècle le χλῆρος faisait retour à la couronne lors de la mort de son possesseur; le fait, conclu d’abord de l'étude des testaments de soldats, où les χλῆροι ne sont jamais légués, est pleinement établi par P. Hibeh,1, 81, de l'an 9 d'Évergète (239-8 av. J.-C); mais à la fin du n° siècle les χλῆροι passaient généralement des pères aux fils, sous certaines réserves dont on trouvera l'exposé dans 20. Tebt. I, app. 1, p. 256 ; notre texte montre que cette transmission héréditaire était déjà la règle à l’époque de Philopator ; 1]. 26-27 : ὧι ὑπῆρχεν || ἡ γῆ αὐτῶι καὶ ἐχγόνοις. Toutefois, elle ne s accomplit pas sans une reprise, au moins temporaire, du χλῆρος par le βασιλιχόν, n1 sans formalités : 1] faut une inscription des fils du clérouque, appelée sans doute ἐπιγραφή il 32 : ἕως τοῦ... ἐπιγρα-

φῆναι), dans un délai fixé par un décret : ἐν ταῖς κατὰ τὸ πρόσταγμα ἡμέgas ([. 33), sur lequel nous n'avons pas d’autres renseignements. Tant que ces formalités, à tout le moins, ne sont pas remplies, le χλῆοος fait retour à la couronne : cf. la locution χατέχειν ἐν τῶι βασιλιχῶι (Il. 30-1); 11 est, pour reprendre l'expression des P. Tebt, 1, ἐν χατογῆι, χατόχιμος. Si l’on rapproche cette phrase de celle de P. Hib. 1, 81 : ἀναλαμβάνειν εἰς τὸ βασιλιχόν, qui indique une reprise définitive, (parfois une confiscation du χλῆρος, P. Petrie, I, 404, L. 4, et 105, 1, 6), 1] semble qu'entre l'an 9 d'Évergète et l'an ὃ de Philopator un changement se soit produit dans la condition des terres des clérouques : le retour de leur terre au Bastaxéy après leur mort, d'abord définitif, n'est plus que temporaire et conditionnel. Mais 1] est toujours effectif : peut-être le délai d'inscription des fils comme tenanciers était-il assez long et la couronne avait-elle chance de bénéficier des fruits du χλῆρος avant que la transmission en fût opérée; et surtout, le clérouque décédé pouvait ne pas avoir de fils (1. 32 : ἕως τοῦ, à à v ὑπαρχῶσιν αὐτῶι υἱοὶ, ἐπιγραφῆναι x. 7. À.); dans ce cas, le βασιλικόν affirmait par la reprise du χλῆρος son droit éminent de propriété et préparait l'attribution de la terre à de nouveaux clérouques. C'est une attribution semblable ou une confiscation définitive que con-

Page 1