‹ Papyrus GrecsChapitre 41 sur 166 · EXÉCUTION DES CLAUSES D'UN BAIL · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DES CLAUSES D'UN BAIL

Recto

Au roi Ptolémée salut, Théodotos, Gaddaios, Phanias. Nous sommes lésés par un certain Dèmètrios. Il nous a loué la tenure de Nikias et celle d’Asclèpiadès, triacontaroures, que ceux-ci possèdent au bourg d'Hèracleia, pour deux ans, à condition que le bail commencera avec les semailles de lan 25 pour récolter en l'an 26, moyennant un loyer de 3 artabes de froment pour chaque aroure, de 3 artabes 1/2 de froment la seconde année ; et le bail disant : « sauf de tous risques excepté celui d'inondation insuflisante ou excessive », — «la terre qu'on pourra ensemencer avant le 10 Choiïac », — « mais celle qui ne pourra être ensemencée avant le 10 Choiac », — «après être allés chercher Dèmètrios et trois autres personnes équitables », — nous sommes allés prendre Dèmètrios pour lui montrer la terre qui ne pouvait être ensemencée, mais il ne s'est pas occupé de nous, dans l'intention de violer le contrat de louage ; et le bornage qu'il nous ἃ indiqué dans le bail que nous avons signé, 1l le conteste. Nous te prions, à roi, d’ordonner à Diophanès le stratège d'écrire à Méléagros, l’épistate du bourg de Boubastos, d'envoyer Dèmètrios devant Diophanès le stratège et, si nous prouvons la vérité de ce que nous disons dans cette plainte, de l'obliger à nous faire droit. Ainsi, il nous sera

rendu justice. Sois heureux.

Verso

An 25, 26 Lôios- 13 Choiac. Théodotos, Gaddaios, Phanias contre

Dèmètrios au sujet de la location d’une tenure.

72 PAPYRUS DE MAGDOLA

!. Jouauver-Leresvre, lisant [ΟἸνίας, pensaient que les trois fermiers étaient israélites ; la correction Φανίας laisse subsister leur remarque en ce qui concerne les deux premiers; pour Gaddaios, cf. Gadda, ville d'Arabie, Γάδδος dans WapniNGrow, /nscr. de Syrie, 2503 ες 2216 etc.; Théodotos, comme Théodôros, Théophilos, peut bien être un nom juif grécisé. Il y avait des Juifs dans l’Arsinoïte; un village se nommait Samaria (P. Tebt. 11, p. 383, s. 0. Keszeste); cf. la proseuque d’Arsinoé, P. Tebt. I, 86, et enfin ici-mème, 85, celle d’un village, qui est sans doute l'Ile-d'Alexandre.

Δημητρίου. Il s’agit sans doute d'un intermédiaire, chargé par les clérouques, Nikias et Asclèpiadès, de louer leurs tenures pendant une absence qu'entrainaient peut-être leurs obligations militaires.

2. Τὸν Νικίου χλῆρον καὶ ᾿Ασχληπιάδου. Il y a deux tenures, celle de Nikias et celle d'Asclépiadès, ef. os ἔχουσιν.

(Γριαχονταρούρων), Les deux clérouques sont donc des fantassins de l’armée régulière Οἱ, 1 τὶ: 9.

Ἡραχλέαν. Probablement sur la limite nord-est du district de Thémistès et peut-être dans le voisinage du village d'Ibchouai; P. Tebt., IT, pp. 377-8.

3. Εἰς (ἔτη) 8. La durée des baux des tenures militaires varie de 1 à 5 ans (LesqQuiER, /nst. mil. Lag., p. 236); on connait un bail de 7 ans, celui d'un jardin maraicher appartenant à un particulier, P. Petr, 11, 44, ef. I, 74 (b)

(10 moitié du πι siècle).

Ὃ σπόρος ὁ ἐν τῶ! ex εἰς τὸ C2 (ἔτος). Cf. 14, n. 7. Remarquer ex pour χε,

T4 pour Χο; WiLcken, Archive, I, p. 390, voit là une preuve de l’origine sémitique des fermiers, en renvoyant à Archiv, 1, p. 557, sur B. G. U., 805 : c'était un usage répandu en Syrie.

3-4. Cf. le taux du loyer, 4,1. et n. 11. L'augmentation ici prévue s'explique soit parce que les χλῆροι étaient auparavant incultes, soit parce que l'irrigation ou la culture sera améliorée.

4. Τῆς συγγραφῆς τῆς μισθώσεως διαγορευούσης. Voir une citation analogue dans P. Petr., II, 2 (1), cf. 111. 28 (a), Il. 9 sqq: Quant à ces baux, on en a des exemples dans P. Petr.,1II, 74 (a); P. Petr., Il, 44, cf. IN, 74 (δὴ; P. Lond., 11, 226 (b); P. Tebt., 1, 105, 106, 107, 108; P. Oxy., 277, 823. Ici les clauses ne sont indiquées que par les premiers mots de leur texte.

4-5. ᾿Αχίνδυνον || rhñy ἀδρόγου χαὶ χαταδροόχου. Cette clause a été expliquée par Waszyxski, Bodenpacht, 1, pp. 129 sqq. Le paiement du fermage au propriétaire est garanti de tout risque, sauf celui d'inondation insuflisante ou excessive; cette exception se comprend aisément puisque la crue du Nil et des canaux est essentielle à la prospérité agricole de l'Égypte. Dans les papyrus de Tebtunis (Kerkéosiris, fin du n° siècle), c'est le mot ἔμόρογος qui est employé au lieu de χατάδρογος: à l’époque romaine, on rencontre le terme χαβύδατος

(6. g. PB. G. U., 640, 831). Tous ces termes indiquent des causes naturelles;

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