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ÉTUDE. XV

bleau. Elle cherchait « à glisser au milieu de tout cela » . Ce n'est pas elle seulement qui se rend à elle-même ce témoignage. « A un esprit supérieur, a dit une des dames d'honneur de Joséphine, Mme de Rémusat joignait une âme noble et généreuse. . . . Jamais on ne trouva réunis plus de moyens de plaire avec moins de prétentions, une conduite plus irréprochable avec moins de rigorisme et de sévérité pour les autres.... Je ne l'ai pas entendue une seule fois blâmer ou critiquer personne » « Tout son esprit, écrivait Talleyrand, dans

le portrait qu'il a tracé de Clary, est employé en bien veillance. » Elle n'était jamais plus satisfaite que lorsqu'on la laissait, pendant les audiences de l'Impératrice, dans l'embrasure de la croisée, travailler en pensant à son mari et à ses enfants. Contre les piqûres, les heurts, les froissements, elle s'était revêtue d'une forte cuirasse. Un jour vint cependant — au retour de Boulogne et après ses entrevues prolongées avec l'Empereur — où la cuirasse fut impuissante à la défendre. « La pureté de ses intentions et l'innocence de sa conduite avaient été noircies. » « Mon ami, écrivait-elle à son mari, c'est à vous, à ma mère, à de bons et tendres amis que je devais cette disposition bienveillante que la Cour finira par m'enlever.... J'ignorais le mal, et surtout je ne croyais pas qu'il dût m'atteindre.... J'ai bien souffert, bien vivement souffert, lorsque j'ai vu que la méchanceté ne m'épargnait pas. Je n'ose plus marcher qu'avec crainte ;... je m'occupe tristement à trouver les moyens de parer les nouvelles attaques qu'on dirige vers

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moi. Je forme des plans pour Tavcnir. Le premier de tous est de vivre aussi retirée que possible et de donner de cette manière le moins de prise possible à Fenvie. » C'est auprès "de l'Empereur lui-même qu'elle cherchait son appui. On lui prêtait de grandes visées, on l'accusait d'être « décidante », et de vouloir être « dirigeante ». Bien qu'elle semble avoir été plus susceptible de subir l'action que jalouse de l'exercer, comme nous le verrons dans ses rapports avec son fds, elle n'aurait pas été fâchée sans doute, à certaines heures, de passer pour une manière d'Égérie. Femme, elle a, comme toutes les femmes, essayé la séduction de son esprit sur les hommes — sur Talfeyrand particulièrement, et peut-être sur Napoléon. Ses ambitions d'épouse, et de mère se trouvaient ici d'accord avec son penchant naturel. Comment n'eût-elle pas été sensible à la distinction que FEmpereur lui témoignait? Elle était la seule des dames d'honneur de Joséphine avec qui il aimât à causer. « La plupart de mes compagnes étaient plus belles que moi, dit-elle.... Il semblait que nous eussions fait tacitement cette sorte de pacte, qu'elles charmeraient les yeux du premier Consul, quand nous serions en sa présence, et que, moi, je me chargerais de plaire à son esprit. » Si elle ne se laissait pas. naïvement prendre à un mot, à un sourire du maître, « comme cette pauvre Mme de Brienne qui en avait la tête tournée » , elle ne se défendait pas d'une admiration très vive, elle la laissait voir dans ses lettres, et il ne lui déplaisait pas que l'expression en fût placée sous les

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yeux de l'Empereur. Certains passages de sa correspondance avec son mari n'étaient pas évidemment destinés à rester confidentiels. Et quand elle disait de l'Impératrice : « Je sens qu'il me faudrait voir de temps en temps ma bonne et aimable patronne », je pense qu'elle n'eût pas su gré à ceux qui auraient laissé ignorer ce souvenir à Joséphine.

Après Austerlitz, son enthousiasme déborde. «Tandis qu'on récitait les cantates, tout à l'heure, au théâtre, je pleurais de toutes mes forces, et je me sentais si émue que je crois que, si l'Empereur s'était présenté dans le moment, je me serais jetée à son cou, quitte à Venjlui wemânder pardon à ses pieds.... » Elle savait par cœur les bulletins de victoire, les récitait à qui voulait l'entendre, triomphait de l'embarras de ceux qui avaient la sottise de ne pas jouir de ce triomphe national, faisait lire à son fils, dans le Moniteur, tout d'une traite, la campagne d'Italie, celle d'Egypte, le retour en France. Et en même temps qu'elle se justifiait à elle-même son exaltation, elle en donnait les raisons à sa mère et à son mari. « Quel empire, mon ami, que cette étendue de pays, d'Anvers à Gênes! Quel homme que celui qui peut le contenir d'une seule main!... Ici, à Sannois, dans la solitude des champs, je me plais souvent à repasser tous les maux que nous avons éprouvés ; et, lorsque je reviens à la paix dont nous jouissons, à cette liberté réglée qui me suffit bien, à moi, à celte gloire dont mon pays est couvert, à ce gigantesque dans les événements,* à cette pompe dans les récompenses, à cette

ÉîtDE.

(nciivr que loiil tist accompli, je me sens |)énélréet, je SUIS tentée (ie répéter les vers île Vi refile que l

savez Que Dieu nous le conserve!... Mais, eeri I

entre nous : il iTesl (|ye trop tle «:ens rjni voutirâ trouver à ces sentiineiils un autre iiiotir que eeltii les inspire. » M. ile Rémusat ne pouvait s'y rnéprerw Les l'umées de la joie dissi[>éea, c'est à la simpli d'une vie « de méiia^fe » calme et sereine, qu'elle i tacliail en ses rêves. L'èloi^neuieiit de son mari pèse, le tourliilltui de la Cour ['ét*iur(li(. « J'ai vu i des personnes bien plus licujeuses que nous : — « iettiT est presque de la même date tpie celte du lei main d'Austerlitit— c'est Mollieu et sa IVuunc, ijai

acheté une [j(*ttte maison prrs de f^n-is Tous

matins, le luari se rend ;\ la Caisse d^amortissemem travaille et sert lomoraldeun^it son ujaitre et son p A ctm| heures, il revient dîner et passe sa soii^ fauiille. Il :i uiis tout sini avoir à cette pt^tite hahitatl dimt ie parc a di\-siq>t arpents, «pf il s'amuse* a plai et dont il coupe les cliarmilles ». Vnilà cequ^elle eni mi en€l(*s à la campagne et la car a liherfft, « ( Ijonhem eût pu se comparer au uoti'e, mon ami^ riudrpendauce ntrus perineUnît d'élever tranqtrilleii uf(s eidauts! Travaillons pour ce cher avenir, w

La paix de Preshouriç h [>eine signée, une nou^ campagne se préparait. Mme de liémusat éproU encore *< le hesoin d'aduiirer et de eioîrt^ ». Mais était auxienst*, « Il y a dans la destinée de lEuipei

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