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INFLUENCE DE L'ÉTAT DE LA SOCIÉTÉ

mobile plus puissant que l'esprit patriotique pour diriger la jeunesse vers le bien. Ainsi que le christianisme, il parle aux passions fortes comme aux faiblesses des hommes. En efTet, si les préceptes évangéliques, toujours dirigés contre les tentations de la vanité humaine, nous prescrivent une grande défiance de nos mérites, ils nous permettent en même temps de nous enorgueillir salutairement de notre grandeur originelle, de cette émanation divine, souffle immortel de notre vie passagère, qui forme un lien sacre' entre le Créateur et son ouvrage^. De même, si nous sommes peu de chose comme habitants de la téire; du moins comme enfants d'une patrie, comme membres d'une société légitime, nous pouvons nous estimer d'autant plus que les conditions de l'association sont plus morales et plus honorables et qu'elles réclament de nous plus d'action et de dévouement. A mesure que les gouvernements sont moins absolus, les citoyens devenant plus obligés les uns à l'égard des autres, les vertus politiques interviennent davantage dans les relations civiles. Aussi, à l'avenir, les principes d'une morale publique doivent-ils, en France, s'unir dans l'éducation des hommes aux principes de la morale individuelle.

Il reste à savoir ce que deviendront les femmes après ce grand renouvellement social auquel nous assistons. L'homme doit être formé pour les institutions de son pays; la femme, pour l'homme tel qu'il est devenu, fitre épouses et mères, voilà notre état et nos dignités. Il ne sera pas hors de propos de dire comment le temps et la société nous ont fait quelque chose en dehors de tout cela *.

Au moment où la vie civile se réforma selon les préceptes du christianisme, les vertus fortes ne furent plus les seules estimées, et l'on comprit que, sans perdre rien

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