‹ Par dessus le mur nouvelleChapitre 6 sur 9 · I.A MARE AUX OIES · texte numérisé non relu

I.A MARE AUX OIES

Elle était enveloppée dans son grand peignoir de nuit et inondée des boucles blondes de ses cheveux. Elle s’en aperçut et rougit de honte.

— Pourquoi êtes-vous ici ? murmura-t-elle.

— Alice! s’écria sa mère, tu l’épouseras, je consens à tout ; et si cette tempête nous laisse vivre, tu pardonneras à ta pauvre mère de t’avoir fait souffrir ainsi.

— Quelle tempête ? demanda la jeune fille, qui contemplait à cette heure son fiancé toujours agenouillé avec ce regard profond et magnétique qui énerve et enchaîne à la fois les amans de ce monde.

En ce moment, comme si la Providence eût pris en pitié des gens si heureux dans un tel péril, un coup de vent dénoua la trame des nuages, et la lune jeta sa lumière sur les flots. Je ne sais si cette caresse des rayons calma le courroux de la mer ; mais peu à peu ses chocs contre la ferme perdirent leur intensité.

L’éclaircie du ciel augmenta, les crêtes échevelées des vagues se confondirent, les lames cessèrent de l'ouïe!' au loin dans les terres, et comme si l’orage eût mis autant de hâte à disparaître qu’il avait mis de vitesse à s’étendre, en une demi-heure la maison fut à sec.

Le jour commença à poindre, le sable buvait

les flaques d’eau laissées parle recul des vagues. La chapelle des dunes éteignait ses cierges les uns après les autres, quand on put sortir de cette demeure louée cent écus pour la saison par la baronne de Saint-Hangest.

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