ÉTUDE. XIII
rendre compte de ce qu'elle voyait. A la vérité, sa vie publique, si Ton peut ainsi dire, est étroitement liée à sa vie intime et le plus souvent comme fondue en elle C'est proprement son chai'me. « Me voici rentrée chez moi, au coin de mon feu, avec mon ouvrage, mes livres, mon chat, mon chien, mes oiseaux, mes fleurs, mon écritoire. » Nous viendrons l'y rejoindre tout à l'heure. Il faut commencer par la suivre au dehors, pour embrasser tout son horizon. La Cour, le monde, la retraite ont tour à tour contribué à son éducation. Elle n'a rien connu, rien observé, rien éprouvé, qui, intellectuellement et moralement, ne lui fût matière à profit.
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Que le rôle de Mme de Motteville l'ait tentée, du jour où elle fut introduite auprès de Joséphine, on n'en peut douter. Elle l'a dit elle-même : tous les soirs, elle écrivait son journal. Malheureusement, les Mémoires n'en sont qu'un souvenir repris, sans notes, en 1818, le manuscrit primitif ayant été détruit, sur sa demande, dans le trouble des Cent-Jours. Et le point de vue était retourné. Désenchantée par ses déceptions personnelles, excitée par la clairvoyance passionnée de Talleyrand, ne voyant plus dans l'héroïque épopée que l'enchaînement des fautes et la préparation des malheurs, son admiration était tombée, sa reconnaissance très refroidie. Mais ce n'est pas le moindre intérêt de Ja