ACTE IV, SCÈNE II. i
ZIANGIR.
Ah! si vous m'approuvez, si mon cœur |M!ut vous plaire, Acoordez^m'en le prix en me rendant mon frère. Ces sentiments qu'en moi vous daignez applaudir. Communs à vos deux fils, ont trop su les unir. Vous formâtes ces nœuds aux jours de mon enfance; Le temps les a serrés... c'étoit votre espérance : Ah ! ne letf brisez point. Songez quels ennemis Sa valeur a domptés, son bras vous a soumis.
Quel triomphe pour eux! et bientôt quelle audace, Si leur haine apprenoit le coup qui le menace ! Quels vœux, s'ils contemploient le bras levé sur lui ! Et dans quel temps veut-on vous ravir cet appui ? Voyez le Trausylvain , le Hongrois , le Moldave , Infester à l'envi le Danube et la Drave.
Rhodes n'est plus. D'où vient que ses fiers défenseurs , Sur le rocher de Malte , insultent leurs vainqueurs? Et que sont devenus ces projets d'un grand homme , Quand vous deviez, seigneur, dans les remparts de Rome Détruisant des chrétiens le culte florissant. Aux murs du Capitole arborer le croissant?
Pariez, armez nos mains, et que notre jeunesse Fasse encor respecter cette auguste vieillesse. Vous, craint de l'univers, revoyez vos deux fils , Vainqueurs, à vos genoux retomber plus soumis, Raiser avec respect cette main triomphante , Incliner devant vous leur t^,te obéissante , Et, chargés d'une gloire ofierte à vos vieux ans. De leurs doubles lauriers couvrir vos cheveux blancs.
i34 MUSTAPHA ET ZÉANGIR.
Voiu vouf troublez y je vois vos lannes se répandre.
SOl.IlfAM.
Je céda à ta doqla«r «t «i noble et si tendrttt Ah! ^'il soit iimocent et mes ▼«eux soQt rmipUs! Gardes , que devant moi l'on amène mon fils.
ZIAMGIE.
{aux gareks.) Mon père... Demeuies... Ah ! sonffrez qa« mon xéle Goure de vos bontés lui porter la nouvelle; Je reviens avec lui me jeter à vos pieds.