‹ Papyrus GrecsChapitre 6 sur 166 · Granexwirz, Archiv, III, pp · texte numérisé non relu

Granexwirz, Archiv, III, pp

14 PAPYRUS DE MAGDOLA

verbalement à un fonctionnaire local. La chose est naturelle, très habituelle à l'époque ptolémaïque; et nous en avons ici-mème quelq ues exemples, qu'il s'agisse de l'épistate (6, 12, 20, du toparque (20), du comarque (42) ou des phylacites (21), et que ce soit à propos de flagrants délits (6, 21) ou d’autres affaires; et le cas devait être d'autant plus fréquent que nos textes ne le mentionnent que lorsque la démarche verbale ἃ été imeflicace. Elle n'était pas en effet toujours suivie de succès; son échec avait pour cause, d'une part, la mauvaise volonté des parties, quand 1] s'agissait de litiges, d'autre part l'insuffisance et la malhonnèteté des fonctionnaires ; 1l ne faudrait pas sans doute croire sur parole tous les pétitionnaires de nos textes qui se plaignent des épistates ; mais 1} y aurait aussi quelque excès à se représenter tous ces fonctionnaires comme sans reproche; le moins qu'on puisse dire de l’épistate Stratios (12), de son collègue Apollônios, et du toparque Tésénouphis (20), c'est qu'ils ont manqué d'autorité sur leurs administrés ; et, au surplus, nous avons ici la preuve que des épistates manquaent de complaisance (33) ou de zèle ou d'influence, même lorsqu'ils avaient reçu les ordres du stratège sous forme d’apostille à une première plainte (6, 17). Tant y ἃ que leurs administrés n’ont pu, dans bien des cas, se contenter d'une plainte verbale, et ont eu recours à une ἔντευξις.

Si répandue que fut l'écriture en Égypte, les habitants de la γώρα n'étaient pas tous capables, à beaucoup près, de rédiger une pétition, surtout en grec; quelques-uns, principalement dans la population immigrée, devaient être assez instruits; et peut-être avons-nous un exemple d’une requête écrite par les plaignants dans 3, où l’un, deux peut-être d’entre eux sont sémites et où Îles nombres sont écrits selon les habitudes syriennes (cf. ad. loc., n. 3); mais le plus souvent, il fallait s'adresser à l’un de ces éerivains publics qui tenaient échoppe dans les villages : 12 nous en fait connaître un, Zôpyros, qui porte, évidemment à titre privé, le üitre de monographe, et que nous avons des raisons de croire

capable de rédiger un contrat (cf. n. 4-5), à plus forte raison, une

étition. Car il ne suflisait pas de savoir écrire; encore devait-on ?

connaître quelle sorte de pétition adopter, ὑπόμνημα, προσάγγελυα, OÙ

ἔντευξις ᾿. et être familier avec un formulaire, qui, sans être absolument rigide, n'en était pas moins assez précisément fixé ?. Le péutionnaire venait done exposer son cas au monographe, qui rédigeait un brouillon et le mettait au net par la suite sous la forme appropriée ἡ,

Toutes nos pétitions sont des ἐντεύξεις. Elles ne sont jamais rédi-

gées en double expédition, contrairement à plusieurs des προσαγ-

γέλματα, Sinon même à tous ‘; elles ne portent aucune trace de ligature, πὶ de sceaux (οἵ. 42, ἢ. 4) : il est donc très probable qu'elles n'étaient pas déposées entre les mains d'un fonctionnaire local, ce qui, dans bien des cas, n'eût pas offert au plaignant beaucoup de garanties. D'autre part, bien qu'adressées au roi, si éloigné du pétitionnaire, elles ne portent, contrairement aux habitudes ptolémaïques, aucune mention indiquant qu'elles sont des copies, aucune trace de transmission d’un fonctionnaire inférieur à un fonctionnaire supérieur; ce sont des originaux, et des originaux qui ne sont transmis par la voie hiérarchique que du stratège au fonctionnaire inférieur compétent, sitologue (d'après 11), agoranome (34), épistate ou autre, ainsi que létablissent leurs apostilles. Enfin, nous savons par P. Petr. 11, 2, (2) cf. ΠῚ, 28 (0), que c'est le plaignant qui apportait à l'épistate la plainte apostillée par le stratège : "Exéuusév μοι Δωρίμαχος ἔντευξιν χεχρηματισμένην] χτλ. (L. 1). Il en faut conclure que le pétitionnaire, en possession de sa requête rédigée, la portait lui-même aux bureaux du stratège, τὸ στρατήγιον (P. Petr. II, 10 (2j, 1. 11), à Crocodilopolis, chef-heu

du nome Arsinoïte, pour nos textes de Magdôla ὁ; et qu'elle

Page 1