INONDATION D'UN CHAMP DA
L. 3 : δωρεᾶς ..ο.. x Ed. — L. 4 : μοι Ed., μου W. — L. 9 : κόϊτας τὸν σπ]όρον Ed., κότας uou W. — L. 10 : ἀπὸ δὲ τῆς (γῆς ἧς) αὐτοὶ γεωργοῦσιν Ed., ἀπὸ τῆς αὐτοὶ γεωργοῦσιν γῆς Τ7΄.; — ἄξρακον ἐ]πιδοθῆνα. Κα., ἀντιδοθῆναι WW. — L. 13 : εἰ δὲ
un ᾧ ἐκ τῆς (Ὁ) Γ΄ τοῦ Χοίαχ Ed., vielleicht ἐκ τῆς t τοῦ Xoïoy W.; — in fine, ἐπὶ
τοῦ χοζινοδι(χαίου)] Ed., ἐπὶ τοῦ κα(θήκοντος) δι(καστηοίου) W.
Recto
Au roi Ptolémée salut, Idoméneus, l’un des cultivateurs de la δωρεὰ de Chrysermos, habitant du bourg des Forges. Je suis lésé par Pétobastis, fils de Taôs, et Hôros, fils de Kéléèsis, habitants du même village. J'ai pris à bail [pour ans (}] une terre de 2 aroures dans la δωρεὰ de Chrysermos et je l'ai ensemencée de gesse ; Pétobastis et Hôros, les sus nommés, ont inondé mon champ ensemencé, si bien que la gesse ne vaut rien et que je ne puis même pas rentrer dans les frais que j'ai faits pour ma terre. Je te prie donc, ὃ roi, d'ordonner, si bon te semble, à Diophanès le stratège d'écrire à Hèphaistiôn l'épistate d'envoyer Pétobastis et Hôros, que j'accuse, à Crocodilopolis, pour que nous soyons jugés par Diophanès; si je prouve qu'ils ont inondé mon champ ensemencé, qu'ils soient contraints à se charger de mes semailles et à payer les redevances, et à échanger contre la terre qu'ils ont inondée une part égale de celle qu'ils cultivent. Ainsi, après avoir eu recours à toi, ὃ roi, Je pourrai payer les fermages à Chrysermos et J'aurai éprouvé les effets de ta bonté.
Sois heureux.
À Hèphaistiôn. Avant tout, concilie-les; sinon, envoie-les devant ἐν à partir du 10 Choiïac pour qu'ils soient jugés par le tribunal compétent. An 4, 27 Daisios-29 Athyr.
156 PAPYRUS DE MAGDOLA
An 4, 27 Daisios-29 Athyr. Idoméneus, cultivateur de la δωρεὰ de
Chrysermos, contre Pétobastis et Hôros, pour avoir inodné sa terre.
Ι. ‘Ar τῆς Χρυσέρμου δωρεᾶς. On connaît depuis la publication des Rev. Laws, 36, 43 et 44, des villages entiers et des terres données à des particuliers ἐν δωρεᾶ!. Ce passage, comme P. Lille, 19, montre que leur nom habituel était ἡ ποῦ δεῖνος δωρεά. En ce qui concerne leur origine, H. Maspero, finances sous les Lag., pp. 23-4, a émis l'hypothèse que les Ptolémées, qui n’ont pas accordé beaucoup de terres à leurs courtisans, ont laissé à des seigneurs féodaux de race égyptienne des domaines héréditaires; ce sont eux qu'il faudrait voir dans la yñ ἐν δωρεᾶ!. Le fait n’est pas a priori impossible. Mais cette explication ne peut convenir pour l’Arsinoïte, dont les deux tiers ont été colonisés à partir du règne de Philadelphe; et, d'autre part, les seuls bénéficiaires de δωρεαὶ, qui nous soient connus sont des Grecs (ici-même, P. Lille 19 et peutêtre P. Petr. II, 100 (2) col. 11, 1. 30 : ἀπὸ τῆς Νικάνορος δωρε.[...; il fallait évidemment qu'il fussent bien en cour; et le fait semble se vérifier pour Chrysermos (cf. n. suiv.). La seule origine prouvée des δωρεαὶ, c'est donc la faveur royale s’exercant au profit de personnages de race hellénique. Leur condition n'est pas encore précisément définie; voir introd. et nn. 3 et 9-11, ci-après, en quoi ce texte contribue à nous la faire connaître. Mais elle paraît bien avoir eu pour caractéristique l'immunité, sinon totale, du moins partielle (Rev. Laws, 43 et 4%, avec la restriction qu'apporte tbid., 36, relativement à l'arcuoctsz; cf. aussi, ἢ. 9-11 ci-après, ce qui est dit de P. Lille, 19).
Χρυσέρμου. Ce personnage n'est pas inconnu. Il semble qu'il figure dans
une inscription de Dèlos (B. C. Π., 1879; III, p. 470 : HomozLe) Χρύτερμον
Ἡραχλείτου ᾿Αλεξανδρέα τὸν συγγενῆ βασιλέως Πτολεμαίου καὶ ἐξηγητὴν καὶ ἐπὶ τῶν ἰατρῶν χαὶ ἐπιστάτην τοῦ Μουσείου χτλ.; tous ces titres conviendraient admirablement au bénéficiaire d’une δωρεὰ. Lors de sa publication, cette inscription a été datée du règne d'Évergète l°". Mais depuis l'étude de Srracx (Griech. Titel im Ptolemäerreich, dans Rhein. Mus. LV, 1900, pp. 161-190), on tend à admettre que la hiérarchie aulique ne date que du règne d'Épiphane et à reporter cette inscription au règne d'Évergète II (P. M. Meyer, /leeriwesen, p. 61, n. 206). La question des origines de la hiérarchie aulique ne peut cependant être considérée comme résolue; cf. les objections de Boucné- LECLERCQ, Hist. des Lag., III, pp. 109 à 112, et GRENFELz, Archiv, I, p. 79,