SCÈNE II
SOLIMAN, ZÉANGIK.
eiAIlOIR.
Souffres qu'à yos genoux j'adore l'indulgence Qui rend à mes regards votre auguste présenct , Et d'an ordre sévère adoucit la rigueur.
SOLIMAN
Toodié datai vertus, satisfait de ton cceur, D^on M&tiiBcnt plus doux je n'ai pu me défaudrt. Dans OM piremiers moments j'ai bien \onlu tfantandre : Biais que vas-tu me dire en faveur d'un ingrat, Dont ce joor a prouvé le rebelle attentat?
De ce triste entretien quel fruit peux-tu prétendre? Et de ma complaisance, hélas 1 que dois-je attendre, Hon la douceur de voir que le ciel aujourd'hui mé laisse au moins en toi plus qu'il ne m'ôte en lui?
siANoia.
Il n'est point prononcé cet arrêt sanguinaire. Le prince a pour appui les bontés de son père. Vous l'aimâtes, seigneur: je vous ai vu cent fois Entendre avec transport et conter aeê exploits. Des ^»lendeart de l'empire en tirer le présage , Et montrer ce modèle À mon jeune coorage.
Depuis plus de hnit ans, éloigoé de ces lieux ,
i3o MUSTAPHA £T ZÉAMGIR.
On a de ses vertus détourné trop vos yeux.
SOLIMAN
Quoi! quand toi-même as vu jus<{u'oii sa violence A fait de ses adieux éclater l'insolence !
ZÉAN6IR.
Gardez de le juger sur un emportement , D'une ame au désespoir rapide égarement.
Vous savez quel affront enflammoit son courage.* On excuse l'orgueil qui repousse un outrage.
SOLIMAN
De l'oi^ueil devant moi ! Menacer à mes yeux ! Dès long-temps...
ZÉANGIR
Pardonnez, il étoit malheureux; Dans les rigueurs du sort son ame étoit plus fière : Tels sont tous les grands cœurs, tel doit être mon frèr Rendez-lui vos bontés, vous le verrez soumis. Embrasser vos genoux, vous rendre votre fils; J'en réponds.
SOLIMAN
Eh ! pourquoi réveiller ma tendresse Quand je dois à mon cœur reprocher ma fbiblease, Quand un traitre aujourd'hui sollicite Thamas? Quand son crime avéré...
ZÉANGIR
Seigneur, il ne l'est pas :
Croyez-en l'amitié qui me parle et m'aiiirae; De tels nœuds ne sont point resserrés par le crime. Quels que soient les garants qu'où ose vous donner. Croyez qu'il est des cœurs qu'on ne peut soupçonner.