‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 11 sur 230 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

{haut) Betti... La pauvreté... m'inspire un juste effroi.

BETTI.

La pauvreté! Mais... c'est mander de tout, je croi ?

BELTON.

Oui.

J'en sauvai toujours et toi-même et mon père. Quoi! nous pourrions ici manquer du nécessaire?

BELTON.

Non : mais il ne faut pas y borner tous nos soins.

Nous sommes assiégés de différents besoins.

Ils naissent chaque jour , chaque instant les ramène;

Et lorsque par hasard la fortune inhumaine

Ne nous a pas donné...

BETTI.

Je ne te comprends pas. . .

Bianquer d'un vêtement, d'un abri, d'un repas , Voilà la pauvreté : je n'en connois pas d'autre.

BELTON.

Voilà la tienne; hélas ! connois quelle est la nôtre.

BETTI.

Une autre .pauvreté ! vous en avez donc deux? . On doit en ce pays être bien malheureux.

BELTON.

C'est peu de contenter les besoins de là vie : Une prévention parmi nous établie Fait ici, par malheur, une nécessité Des choses d'agrément et de commodité ,

i8 LA JEUNE INDIENNE.

Dont tes yeux étonnés ont admiré l'usage : Et d'étemels besoins un faaeste assemblage...

BETTI.

Oh ! oeitte pouvceté... f^'/^st votre faate anssi. Pourvoi doiiOrfeventer encore celle-ci?

Chez nous , grâce à nos soins , la terre inépuisable Étoit de tous nos biens la source intarissable. ' BeltoBy comment ont £ût et comipeut font encor Tous ceaz qui parmi tous possèdent le plus d'or?

BELTON.

L'un le tient du hasard^ et tel autre d'un père.

Du crime trop souvent il devient le salaire :

Mais la vertu parfois a produit. . . f'

BBTTI.

Que dis-tu?

Avec de l'or ici vous payez la vertu?

BBLTOM.

Contre le besoin d'or l'infaillible remède...

BETTi.

Eh bien?...

BELTOlfil

c'est de servir quiconque le possède , De lui vendre son cœur, de ramper sous ses lois.

BETTI.

O ciel ! j'aime bien mieux retourner dans nos bois. Quoi ! quiconque a de l'or oblige un autre à faire Ce qu'il juge à propos, tout ce qui peut lui plaire?

Souvent.

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