CHAPITRE IX
Telle est aujourd'hui la puissance de ce mol de liberté, qu'en le prononçant on est sûr de troubler diversement tous ceux qui l'entendent. Si l'on voulait composer quelque conte moral où figureraient les sentiments particulièrement mis en jeu dans ce temps-ci, on pourrait imaginer un personnage produisant autour de lui des effets opposés, seulement à l'aide de cette parole, dont un démon familier lui aurait enseigné la vertu magique; et certes on ne devrait pas craindre que la fiction manquât de merveilleux. On eût mis dans la main du héros le talisman du siècle.
Ainsi je me suis aperçue que j'excitais une certaine inquiétude, toutes les fois qu'essayant de communiquer mes idées sur l'éducation de nos filles, je me plaignais de n'y point voir assez de liberté. Toul aussitôt, le respect de l'habitude, la surprise du préjugé, la sollicitude de la prudence, et bien d'autres motifs, suscitaient mille objections. Loin de les dédaigner, j'ai conservé le souvenir des plus importantes, et ce chapitre y répondra.
(( N'y a-t-il pas contradiction à préparer, par la liberté (( et l'examen, cette vie de dépendance qui attend les (( femmes et dont vous leur faites un devoir? Vous voulez « les rendre graves. Supérieure* à ce qu'elles ont été, elles
« Irouveronl les hommes tels qu'ils sont encore; s*acco- « moderont-ils de cette nouvelle supériorité? N'en vou- « dront-elles pas faire un droit? Avec une intelligence ainsi « développée, ne risquez-vous pas de les rendre plus mal- « heureuses, si des hasards qui se rencontrent fréquem- « ment les unissent à des hommes médiocres? Que devien- (( dra enfin cette seconde et véritable éducation qu un mari « donne toujours à sa femme, et qui nécessite quelquefois ({ une autre soumission que celle de la raison ? »
D'abord la soumission raisonnée me paraissant la plus sûre de toutes, je crois que c'est la plus importante à préparer. Tout pouvoir est à la fois peu honoré et mal garanti par l'obéissance passive. Dans aucun temps, les femmes n'auront été aussi dociles que celles qui seront élevées à mettre dans leur devoir la règle et l'intérêt de leur vie. Une personne raisonnable, dont la conscience active sait choisir dans ses volontés, comprendra très bien que, de deux êtres faits pour vivre ensemble, mais dont l'un plus faible a plus besoin de l'autre, c'est au premier d'accepter les lois existantes, et de ne violer aucune des convenances qu'il trouve établies. Parmi ces convenances, il en est qui sont de rigoureuse justice : tel, par exemple, le sacrifice que doit faire une fille de son indépendance extérieure, à la dignité, à la paix et au bonheur du ménage. Le mariage n'est point une association de liberté : tout engagement a ses conditions; un mari lui-même est bien forcé d'en supporter quelques-unes, d'autant plus heureux qu'il comprend mieux les obligations légitimes du contrat moral qu'il a conclu. Nos jeunes filles sont inconnues de l'époux qui les choisit; je ne sais dans la société aucun autre marché qui se fasse si complètement sur parole : les inconvénients en sautent aux yeux; le seul remède serait dans la faculté donnée aux contractants de choisir un peu plus à leur gré.
Une fille, élevée comme je le propose, saurait d'avance à quoi elle renonce et ce qu'elle acquiert en devenant
épouse. Mieux avertie, moins pressée, elle choisirait de concert avec ses parents ; et comme elle aurait reçu une autre éducation que Sophie, ils pourraient avec plus de raison lui tenir le langage que Rousseau met dans la bouche du père et de la mère de la femme d'Emile*. Elle clioisirait ; c'est déjà une avance pour n'être pas trompée : si elle l'était, son découragement serait moins absolu; nous avons moins de dépit contre une méprise qui nous appartient. Peut-être même qu'une sorte d'entêtement à un choix qui serait notre ouvrage, nous rendrait plus habiles à trouver d'innocentes consolations que repousse celle qu'on n'a point consultée. Enfin, chez une personne fortement pénétrée du sentiment de ses devoirs, il ne faut pas croire que la résignation soit sans douceur, puisqu'elle n'est pas sans mérite.
