Cf. les textes indiqués, p. 7, ci-dessus
1ὃ PAPYRUS DE MAGDOLA
plainte à larchiphylacite, dont ee gendarme n'a tenu aucun comple ; mais dans lun et l'autre cas le stratège n'adresse l'aposülle qu'à lépistate. Il faut donc se borner à dire, en une formule très générale, que, par lapostille, la pétition est transmise au foncuonnaire compétent.
Ce fonctionnaire compétent, nous ne savons quel il était pour les pétitions relatives à des travaux publics, parce que les apostilles, qui d'ailleurs n'auraient peut-être pas contenu son Utre, sont perdues (9, 86): pour la requête du nauelère Lybis (11), nous n'avons aucune raison de penser, bien au contraire, que ce n'est pas le sitologue d'un district, où du moins un sitologue, comme 11 lindique; les transports de blé concernent évidemment ces fonctionnaires et Libys doit savoir ce qu'il en est, puisqu'il est au demeurant au courant des us et coutumes en la matière [ἐθισμοῦ ὄντος χτλ.. 11. 8 sqq.); dans 31, le fonctionnaire compétent est un agoranome, et l’on doit pour cette raison considérer ce texte comme très important à la date de 221 environ avant J.-C. et dans l’Arsinoïte (ef. ad loc., introd.); mais le plus souvent, et toujours dans les plaintes, le destinataire de l'apostille est un épistate. On sait à combien de fonctionnaires divers ce titre était donné dans l'Égypte ptolémaique. lei, il est hors de doute que c'est 1᾿ ἐπιστάτης τῆς χώμης (8, 21, 23) ". Mais de quelle χώμη ἢ Lorsque la requête n'est pas une plante, mais une pétition proprement dite, et concerne cependant lépistate (82), ou lorsqu'il y a litige entre deux personnes habitant le même bourg (6. g.2, 8, 12, 13, 25, 28, 33, etc.), c'est évidesament l'épistate du bourg du pétiionnaire qui est compétent.
i, au contraire, le demandeur et le défendeur appartiennent à des
S bourgs différents, c'est l'épistate du bourg du défendeur qui est saisi de l’affure par le stratège; 28 est probant à cet égard ; deux créanciers poursuivent une débitrice qui a déménagé sans les payer 1. Sur l'épistate du bourg, ef. Luuenoso, Recherches, p. 252; Joueuer οἱ LEFEBVRE, δι δ. Ἧ
ΧΧΥΙ, pp. 97 sqq.; P. M. Mere, Ælio, NI, pp. 459 sqq., VIT, p. 290; TauvexsenLaG, Archiv, IN,
pp. »9-8.
{.--- διεληλυθέναι αὐτὴν εἰς Κ[ερχεσοῦχα] || τῆς Ἡρακλείδου μερίδος, Il. 3-4); ils demandent que les ordres du stratège soient adressés Δεὶ νίχ! τῶι ἐπιστάτη! Κερχεσούχων (1. 5); et en effet, l’apostille commence : Δειϊνία! 47h. (1. 9). On comprend aisément qu'il en ait été ainsi : ces deux parties résidant dans deux villages différents, 11 fallait les réunir devant un épistate ; et plutôt que de convoquer le défendeur devant l’épistate du bourg du demandeur, où souvent il ne se serait rendu qu'avec le concours de la gendarmerie, on laissait au demandeur, déjà venu à Crocodilopolis pour faire apostiller sa plainte, le soin de se présenter devant lépistate du défendeur. Nous devons ainsi aux papyrus de Magdôla toute une série de noms εἰ ἐπιστάτα! τῆς zouns de lArsinoïte à la fin du règne d'Évergète et au début de
celui de Philopator.
TABLEAU DES ÉPISTATES CONNUS PAR LES P. MaAGp.
Nom. Bourg. District. Date. Texte, Iéphaistiôon Kaminoi Polém. Philop. 4 28, 40 Ménélas Hièra Nèsos (?) id. Everg. 25 1 Mikiôn Berenikis Thesmo-
phorou id. Philop. 4 39
Moschiôn Oxyryncha id, Everg. 25, Philop. 1° 5, 21, 42 Apollônios Alexandrou Nésos Thémis. Philop. £er [et 49] 20, [359] Ménandros Pélousion id. Everg. 25, Philop. ἢ 2, 8, 18 Pythiadès Autodikè (?) id. Philop. 4 29, 41 Simôn Tricômia id. Philop. 1e 33 Sôsibios Philotèris id. Philop. 1er 19 Avwathoclès Ammônias Héracl, Philop. 1er 25 Antimachos Karanis id. Philop. % 27 Méléagros Boubastos id. Everg. 25, Philop. 1er 3, 16 Philôtas Pharbaitha id. Philop. 1 13 Sôgénès Psya id. Philop. 1 24
Pol ou :
Deinias Kerkesoücha We Philop. ler 23
Iér, (9).
