‹ Par dessus le mur nouvelleChapitre 7 sur 9 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

Nul ne savait ce qui s’y était passé. Glodomir, très inquiet de son fils, l’avait cherché toute la nuit, le demandant à chacun et recevant au lieu de réponse cette autre question :

— Comment I vous ignorez où est ce pauvre Monsieur ? Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé.

Ce qui avait mis le père Guignet dans une grande colère. Il en était à s’arracher les cheveux de désespoir et de fureur quand apparut trempé d’eau de mer, mais rayonnant comme un soleil, le brave réaliste.

Ce fut parmi les baigneurs et les marins un hourrah universel de joie...

Clodomir l’embrassa en pleurant. M. Aristide s’en vint à lui et lui prit la main en lui disant : Vous m’avez lié à vous pour la vie en vous dévouant ainsi à mon salut.

— Monsieur de Saint-Hangest, répondit Napo

très-rouge et cherchant à se dégager, vous ôtes bien bon.

A ce moment on remit au jeune baron une lettre de sa mère, qui lui annonçait la rupture de son mariage.

Le jeune homme, qui au fond avait autant de bon sens que de bon cœur derrière les ridicules de son éducation, se mit à rire et montra cette lettre àNapo.

— Mon cher Monsieur, lui dit-il, je pars. Je vois bien que j’avais un rival plus heureux que moi ; mais si vous daignez m’accorder votre amitié, j’apprendrai de vous à être brave, lbyal et charmant ; et alors j’aurai mon tour de succès.

Napo, qui était joyeux intérieurement, mais que tous ces éloges gênaient beaucoup, ne put que serrer cordialement la main du jeune avocat en lui disant :

— O monsieur Aristide, vous êtes trop bon !

Page 1