ETUDE. XXXI
choses, tf de mes amies les choses », est toujours la plus forte.
En réalité, ce n'était là qu'mie façon de se mettre la tête sous l'aile, comme faisaient les perdrix de Lafitte. Mme de Rémusat le sentait bien, et toutes ses tristesses venaient l'y retrouver. La pensée qu'un vainqueur foulât le sol de la France et se mêlât de nos affaires lui était douloureuse. Les alliés étaient pour elle les étrangers. Qu'on osât parler de démembrement, comme pour la Pologne, la révoltait. « Non, Paris ne pouvait pas devenir tout bonnement une ville de garnison ; le roi de Paris serait toujours le souverain d'un grand État. » On avait dépouillé la capitale des trésors que la victoire y avait accumulés. Le Louvre avait dû rendre l'Apollon du Belvédère, le Laocoon, la Vénus de Médicis, que ni l'habileté du Roi, ni l'énergie de Denon n'avaient pu arracher aux mains des alliés. Mais le grand musée français n'était pas perdu pour cela. Que sur le piédestal de l'Apollon on place Racine ; sur celui de Laocoon, Corneille; sur celui de la Vénus, qui l'on voudra; qu'on suspende au plafond, resplendissante dans sa gloire, une belle figure de Louis XIV ; et puis qu'on écrive au maréchal Blùcher, comme le Lacédémonien : « Viens les prendre! » En présence des malheurs du présent et des obscurités de l'avenir, Mme de Rémusat se réfugiait dans le passé ; elle relisait l'histoire de France avec passion : « Elle est si imposante, notre histoire, elle est si grande! »
Le mérite était d'autant plus grand d'entretenir ses