Callielès Topsaï Ὁ Philop. ἢ 30 Dioscouridès ? Everg. 25 4, 32 Iéraeleidès ? Philop. ter 34
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Hérodotos ? Everg. 25 6
Polycratès ? Everg. 25 17 Pyrrhos ? Philop. 1e 22 Rhodôn ? Philop. 4 10 Stratios ? Philop. 4 12
Sur ces épistates des bourgs, nous ne savons que peu de chose, PPetr. 1Π1 32, 2, ΓΝ): 11.9 sqq., montre que lépistate peut envoyer au stratège les délinquants qui doivent être déférés aux tribunaux; P. Hib., 1, 72, indique qu'on lui adresse des ὑπομνήματα après des plaintes; au n° siècle, d’après les papyrus de Tebtunis, il peut cumuler ses fonctions avec celles d’archiphylacite (P. Tebt., 1, 43, 1. 9), au moins temporairement (ἐρέω... A0), car 1] semble supérieur en dignité à l’archiphylacite (rbid.). L'essentiel de nos connaissances sur l’épistate du bourg vient donc des textes de Magdôla. Ils nous montrent en lui le représentant judiciaire du stratège dans le bourg : à ce titre, s'il n’est pas officier de police à proprement parler, ce qu'aucun texte ne nous permet de décider, il peut du moins mettre en action la gendarmerie et donner suite à des plaintes pour délits où crimes, comme l’indiquent les textes précédents: mais de plus et surtout, nos apostilles nous font voir en lui un juge de paix.
On sait que ces apostilles sont de deux sortes, les unes du type : Φρόντισον ὅπως τῶν διχαίων τύχη!» les autres libellées : Μάλιστα διάλυσον αὐτοὺς 27h. Il n'y ἃ entre elles qu'une différence de forme ; et le même texte Le nous apprend comment l’épistate comprenait le
φρόντισον ὅπως τῶν διχαίων τύχη! nous le montre exerçant les fonctions
conciliatrices résumées par les mots : μάλιστα διάλυσον αὐτούς; 66
texte, c’est P. Petr. II, 2, (2), cf. III, 28, (b), qu'il faut citer tout entier
ἢ 5 / , , Μοσγίων Διο 027. LYEL χαιρειν. ᾿ὐχόμισέν μοι Δωρίμαχος ἔντευξ ξιν χεχρη ματισ-
; a) ns σάμενος οὖν τὸν Διονύσιον, ἐπανέγνων αὐτῶ: τὴν ἔντευξιν χαὶ
ἐλθλευῖν Ἐῶ. δ και τῶν οι CI DER EXÉAEUOY τὰ 9ιίχαια τῶι ὠριμάχω!: TOUT! ἀντιλέγοντος O£ στοῦ ALOVUOLOU
S 2 = Ip N°1 Σ 44 D cn 0 1 DE NS a \ ὁὲν ἔγειν τῶν || διὰ τῆς ἐντεύξεως ἐγχεχλημένων , ἀπέσταλχα αὐτὸν πρὸς ὡ ! [ki " 5 ὶ di .
δὲ τῆι © || où Φαρμοῦθι. ᾿ἤρρωσο. (Eroud) χε, Φαρμοῦθι €.
Il est intéressant de rapprocher de cette lettre ce passage de 28, où les plaignants demandent au roi d'ordonner au stratège, e’està-dire en réalité prient le stratège, γράψαι Δει]νίαι τῶι ἐπιστάτηι Keoxeσούχων || ἀναχαλεσάμενον αὐτὴν (sc. la défenderesse), ἐὰν μὲν ὁμολοί γῆι,
πράξαντα αὐτὴν ἀποδοῦναι ἡμῖν (50. Ε x), ἐὰν || δέ τι ἀντιλέγηι, ἀποστεῖλαι αὐτὴν ἐπὶ Διο[φάνην τ]ὸν στρατηγόν (Il. 5-7). Dioscouridès et Nikanôr, les plaignants de 28, étaient évidemment très familiers avec le style habituel aux épistates. Grâce à ces deux textes, nous voyons donc comment les choses se passaient devant l'épistate. Le plaignant se présentait à l’épistate, porteur de sa plainte, apostillée par le stratège ; l’épistate convoquait le défendeur et usait soit de son autorité, soit de la persuasion pour le convaincre de faire justice au demandeur, dont il pouvait évidemment, le cas échéant, obtenir quelque concession; si l’épistate réussissait dans sa tentative de conciliation, l'affaire en restait là, à moins toutefois que le défendeur ne manquât aux engagements pris devant l'épistate : nous avons un exemple de ce fait dans 17, où, des 35 conges de vin que Téôs s’est engagé à rendre à Dioclès, 30 restaient encore dûs après plusieurs réclamations; si au contraire l’épistate échouait, l'affaire cessait de le concerner et était transmise au stratège *. Les choses n'allaient pas toujours cependant avec cette simplicité. I] semble bien difficile, par exemple, que, dans les affaires connues par 18, 21, 24, les témoins Simias et Kroups, ou ceux de la mutilation des animaux, qui sont des phylacites, ou ceux de la dispute de Tsénobastis et d’'Hèracleidès, n'aient pas été interrogés par l'épistate; et à coup sûr une affaire aussi importante que celle de 29, qui comporte une visite de lieux et un arpentage, sans
compter la discussion avec les parties, ne pouvait pas être rapi-
M: Cf. 8 ou 13.