Cherchant à voir les choses, non telles qu'on dit qu'elles sont, mais telles qu'elles sont réellement, j'ai idée que les maris préféreraient volontiers à la soumission que nous leur apportons maintenant, celle que mon éducation aurait enseignée. Elle laisserait aux femmes peu de facilités pour tous ces petits subterfuges qui les sauvent souvent de l'excessive domination d'un mari. La conscience se montrerait bien autrement exigeante que lui. A la vérité, la femme, aussi savamment formée à la vertu, porterait dans le ménage une certaine fermeté pour résister au mal ; mais cela déplait-il tant au plus grand nombre des hommes? La sévérité des principes ne leur serait importune que si elle se manifestait avec rudesse ; or, l'âpreté du caractère ne se rencontre guère chez celle dont la raison seule a contrarié les penchants. Là où il y a du bonheur, l'humeur se
1. a Ma fille, je vous propose un accord qui vous marque notre estime, et rétablit entre nous l'ordre naturel. Les parents choisissent l'époux de leur fille, et ne la consultent que pour la forme : tel est l'usage ; nous ferons entre nous tout le contraire : vous choisirez, et nous serons consultés. Usez de vôtre droit, Sophie. »
(Emile, liv. V.)
conserve douce et sereine; et mes jeunes filles pieuses, libres et justes, auraient vraisemblablement commencé par être heureuses. La résistance au mal, pratiquée avec douceur et bonne grâce, n'a d'inconvénients ni pour la société, ni pour les familles, ni pour les ménages.
La volonté d'une femme doit être subordonnée à celle de son mari. Mais, de bonne foi, les maris sont-ils donc aujourd'hui si lyranniques qu'on ne leur fasse entendre raison sur rien? S'ils ont dans leur intérieur tous les droits d'un pouvoir moins contesté qu'éludé, n'avons-nous pas, nous, l'adresse d'exercer à notre profit bien des secrètes influences? Combien de femmes, toujours prêtes aux yeux du public à satisfaire les fantaisies frivoles, à exécuter les ordres de détail, usent l'autorité d'un mari sur une foule de minuties, pour ressaisir la liberté dans les occasions qui les intéressent, et acquièrent par ce mélange habile de la complaisance et de la ruse une indépendance très effective! Qu'on leur demande, et qu'elles répondent ingénument, si elles voudraient, reprenant cette obéissance toute calculée, l'échanger contre une autre plus sincère et plus morale. Une femme galante, ou seulement coquette, peut facilement être la plus douce des épouses ; mais une femme vertueuse seule peut être la plus soumise.
Un des principaux griefs de quelques femmes de Paris, c'est qu'il arrive souvent à celui qu'un contrat vient de rendre maître de leur fortune d'en déterminer l'emploi, sans les consulter. 11 y a même beaucoup d'hommes qui exercent ou prétendent exercer une surveillance minutieuse sur les dépenses du ménage : très certainement il vaudrait toujours mieux qu'une femme eût toute l'autorité domestique. Nous sommes faites pour les détails; nous avons le goût et l'intelligence des petites choses, et nous savons mieux que les hommes nous faire obéir des subalternes, tout en commandant avec plus de douceur. Généralement les domestiques sont plus heureux là où c'est la femme qui leur transmet les ordres. Mais pour cela a-t-on jusqu'ici
fait entrer assez sérieusement Tétude de Téconomie dans les devoirs de notre éducation*? Nous voudrions êlre consultées sur les grandes affaires, maîtresses absolues dans les petites : nous ignorons les premières et dédaignons Tordre dans les secondes. Les femmes de province ont en ce
[genre l'avantage sur nous; aussi les voit-on dans la maison décider à leur fantaisie, c'est-à-dire à leur raison, les dépenses intérieures, et les maris tranquilles ratifient avec confiance toiis les arrangements pour elles.
