SCÈNE TH. â
LA MOKTAONE.
SouvienS'toi de n'en point parler.
Mais , velà bien de» secrets à f^der, monsienr de La Monta^^ne ) c'est une nouvelle au{];nieata«* tion de peine. Ne faudroit-il point encore queuque petit salaire pour celte peine-là?
LA MONTAGNE
On te paiera tout à lâ fin, si n4>s projets peuvent réussir.
LUCAS
1^ réussiront dès que vous ne serez pas épar<- (][nant; car, voyez-vous, ce n'est pas pour me vanter; mais je sis un dr6le qui aime Lian l'argent , je vous eu avertis.
LA MONTAGNE
J'en suis cowiraindu. Mais, dis-inot uti peu une chose : ne soupe-t-il pas aujourd'hui quelqu'un avec monsieur Dubuisson ?
Et, palsajiguenne ) oui. Ils sont un tas d« bourgeois et de bourgeoises, qui avont chacun envoyé leur plat, parcequ'ils savont que notre maître est un tantinet ladre. Oh ! parguenne, il y a de quoi manger ;j'avons, morgue, deux cochons de lait, trois longes de viau, un gros aloyau,
36o LE GALANT JARDINIER.
quatre (gigots et une tarrinée de bœuf à la mode.
LA MOHTAGME.
Voilà une petite chère bien délicate. Allons , allons, nous la leur ferons faire ineîUeure quils ne pensent, et nous en ferons honneur à monsieur Gaton.
LUCAS
Hem, plaît-il ? que dites-vous ?
LA mohtaghe.
Rien. Va-t*en voir ici près à rÉpée-Royale s'il n*y est point encore arrivé trois carrossées d'hommes et de femmes à qui j*ai donné rendes-vous.
Lire A 9.
Trois carrusséis ! velà bian du monde : qu'estce que vous voulez faire de tout ça?
LA MOICTAGHE.
Tu le sauras : va vite , et viens me rendre réponse.
LDCAS.
Oui , oui , je m'en vas vite ; allez. ( bas. ) Mais j'irai plus loin que TÉpée-Royale, et je gagnerons l'argent de l'affiche.
LE GÀLàNT JARDINIER. 36i