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ÉTUDE. XXVII

dait la rivière; après la rivière, une petite chaîne de collines à croupes arrondies; à l'horizon, c'est-àdire à vingt lieues à peine, les Pyrénées, avec leurs cimes de neige incendiées par les feux du soleil ; sur tout cela, un ciel d'une pureté admirable et un air merveilleusement doux.

Le calme de cette belle nature avait rendu Mme de Rémusat à elle-même. « L'exil, disait-elle simplement et fortement quelques mois plus tard, l'exil m'a été bon. Dans toutes les douleurs de la vie, il y a toujours un certain guichet à passer, après lequel on se trouve mieux qu'on ne s'y était attendu. » Elle avait passé le guichet. « Au sein delà retraite, en se repliant sur soi, à se suivre, à se regarder vivre, peu à peu il arrive, pour récompense, qu'on parvient à se mettre hors de l'atteinte des peines. » Tout contribuait à l'envelopper de cette sérénité. LaBtte était si loin de Paris, que lorsqu'arrivaient les nouvelles, il semblait qu'elles vinssent d'un pays étranger. Le 25 juin 1815, elle ignorait encore Waterloo. Elle croyait que la campagne s'ouvrait à peine, alors que la déroute était consommée. Lorsque, quinze jours après là bataille, elle connaîtra les détails du désastre, elle cherchera douloureusement dans ses souvenirs ce qu'elle faisait à l'heure où les Français succombaient sous le nombre, où les derniers carrés de la garde s'effondraient.

Ce n'est pas seulement le repos qu'elle avait trouvé à Lafitte. M. de Rémusat s'intéressait au travail de ses champs et elle s'efforçait de l'y attacher. Elle lui mul-

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li|>liait los témoignages de confiance et de tendresse. ft Ils avaient échappé aux querelles des grands de la terre ; ib trouveraient du bonheur entre eux. » Elle n'en souhaitait pas d'autre. Restait leur fils. « Entendonsnous, étrivait-elle, pour lui parer Texil.... Je tâcherai d'uitiuser son esprit, en mettant le mien en frais : lu m'y venus bien de la coquetterie. Je lui laisserai heiuicoup de Hberté de conversation; nous battrons tous les sujets qu'il voudra. Il faudra que tu te prêtes à nos pauvretés,.., que tu nous laisses rêver de l'avenir et colorer nos espérances. Cela nous fera du bien à lous trois, »

L'Empiri! définitivement tombé, les amis de M. de Rénmsat le pressaient de rentrer dans la vie publique. Mme de Réniusat ne s'est jamais faite plus désintéressée qy\4le ii'éi;»it, et la disgrâce lavait laissée au dépourvu. Les libéralités de l'Empereur lui avaient permis de luclieter Lditte. Mais l'Empereur ne donnait d'ordinaire qtjt' jmiu' qu'on fît usage de ses dons au profit d'une rrrlaine n^présentation : l'année de la mort de Mme de Vergeujies, Mme de Rémusat s'étant abstenue de recevoir, pensiiHis et gratifications avaient été supprimées. Le iiiéiiage n'avait pas de réserves. De monter Lafittc fut une idTn ire. « Je fais ici de cette magie noire dont Mijie de Se vigne parlait à Mme de Grignan, dit-elle à Mme Chéron, c'est-à-dire que je dépense de l'argent sans en avoir. Vous direz, avec votre bon esprit, que cela s'apjH^Ile des dettes, et il en est bien quelque t^hose. iMiiis je pourrai payer promptement, grâce à

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