On ne saurait trop le dire, des habitudes de la société, surtout à Paris, ont tellement détourné les femmes de
' leur position naturelle que, préférant toujours l'usurpation aux droits, elles prétendent parvenir à tout, sans se donner de peine pour rien. Cette disposition apportée dans le mariage y cause la plus grande partie de nos mécomptes. On dit trop que les fautes des femmes sont la suite des premiers torts de leurs maris. La morale n'a permis aucune comparaison entre l'inconduite d'une femme et celle d'un homme. Ses arrêts sont avec raison plus sévères pour nous, mais le monde adoucit fort les siens; et nos plaintes sont presque toujours les mieux écoutées, quoique nous ne
1. Presque toutes les femmes du monde ignorent absolument les affaires; elles ne s'en font aucun souci, et cependanf, comme veuves, comme mères de famille, ce genre d'instruction leur serait souvent nécessaire. On n'a point encore imaginé de faire à la jeune fille à laquelle on enseigne tant de choses, un devoir d'apprendre aussi ce qui la rendrait si utile à son mari et à ses enfants, ce qui la mettrait hors des mains d'un homme d affaires qui peut la compromeltre ou la ruiner, sans qu'elle ait moyen de s'y opposer. Nos usages ont porté notre insouciance si loin sur cet article, qu'il n'y a presque aucune de nos filles qui, à son insu, ne débute avec son mari par un mensonge. Les parents s'efforcent plus ou moins de tromper leur futur gendre sur la fortune de celle qu'ils lui donnent. Celle-ci ne sait guère jamais quelle dot réelle elle apporte. Elle entre dans la communauté de la dépense, en ignorant celle des ressources, et tôt ou tard porte la peine de l'humeur naturelle qu'éprouve celui qui vient à découvrir qu'on l'a trompé. Je voudrais que des conservations avec un notaire entrassent dans l'éducation des filles ; on leur donne assurément des maîtres moins utiles que celui-là.
soyons pas les seules à souffrir des chagrins d*un mauvais ménage. Cette partialité passée en usage excuserait les vengeances intérieures de quelques époux, si les petitesses de la vengeance pouvaient s'excuser jamais.
Passons à cette supériorité des femmes, que l'on croit contraire à la hiérarchie nécessaire de mérite dans la société du mariage; la supposition est en partie gratuite. Si les femmes valaient mieux, les hommes vaudraient) mieux aussi; la proportion s'établirait plus que par le passé. Dans toute association, que le plus fort se dégrade, il entraînera la chute du plus faible ; mais que celui-ci résiste, lutte un moment, tende à s'améliorer, les choses cherchent leur niveau, la véritable supériorité reprend sa place. Les nouvelles institutions françaises ont quelque chose de sérieux qui tournera au profit des vertus privées. J'ai déjà dit combien l'état de citoyen pouvait seul eu faire éclore : la liberté et la publicité des jugements de l'opinion forceront chacun à s'observer davantage, et l'attention sur soi-même produit toujours un perfectionnement. Les hommes, plus graves, seront désormais (et l'expérience le montre déjà) meilleurs maris et meilleurs pères; car les vertus, aussi bien que les vices, et j'ose dire mieux que les vices, s'attirent entre elles. Il n'est donc pas vraisemblable que les hommes s'effarouchent de notre prétendue supériorité, qui ne porterait de fait que sur la comparaison de ce que nous avons été avec ce que nous serions devenues.
