SCÈNE XXllI. 3ii
LE MARQUIS
Pourquoi la comtesse de Wordacle ?
LA MARQUISE
Une idée : je ne voulois pas qu*il sût que je suis femme de monsieur de Clainville (en élevant la voix)^ de monsieur de Clainville, qui a des terres dans cette province.
LE MARQUIS
Pourquoi?...
LA MARQUISE
Je vous le dirai : il a accepté ma proposition. •Tai vu un cavalier qui se présente très bien : il est de ces hommes dont la physionomie honnête et tranquille inspire la confiance. Il m'a fait le compliment le plus flatteur, il n a échappé aucune occasion de me prouver que je lui avois plu ; il a même osé me le dire; et soit que naturellement il soit hardi avec les femmes , ou peutêtre , tnalQvé moi , a-t-il vu dans mes yeux tout le plaisir que sa présence me faisoit. . . Enfin que vous dirai-je ! excusez ma sincérité, mais je connois Fempire que j'ai sur votre ame : dans Tinstant le plus décidé d'une conversation assez vive vous êtes arrivé ; et je n'ai eu que le temps de le faire passer dans ce cabinet , d'où il m'entend , si le récit que je vous en fais lui laisse assez d'attention pour nous t'couier. ^.lov«î»'^^^^^^^
3ia LA GAGEURE IMPRÉVUE.
êtes entré : je vous ai proposé ce pari assez indiscrètement : je ne supposois pas que yous f accep* teriez, et j'ai eu tort, fatigué comme vous deret l'être, de vous avoir arrêté...
( Le marquis par degrés prend un car sérieux j
froid ^ et sec, ^
LE MABQUIS.
Madame...
Mais. . monsieur... je m'aperçois... Le cerf que vous avez couru vous a-t-il mené loin?
LE MARQUIS
Non, madame.
LA MARQUISE
Vous me paroissez avoir quelque chagrin?
LE MARQUIS
Non , madame , je n'en ai point : mais ce monsieur doit s'ennuyer dans ce cabinet.
GOTTE, h part.
Ah ciel !
LA MARQUISE
N'en parlons plus, je vois que cela vous a fait quelque peine , et j'en suis mortifiée. Je... je... je souhaiterois être seule.
( Dubois et Gotte se retirent y d'un air embarrassé^
dans le fond du théâtre. Gotte a l'air plus ef
frayée.)