‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 8 sur 230 · BEI|TON · texte numérisé non relu

BEI|TON

Penses-vous?...

lo LA JEUNE INDIENNE.

MOWBRAI.

Penses-tu. Je ne suis qu'un seul homme , Et non deux. Souviens-t'en , et parle au singulier.

BELTON.

Tu le veux : eh bien, soit. Je vais vous... tutoyer.

Mon père est indulgent; mais ma trop longue absence

A peut-être depuis lassé sa patience.

Après tous les chagrins que j'ai pu lui donner.

Le pense&-tu, peut-il encor me pardonner?

MOWBRAI.

Tu ne sais ce que c'est que l'ame paternelle.

Dès qu'un enfant revient se ranger sous notre aile.

On n examine plus s*il est coupable ou non;

Et l'aveu de Terreur est l'instant du pardon.

Mais , après ce qu'ici je consens à te dire ,

Si désormais encore un imprudent délire

T'égaroit, t'éloignoit des routes du devoir,

Si d'un pareil aveu tu t'osois prévaloir.

Je te'mépriseraiJi^ans retour: mais je pense

Qu'après cinq ans entiers d'erreurs et d'imprudence

Le fils infortuné d'un ami généreux ,

Puisqu'il s'adresse à moi, veut être vertueux;

Et pour me mettre en droit d'adoucir ta misère...

( Jet Belton frémit. ) Ta misère !... oui( voyez un peu la belle affaire ! Regardez comme il est confus, humilié Pour ce mot de misère... O del ! quelle pitié ! Dé ton père envers moi Tan^tié peu commune , Dernièrement encore, a sa||vé ma fortune.

Je perdis deux vaisseaux presque au port sous mes yeux.

StÈNE III. II

On me crut sans ressource. Un créancier fongueux, Afin de rassurer sa timide avarice, Vent que je fixe un terme et que j'aille en justice, Par un serment coupable autant que solennel , Déshonorer ponr lui le nom de TÉternel.

A rÊtre tout-puissant faire une telle injure ! J'alloi^m exécuter, la faillite étoit sûre.

Quand je reçus soudain ce billet. Lis.

BBLTO-N prend le billet et lit.

« Monsieur.

MOWBRAI.

Ah ! sans doute.

BELTON continue.

« Je viens d'apprendre le malheur « Qui vous met hors d'état de pouvoir faire face « À quelque arrangement. Je vous demande en grâce « D'accepter de ma part cinquante mille écus, « Que j'ai fort à propos nouvellement reçus.

« Ignorez, s'il vous plaît , l'auteur de ce service. « Si la fortune un jour vous redevient propice, « Je le réclamerai. Conservez ce billet :

« Il est votre quittance , et je suis satisfait. »

MOYTBR kl, reprenant le billet.

Ton père de ce trait me parut seul capable.

C'est en effet à lui que j'en suis redevaole... Ne te voilàrt-il pas interdjt , confondu !

Mon fils , ne sois jamais surpris de la vertu. Te voilà maintenant en état de comprendra Quel intérêt sensible à tous deux je dois prendre : Mais n'attends pas de moi des pTOle«la!à!(yQ& ^

la LA jeune' INDIENNE.

Des ëlanB d'amitié, des exclamations;

Je suis tout uni, moi : sois donc de la famille :

Dès ce jour mon neveu te présente à ma fille.

BBLTON.

Votre... ta fille!...

MOWBRAI.

Eh ! oui'. Tu semblés t'étonner ?

 ton aise , s'entend ; ne va pas te gêner.

BBLTON.

Dès long-temps , en faveur d'une amitié fidèle , Ta bouche à mon amour prômettoit Ârabefle.

J'aspirois à ces nœuds , et cet espoir flatteur, Précieux à mon père, étoit cher à mon cœur :

Mais je me rends justice , et j'ai trop lieu de craindre Que mes longues erreurs n'aient dû peut-être éteindre Cet espoir dont jadis mon cœur s'étoit flatté. Je sens que cet hymen, entre nous concerté , Seroit le seul moyen de me rendre à mon père , Et dem'offrir à lui digne encor de lui plaire.

MOWBRAI.

Va, mon coôur est encor ce ^'il fnt autrefois :

Je chéris ton malheur, il ajoute à tes droits.

Oui . tant de maux soufferts , fruits de ton imprudence ,

Doivent t*avoir donné vingt ans d'expérience.

Bel ton, il faut du sort mettre à profit les coups;

Oublier ses malheurs, c'est le plus grand de tous.

Adieu... Bon ! glisse donc le pied , la révérence.

( à park ) Il me fait enrager avec son élégance.

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