USAGE D'UN LOGEMENT MILITAIRE
1. ᾿Ασία. Asia est la veuve, cf. 1. 6, de Machatas, qui de son vivant était sans doute un clérouque ; ear les fonctionnaires qu’on voit dotés de σταῆμοὶ ne sont que temporairement employés là où ils les reçoivent (P. Petr., I, 12, (D), cf. III, 29 (a), IL. 16-7). IL est remarquable que cette veuve de clérouque conserve le σταθμὸς après la mort de son mari. On peut l'expliquer de deux manières : en admettant qu'en droit le σταθιλὸς était donné d’une facon absolue et perpétuelle au clérouque, qu'il pouvait être légué à la veuve, transmis héréditairement aux enfants, οἵοις où en supposant qu'en fait, et contrairement à la législation primitive des clérouchies, les clérouques et leurs familles ont pris sous Philadelphe et Évergète la coutume d'user et de disposer des biens clérouchiques comme s'ils les détenaient en toute propriété; sur cette condition de droit et de fait des x}ñpot et σταθμοὶ, cf. la discussion que j'ai donnée dans mes Znst. mil. Lag., pp. 235, 237 et surtout 239 sqq.
Τοῦ σταθμούχου. On a discuté le sens de ce mot : ScHuBarrT, Quaest., trouvant l'usage flottant, l'a entendu dans P. Petr., 11, 8 — Π|, 20, au sens de #Xnοοῦχος; P. M. Meyer, Heerwesen, p.30, Foucarr, Rev. Arch., IV (1904), pp. 157- 171, Suyzx, P. Petr., II, 20, voient dans le σταθμοῦχος le χύριος chez qui est pris le logement; notre texte confirme pleinement cette opinion, tandis que Pozvex, VII, 40, 1, montre évidemment αι ἐπίσταθιλος, contraire de 5720409705, signifie : qui a son logement chez quelqu'un.
2. Σταθμοδοθέντος. WViLCKEN, Archive Il, p. 391, renvoyant à P. Lond., 1, p. 61, 6, signale qu'il y a là une faute pour σταθμοῦος« 71 θέντος.
Πηλουσίω!, Il s’agit ici du bourg de l’Arsinoïle, qui existait dans le district de Thémistès aux époques ptolémaïque et romaine; le site n'en est pas connu (ΡΞ 16 δὲ. AT Ρ. 995):
Διελομένου αὐτοῦ, se. τὸν σταθυόν : l'idée est contenue dans σταθμοδοβέντος; con
2-3. ᾿Ανοχοιδο[ μήσαντος...... Bepevixns. La mention de cette construction dans cette plainte ne peut s'expliquer que de deux facons : ou bien elle ἃ pour but de faire connaître au roi la piété de Machatas et de ‘sa veuve envers des divinités dont l'une est peut-être la reine, cf. n. 3; ou bien le mur, objet du litige, servait d'enceinte à 1 ἱερόν; c’est cette seconde explication qui me parait la plus vraisemblable. Asia prétend établir que le mur ne concerne en rien Pooris (Il. 5-6), qu’il est sa propriété (1. 7); et un logement, un quartier militaire sanctifié par la construction d'un ἱεοὸν devenait intangible ; pour entraver l'usage de leurs propriétés par l'administration royale, des σταθμοῦχοι avaient imaginé de barricader les portes des σταῆμοὶ en y adossant des autels (P. Petr..,
ΤΠ, 12 (1), cf. IT, 29 (a), 11. 16-7); on soupconnerait volontiers Machatas de
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leur avoir emprunté ce procédé pour s'assurer la toute-propriété de son logement.
3. Ἐν τῶ: αὐτοῦ τόπωι, cf. 1. 4 : ἀνὰ μέσον κτλ. Que le sanctuaire füt sur le terrain de Machatas, ce n’est pas douteux; mais il reste à savoir si le mur, même appartenant à l’i250v, est ou n'est pas mitoyen.
Ἱερὸν Συρίας θεοῦ καὶ ᾿Αφροδίτης Βερενίχης. Les Lagides ont autorisé dans leur royaume l'exercice de tous les cultes ; les temples privés, dont le possesseur élait le prêtre, étaient d’ailleurs très répandus dans la Grèce propre; on en connait un autre exemple au Fayoüm, un sanctuaire des Dioscures, mentionné dans P. Tebt. 1, 14, à la date de 114 ἃ. C. Mais le culte de la Déesse Syrienne est extraordinaire en Égypte ; il doit être évidemment rattaché à l’origine d'Asia, que son nom indique suflisamment. Il est très remarquable qu'on le rencontre de nouveau vers l’an 186, associé à celui de Zeus Sôter et d’autres dieux, dans une inscription d'origine inconnue, dont les dédicants sont trois prêtres, Macédoniens, et portent les noms d'Apollônios, de Machatas et de X., fils de Machatas (Βοττι, Bull. Soc. Arch. Alex. 1898, 1, p.41; Srrack, Archi, IT, n°25). Srrack estime que ce sont les descendants du Machatas de notre texte, prètres héréditaires de la Déesse Syrienne, dont le culte serait peut-être devenu publie, et que l'inscription peut provenir de Magdôla; Aphrodite Bérénikè serait alors comprise parmi les σύνναο! θεοί.
Plusieurs reines, et parmi elles trois Bérénices, ont été où pu être assimilées à Aphrodite (P. Petr. 11, 21 — III, 1, col. 2, L. 7; LE, 32, (2), cf. IUT, 32, (g)). Il semble qu'il faille écarter la fille d'Évergète, morte en bas-âge, divinisée par le décret de Canope en l'an 9 du règne : l'assimilation avee Aphrodite s'accorderait mal avec son surnom ofliciel 4 ἄνασσα παρθένων. Restent donc sa mère, nommée elle aussi Bérénice, et la femme de Sôter, qui peuvent être l'objet du culte de Machatas et d'Asia. Srrack, loc. laud., pense qu'il s'agit de la femme d'Évergète, dont le culte aurait servi à introduire celui de la Déesse Syrienne ; mais la politique religieuse des Lagides était si libérale que la nécessité d’une pareille introductrice reste douteuse, surtout pour un culte privé. On penserait plus volontiers que la diffusion du culte d'Aphrodite Bérénikè est en relation avec la fondation du village au nom divin et dynastique ἀ᾽ ᾿Αφροδίτης Βερενίχης πόλις dans le voisinage de Boubastos, du district d'Hèracleidès; P. Petr. 11, 32, (2), cf. ΠΙ, 32, (2), qui nous fait connaitre ce village, date très probablement de l'an 5 d'Évergète ; et à une date aussi rapprochée du début du règne, il est peut être plus vraisemblable que la Bérénice divinisée soit la femme de Sôter, dont le culte a été institué par Philadelphe entre la 7° et la 15° année de son règne (Orro, Priester uw. Tempel, Τὸ pp. 143-6).
4. ‘Ava μέσον χτλ. Il faut évidemment suppléer τόπου, et de plus τοῦ avec Ποώρ!ιος, puisque Poôris est déjà nommé auparavant; ἀνὰ μέτον doit d'ailleurs
s'entendre du terrain entier, puisque le mur doit clore le σταθμός, ef. 1. 5; ce