SCÈNE XVIII
GOTTE
Mais; finis donc, tu m'impatientes.
LàFLEUR.
Tiens, Gotte, j*ai lu dans un livre relié que que pour faire fortune il suffit de n avoir ni honneur ni humeur.
GOTTE
A l'humeur près, ta fortune est faite.
LAFLECR.
Ah ! je ferai fortune. ^
GOTTE
Mais^ tu as lu. Est-ce que tu sais lire?
LAPLEUB.
Oui. Quand je suis entré ici, j'ai dit que je ne savois ni lire ni écrire : cela fait bien , on se méfie moins de nous^ et pourvu qu'on remplisse son devoir, qu'on fasse bien ses commissions, avec cela, l'air un peu stupide, attaché , secret, voilà tout. Ah! je ferai fortune. Mais avant, 6 ma charmante petite Gotte...
Mais finis donc , finis donc , finis donc ; tu m'as fait casser mon fil. Tiens, tes manchettes seront faites quand elles voudront. (Elle les jette par terre ; Lafleur les ramasse. )
LAFLECR.
Vous respectez joUmenX tae% TvwcvO<sv^vv«îk. ^c^»
a88 LA GAGEURE IMPRÉVUE.
c'est bien brodé. Mais Us as-tu commencées pour moi?
GOTTB.
Domie, domie. Tu as donc peur de faire voir à madame que tu as de Fesprit ?
LAFLEUR
Oui vraiment.
OQTTB.
Vraiment : mais ne t*y- fie pas ; madame voit tout ce qu*on croit lui cacher. H y a sept ans qae je suis à son service ; je Fai bien observëe : c*est un ange pour la conduite ^ c'est un démon pour li finesse. Cette finesse-là fentraine souvent pins loin qu elle ne le veut , et la jette dans des ëtoiu^ deries ,étourderies pour toute autre, témoin cell^ ci ; mais je ne sais comment elle fait ; ce qui me désoleroit, moi, finit toujours par lui faire honneur. Je ne suis pas sotte : eh bien I elle deTÙM une heure avant que je parle. Pour monsieur le marquis , qui se croit le plus savant , le plus fin, le plus habile, le premier des hommes , il n*est que rhumble serviteur des volonte's de madame ; et il jureroit ses grands dieux qu'elle ne pense, n'agit et ne parle que d'après lui. Ainsi, mon pauvre Lafleur, mets-toi à ton aise, ne te gène pas, déploie fous les rares trt'sota de la». bel esprit , et près de tnadiune tune seras ^au\îù%«fv >w\%q\ ^«xvv^:Qj^»,^!^''.