XII ÉTUDE
Belgique, puis à Boulogne, C'est en 1804 que commence leur correspondance, et elle se poursuit jusqu'en 1814 avec des intermittences qui, vers la fin, se renouvellent \ ^ plus fréquimment et se prolongent davantage : M. de Rémusat, devenu d'abord premier chambellan (10 juillet 1803) puis (1" novembre 1807) surintendant des spectacles, accompagnait l'Empereur à travers l'Europe. A la chute de l'Empire, tandis qu'il était préfet successivement à Toulouse et à Lille, de 1815 à 1821, les lettres reprennent, de la mère au fils et du fils à la mère, quelquefois entre le père et le fils, le mari et la femme. En même temps, pendant trois ans, de 1815 à 1817, Mme de Rémusat s'était tenue en rapports très réguliers avec son amie de jeunesse, Mme Chéron. Si bien que la Correspondance embrasse à peu près la moitié de la vie de Mme de Rémusat. Elle gémissait des éloignements qui l'obligeaient à prendre la plume, et la condamnaient parfois, avec ses divers correspondants, à se répéter. Ce n'est pas nous qui pourrions nous plaindre de ses « écritures », nous qui leur devons de la connaître, et pour qui ses redites sont, au prix de quelque monotonie, une clarté de plus. Que n'eût pas perdu Mme de Rémusat elle-même à ne point être mise en demeure de multiplier ces lettres, où elle jetait, sans apprêt et sans réserve, tous ses sentiments! C'a été, pour elle autant que pour l'histoire, une bonne fortune qu'elle ait traversé l'Empire et la Restauration, exercée à regarder, en situation pour voir, et sollicitée par toute sorte d'intérêts à