‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 92 sur 230 · ACTE IV, SCÈNK II. i ii · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNK II. i ii

Kh ! qui sait si feimant la boache à rinnocciico...

SOLIMAN

Va , son forfait lui seul l'a réduit au silence. Eh ! peut-il démentir ce camp dont les clameurs Déposent contre lui pour ses accusateurs ?

ZBANGIR.

Oui. SonfSîrez seulement qu'il puisse se défendre. Daignez^ daignez du moins le reyoir et l'entendre.

SOLIMAN

Que Vli»-tn? Ciel ! qui? kii ! qu'U paroisse à mes yeuv ! Me voir encor braiser par cet audacieux !

ZÉANGIR

Eh quoi ! votre vertu , seigneur, votre justice , De ses persécateurs se montreroicnt complice? Vous avez entendu ses mortels ennemi» , Et pourriez, sans l'entendre, immoler votn; HU , L'héritier de l'empire! Ah ! son père est trop ju^ti*. On sermt, pardonnez, cette clémence auguste Qui dicta vos décrets, par qui vous eflFace/. Nos plus fiimenz sultans près de vous éclipMM?

SOLIMAN

Ch ! qui l'atteste mieux , dis-moi , cette clémence , Que les soins paternels qn avoit pris ma prudeuat D'étouffer mes soupçons, d'exiger qu'en ma main Fût remis du forfait le gage trop certain?

D'ordonner que présent, et, prêt à les confondre, A ses accusateurs lui-même il pût répondre?

Hélas ! je m'en flattois. Et lorsque ses soldats Menacent un sultan des deiiiiers attentats , Qu'ils me bravent pour lui, n'^Minds-moi , qui m*arc<ite?

i3a MUSTAPHA ET ZÉAN6IR.

Quel antre dans leur camp n'eât fail voler aa ièttl

Et moi , loin de frapper, je tremble en ce moment

Que leur zélé, poussé jusqu'au soulèvement.

Malgré moi ne m'arrache un ordre nécessaire.

Eh ! qui sait si tantôt, secondant ta prière,

Ce reste de bonté qui m'enchaine le bras ,

N'a point porté vers toi mes regrets et mes pas;

Si je n'ai point cherché, dans l'horreur qui m'accable,

A pleurer avec toi le crime et le coupable?

Héks ! il est trop vrai qu'au déclin de mes ans ,

Fuyant des yeux cruels, suspects, indifFérents,

Contraint de renfermer mon chagrin solitaire ,

J'ai chéri l'intérêt que tu prends à ton frère;

Et qu'en te refusant, ma douleur aujourdlini

Goûte quelque plaisir à te parler de lui.

ZÉANOIR.

Vous l'aimes, votre cœur embrasse sa défense. Ah ! si vos yeox trop tard voy oient son innoceRoe, Si le sort vous condamne à cet affreux malheur, Avouez qu'en eflet vous mourrez de douleur.

SOLIMAN

Oui. Je roourrois, mon fils, sans toi, sans la tendresse, Sans les vertus qu'en toi va chérir ma vieillesse. Je te rends grâce, ô ciel, qui, dans ta cruauté. Veux que mon malheur même adore ta bonté; Qui dans l'nn de mes fils prenant une victime. De l'autre me fais voir la douleur magnanime , Oubliant les grandeurs dont il doit hériter.

Pleurant au pied du trône , et tremblant d'y monter.

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