‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 67 sur 230 · ACTE II, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE L

Un fils pleurant sa mère a besoin de démence , Et doit justifier, «n abordant ces lieux , Quelques moments perdus à lui fermer les yeux !

ACHMBT.

Ah ! (Fmi wnifel efSroi tous pénétres mon ame. Si TOtre cœur se livre an courroux quf lenflamme. De la sultane ià sontiendrez-vous Taspect ?

Feindre£-vous devant elle une ombre de respect ? N'allez point à sa haine offrir une victime; Contenn, lenfennei l'horreur qui vous anime.

LE PRIlfCB.

Ah! voilk éê mon sort le coup le plus af&eax.

Ccit pea de l'abhomr, de parottre à ses yeux,

D'étoolier des douleurs qu'irrite sa présence.

Mon ccBur s'est pour jamais interdit la vengeance :

Mère de Zéangir ses jours me sont sacrés.

Que les miens , s'il le fout, à sa fureur livrés. ..

Ifais fpu ! puisse penser qu'un grand honuae, qu'un père ,

Adoptnit contre un fils une haine étrangère...

ACBMBT.

Ne tout avnq^^ point de ce oiédule espoir.

Par la mort d'Ibrahim juges de son pouvoir.

ConnoisME, redoutes votre fière ennemie :

Vingt ans sont écoulés depuis que ion génie Préfôda aux grands destins de l'empire ottoman ; Et , sans le dégrader, régne sur Soliman.

Le séjour odieux qui lui donna naissance.

Lui montra l'art de feindre et l'art dt la vengeance. Son ame aux profondeurs de ses déguisements Joint l'audace et l'oigueil de nos fiers musulmans.

Sous un maître absolu souveraine maîtresse.

Elle osa dédaigner, même dans sa jeunesse.

Ce frrrole artifice et ces soins séducteurs

Par qui son foible sexe, enchainant de grands eoBor

Ofire aux yeux indignés la douloureuse image

D'un héros avili dans un long esclavage.

De son illustre époux seconder les projets;

Utile dans la guerre, utile dans la paix ,

Sentir ainsi que lui les fureurs de la gloire;

L'enflammer, le pousser de victoire en victoire ;

Voilà par quelle adresse elle a su l'asservir.

Sans la braver, du moins , laisses-la vous liaïr.

Eh ! par quelle imprudence , augmentant nos alarm

Contre vous-même ici lui donnez-vous des armes?

Comment?

ACHMET

Pourquoi, seigneur, tous ces chefs, ces soi Qui jusqu'au pied des murs ont marché sur vos pasi Pourquoi cet appareil qui menace Byzance, Et qui d'nn camp guerrier présente l'apparence?

LE PRINCE

N'accuse que des miens le transport indiscret. Aux ordm du sultan j'obéissois, Achmet; J'annonçois mon rappel; et le peuple et l'armée. Tout frémit : on s'assemble , une troupe alarmée M'environne, me presse , et s'attache à mes pas ; On s'écrie, en pleurant, que je cours au trépas : Je m'arrache à leur foule; alors, pleins d'épouvante Furieux, égarés, ils volent à leur tente,

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