Après tout, depuis près d'un siècle, et même encore sous nos yeux, les femmes se sont-elles donc interdit toute ambitieuse prétention? et regardent-elles leur pouvoir comme acquis par des concessions ou comme fondé sur leur mérite? De quoi ne se sont-elles pas jugées capables? Quand ont-elles refusé d'émettre un avis, de donner un conseil? Que d'événements importants gardent la trace de leur passage! Celles surtout qui demeurent les plus fidèles aux traditions du passé, celles qui s'efforcent d'échapper à ce
nouvel ordre social qui les pousse dans la voie o(\ je voudrais les voir entrer, se distinguent-elles par défiance d'elles-mêmes, et paraissent-elles disposées à renoncer au droit de régenter les salons, de dicter lei8 règles de la mode, du goût, de l'honneur même? Est-il donc vrai qu'elles se placent à un rang inférieur, et aperçoit-on dans leur conduite présente une retenue modeste que l'on craignait d'altérer? Le vrai moyen d'enchaîner la vanité, c'est de la mettre en présence du vrai. Une femme éclairée saura ce qu'elle vaut et celui man(}ue; et si nous avons si grand penchant à nous faire de tout un droit, il est moins fâcheux sans doute que notre prétention ressorte de nos vertus que de nos travers.
L'éducation perfectionnée ne chargera pas une femme de ce trésor de science qui pourrait effaroucher justement un bonhomme de mari, et même celui qui n'est pas brri' homme, dans le sens vulgaire de ce mot. J'ai dit qu'une supériorité de l'homme e«t de pouvoir aborder plus impunément et pour son plaisir des connaissances et des travaux qui ne lui sont ni prescrits, ni nécessaires. La nature, qui nous met au second rang, défend à notre éducation de tenter de nous élever au premier. 11 faut toujours voir dans . la jeune fille qu'on élève la future compagne d'un être dont elle ne peut rester indépendante.
Miss Hamilton, dans un ouvrage remarquable sur l'éducation, tire cette définition des Éléments de philosophie de Dugald Stewaft : « L'objet de l'éducation est de cultiver « les divers principes de notre nature, soit actifs, soit (( spéculatifs, el de les porter à la plus grande perfection « dont ils soient susceptibles*. » Mais quand il s'agit d'une femme, porter à la plus grande perfection les divers principes de ia nature n'est pas les appliquer à tous les genres d'instruction ; ce n'est point lancer témérairement
1. Lettres sur les principes élémentaires de V éducation^ par Elisabeth liamilton, traduites de l'anglais par M. Chéron, Lettre I*^*.
son esprit au milieu des recherches, ou même des connaissances inutiles à sa mission : c'est uniquement, ce ne > peut être que donner à ses facultés toute leur étendue dans j les choses qui sont bien de son métier. Mais on Ta rapetissé, ce métier, et voilà pourquoi les femmes s'ennuient ; voilà pourquoi on les voit s'agiter sans prudence et se mêler de choses hors de leur ressort. Je ne conçois pas comment celle à qui l'on aurait fait comprendre toutes les obligations de sa destinée offrirait à son mari moins de chances de bonheur qu'une autre ; je ne puis me la représenter non plus comme moins propre à s'accommoder aux hasards de sa situation. En effet, il faudrait en conclure que la meilleure préparation à tout consisterait à ne rien prévoir; or, il ne semble pas probable que les surprises en tous genres soient le plus sûr moyen de faire naître la résignation.
Si l'éducation se réformait, je ne me flatte pas qu'il ne se rencontrât plus de femmes qui demeurent en deçà ou se lancent au delà de leur destinée; mais enfin la clarté morale, propre à les guider, serait devenue moins vacillante, et la société aurait acquis cet immense avantage que les erreurs de quelques-unes ne s'appuieraient plus sur la fausseté ou la légèreté des principes de toutes. L'exemple, les leçons raisonnées, les circonstances habilement créées, une direction suivie, le tableau des devoirs incessamment remis sous les yeux, donneraient activité aux vertus, pour ainsi dire, usuelles. Les idées religieuses, si l'on avait soin de les faire pénétrer plus avant dans l'âme, et la vérité, combattraient utilement la confiance de l'orgueil, et avec le sentiment d'une modestie éclairée, on inspirerait aux femmes celte chasteté de l'esprit qui les garantit des connaissances ambitieuses. Et qu'on ne dise point qu'il est trop difficile de réunir les circonstances nécessaires à toute cette éducation : le passé nous a réalisé des choses bien autrement compliquées. J'ai le bonheur de croire que pour réussir à détourner les femmes des devoirs et
presque des sentimeDts d^épouse et de mère, il a fallu bien d'autres efforts.
