XA FRATERNITE DANS LE PAIN
soutienne le cœur, il faut que ceux qui les préparent y mettent le meilleur d'eux-mêmes. Dans tout travail il y a quelque chose du suc et du sang du travailleur. Si le forgeron ne forge pas de tout son cœur, son travail ne vaut rien; si le médecin ne nous soigne pas de tout son cœur, il nous soignera mal. Du soin, du dévouement, de l'honnêteté, de l'amour pour son prochain, il faut que le laboureur le sème sur les sillons, que le boulanger le pétrisse dans la pâte, que le cuisinier en assaisonne ses plats, que le tisserand le tisse dans les étoffes, que l'écrivain en inspire ses livres, le musicien son chant, le peintre sa peinture, le subalterne son obéissance, le chef son commandement; que l'écolier l'apporte à l'école, l'apprenti à l'atelier, le maître dans sa chaire.
C'est ainsi que par le travail de tous pour tous se crée le pain de tous et que la vie de l'humanité devient la grande et sainte communion où tout se partage, s'échange, s'offre avec bonne volonté et se reçoit avec joie.
A ce beau festin dans la lumière, il y a une ombre noire : c'est le crime de celui qui réclame sa part au pain sans prendre sa part au travail. Nous allons en parler.
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