ACTE TROISIEME
L'aube, dont vos regards m'ont entr'ouverl la porte, M'a toute illuminée. Allez, je serai forte.
Il faut remettre, attendre, oui, je le lui dirai, £t sans montrer le sang de mon cœur déchiré.
Ce que vous faites là, c'est, noble et saiilt, madame. Que ne sont-ils ici pour voir votre grande âme, Ceux dont la méfiance encor vous méconnaît!
niNALDA
Comment peuvent-ils croire?...
BIANCA
llclas ! mon père en est
STRADA
Et d'autres, qui, trouvant l'aventure trop proche, N'en font pas à Guido, mais à vous, le reproche.
RINALDA
A moi? Mais pourquoi donc ce reproche? Ils sont fous,
BIANCA
On dit que, si Guido se hâte, c'est pour vous; Que, s'il veut tout risquer, et le pays lui-môme, C'est pour vous arracher à Conrad.
Trop, pense-t-on.
RINALDA
STRADA
Comme il m'aime!
Oui, trop. Et vous devez aussi Le lui dire, quand il viendra ce soir ici.
RINALDA
Icil ce soir! Guidof Vous voulez donc sa perte? Pourquoi le laissez-vous venir, vous autres?
STRADA
Gerte, On a tout essayé, tout, pour le retenir; Mais vainement. Il est le maître. 11 veut venir.
RINALDA
Pourquoi?
STRADA
Bianca, parle.
BIANCA, très ému*
Oui, c'est moi qiiMl a chargée De vous l'apprendre, c Avant Faction engagée, A-t-il dit, j'ai besoin, j'ai soif de la revoir. Prêt à jouer ma vie en faisant mon devoir, Je veux lui répéter, seule à seul, que je l'aime. >
RINALDA, tombant assise dans le Cuteoll.
Il a dit cela?
BIANCA, très paie.
OUt.
STRADA, à Rinalda, d'une voix
Mais elle est toute blême.
Regardez donc !
RINALDA
C'est vrai. Ce trouble! Cet émoil Qu'as-tu, mon enfant?