Maintenant, si Ton demande ce que deviendrait cette seconde éducation que les maris donnent à leurs femmes, j'ai souvent ouï parler de cette seconde éducation; mais je n'en ai guère aperçu la trace. Veut-on parler de cette obligation plus ou moins doucement imposée de se façonner aux diversités d'un caractère d'abord inconnu? Dans un nouveau ménage, si ce caractère se prononce avec rudesse, le plus doux plie et ruse ; c'est assurément la femme qui se soumet ainsi le plus souvent, mais quelquefois aussi, c'est l'homme. Au surplus, alors, quel que soit le trompeur ou le trompJ?, le but de l'association est manqué : je n'espère plus de tendresse ni d'estime, là où je ne vois ni confiance ni sincérité.
Les qualités bonnes et mauvaises d'un mari influeront toujours sur la conduite de sa femme : elles la contraindront à des précautions pour répondre aux unes, pour éviter les inconvénients des autres. Mais si, par une prudence timide, on ne l'a instruite qu'à plier sans bruit et seulement pour avoir la paix, cette soumission toute politique n'est point une vertu, c'est un art dont le mariage lui enseigne la pratique : il est singulier de faire honneur au mari de cette éducation-là.
Cette éducation des maris, si on veut absolument lui laisser ce nom, a sans doute sa puissance très réelle, à peu près pareille à celle de la nécessité. Mais comme il arrive qu'elle n'est pas souvent beaucoup plus raisonnable, il n'est pas sage de s'y fier.
Est-ce à s'observer et à se connaître que doux époux emploient le premier temps du mariage? Ne sont-ils pas saisis presque aussitôt d'un sentiment subit, auquel je ne saurais trouver un nom? Ce n'est point de l'amour, car l'amour naît de l'enthousiasme ou d'une connaissance intime, et ni l'un ni l'autre ne déterminent nos alliances. Quoi qu'il en soit, ce premier temps donne de grands
droits au mari, un grand pouvoir à la femme; et je ne sais en vérité si ce n'est pas d'abord celle-ci qui profite le mieux de ses avantages.
Alors apparemment un mari devait commencer cette éducation tant annoncée : c'est pourtant ce qu'il ne fait point; il n'en a ni la volonté ni la puissance. Pourquoi voudrait-on que, distrait qu'il est par des émotions si vives, il n'eût point sa part d'entraînement et d'imprévoyance? Plus âgé, mieux averti, son expérience devrait le mettre sur ses gardes; mais l'expérience faillit pour tous dans une situation nouvelle, mais on est toujours jeune, quand on est ému. Le temps s'écoule, et il vient un moment où de dessein prémédité, j'y consens, un mari songe à élever sa femme. Mais alors l'eiTet est déjà produit, elle a éprouvé, observé, deviné; cette éducation a peu d'influence : pour qu'elle en eût une salutaire, il faudrait qu'elle fût dirigée par des principes ; et à présent encore, ceux des hommes sont-ils donc bien déterminés? Je n'ai pas dit que l'éducation des femmes fût la seule à refaire. Mais enfin, si notre jeune mariée ne reçoit point les leçons de ce nouvel instituteur, qu'on voudrait épris et prudent tout à la fois, les années lui apportent bientôt à elle de nouvelles obligations. Elle devient mère : prête ou non, il faut qu'elle songe à commencer une véritable éducation; la voilà très vite aux prises avec la plus sérieuse occupation. Ainsi donc, par prévoyance comme par nécessité, je crois qu'il vaut mieux pour ses enfants, pour son mari et pour elle-même, qu'une jeune fille ait appris d'avance à peser avec sa raison les actes et les devoirs qui se rattachent aux difl'érenles conditions de la vie.