ACTE II, SCÈNE III
Il me perce le cœur par la main la plus chète : J'aime , et pour mon rival il a choisi mon frère.
LS PRINOB.
Gieuz!
bAamgiA.
Mm mère , en «eeret , j'ignore à quel dessein , Dans ce yUi§é htai m*iL tonûM de saf «nain.
Sa cmdifei bonté , secondant mott adresse , A pengnâi à mes jeat l'aspeet de la princesse; J'ai prddigtté les Miûs d'tin am<mr îAdiseret Ponr cMiidfir ^ h&ai ! un cœur qni tfadotoit. Je Tenoia à tes yenz, dévoilant ce mystère... Cmellel A qnel devoir vous ^rçant à votas talire. Me lainoit enivrer de ce pobon fatal?
A-t-on cfttlnt de me voir hdïr tin tel rival?
AzétaitiB.
Je i'avoaBnlf seigneur, ce reprdclfe m'éttfttne : L'ayant peu mérité, môft cœur vous le pardonne ; J'en pleins même la cause, et je crois qu'en secret Déjà vous condamnez un transport indiscret.
(iftt prince.) Vous n a:i^ pas pensé, prince , que Votre amante , Négligeant d'étouffier une flamme imprudente , Fière d'tftt autre ho#nage à ses yeux présenté , Ait d'un fîrîvole 6ncena nourri sa vanité; Et nœ justifier, c'est Tona faire nne offense : Biais puisque je vous doia expliquer ttum sUeiice , Du repos d'un ami comptable devant vous, Sonffirex qu'en ce moment je rappelle entre nous Quels serments redoublés me foT<^len.tà.W\\»x%
loo MUSTAPHA ET ZÉANGIR.
Uu secret...
LB PHIHCB.
•Ciel I madame , un secret pour moa fi Eh! poiivois-je prévpir...
AZéMIRB.
Je sais que ce palais Devoit à tons les yeux me soustraire à jamais; Qu'entouré d'ennemis empressés à tous unira.
De nos vœux mutuels vous n'avez pu l'instruire.. Hélas ! me chargeoit-on de ce aoia douloureux. Moi qui, dans ce séjour pour vous si dangarenx» Craignant mon cœur , mes yeux , et mon silence n Vingt fois ai souhaité de me cacher qui j'aime? Mais non. Je lai parlois de vous, de vos vertus; Enfin je vous nommois : que falloit>il de plus? Et quand de son amour la prompte violence A condamné ma bouche à rompre le silence.
J'ai vu son désespoir, tout prêt à s'exhaler, Bepousser le secret que j'allois révéler.
LB PRINCE
Oui, sans doute, et ce trait manquoit à ma misère Je devois voir couler les larmes de mon frère. Voir l'amitié, l'amour, unis, armés tous deux Contre un infortuné qui ne vit que pour eux.
Mon ame à l'espérance étoit encore ouverte :
c'en est fait; je Tabjure, et le ciel veut ma perte. Je la veux comme lui, si je fais ton malheur.
ZBAN6IR.
Ta perte !... Achève, ingrat, de déchirer mon cœi; U te faljoit... Cruel y as-tu la barbarie
ACTB II, SQÈNB III. loi
IfiMemet on tÎTal qtti tramUe poor ta TÎe?
Ta perte!... et de qnel crime... Il n'en eit qm'im pour toi :
Ta ^iene de leanoaiettre en doutant de ma foi.
Groi»-tn qoe ton «mi, dans sa jakraie inetse,
Devienne ton tyran , celui de ta maîtresse,
Abjure l'amitié, la vertu , le devoir.
Pour c mittmf i l er par^tout les pleurs du désespoir,
Pour mériter *on sort en perdant ce qu'il aime?
Qui de nous deux id doit s'immoler lui-même?
Est-ce toi ^'à mourir son choix a condamné ?
Ne suis-jé pal enfin k seul infortuné?
&B PKIRGB.
Arrête. Petaz-tn bien me tenir ce langage?
CTest on Irère, on ami qui me foit cet outrage! Cmel ! qaftnd ton amour au mien veut s'immoler, Est-ce par ton malheur qu'il faut me consoler? Qne tu craignes ma mort qui t'assure le trône , Cette vertu n'a rien dont la mienne s'étonne : Le ciel, en te privant d'un ami couronné.
Te raviroit bien plus qu'il ne t'auroit donné. Mais te voir à mes voeux sacrifier ta flamme , Sentir tous les combats qui déchirent ton ame , Et ne pouvoir t'offrir, pour prix de tes bienfaits, Qne le seul désespoir de t'égaler jamais; Ce supplice est aifteux, si tu peux me coimoUre.
SBANOIR.
Va , ce seul sentiment m'a tout payé peut*étf e. Mon frère , laisse-moi , dans mes vœux coofondui , Laisse-moi ce bouheui^ que donnent les vertus; Il me coûte asseï cher pour que j'ose \ çrétendtA. .
to2 MUSTAPHA ET ZÉAN61R.
Tu dois vivre et m'aimer ; moi , vivre et te défendre Tout 1 ordonne, le ciel , la nature , l'honneur. Respecte cette loi qu'ils font tous à mon cœur. Je t'en conjure ici par un frère qui t'aime, Paîr toi , par tes malheurs.... par ton amour lui-mân
{àjâzémire.) Joignez- vous à mes vœux; c'est à vous de fléchir Un cœur aimé de vous , qui peut vouloir mourir.
LE PRINCE, cn}€C transport.
C'en est fait , je me rends ; ce cœur me justifie^ Je vous aime encor plus que je ne hais la vie : Oui , dans les nœuds sacrés qui m'unissent à toi. Ton triomphe est le mien , tes vertus sont à moi. Va, ne crains point, ami, que ma fierté gémisse, Ni qu'opprimé du poids d'un si grand sacrifice. Mon cœur de tes bienfaits puisse être humilié. Eh! cQnno!t-K)n l'orgueil auprès de l'amitié?