LES ARBRES FRUITIERS
Quelques amis réunis dans un jardin âis« cutaient entre eux sur la meilleure manière d'élever les jeunes arbres. L'un demanda s'il était préférable de couper les branches inférieures à hauteur d'homme ou de les laisser croître à volonté, La plupart pensaient qu'un arbre élancé était plus élégant et plus utile ; non* seulement, disaient- ils » il prend moins de place qu'un arbre bas , large et branchu , mais aussi étant mieux exposé aux rayons du soleil , il portera des fruits plus beaux et plus sj^voureux. ic Cependant , objecta quelqu'un , le vent frappe avec plus de violence un arbre élevé et fait tomber ses fruits avant leur maturité , tandis qu'un arbre bas offre moins de prise à la tempête^ »
cGe différend y observa Théophile, ne peut être tranché que si chacun, se plaçant dans son <)as particulier, agit selon la nature et les dimensions du terrain dont il peut disposer. Mais voici une au* tre question que je vous propose. Vaut-il mieux pour le chrétien vivre dans une condition inférieure ou dans une condition élevée ? Celui qui.
placé dans une haute position , orne ses branches des fruits de la piété et de la vertu est un arbre agréable à Dieu et aux hommes , et ses fruits sont d'autant plus beaux et plus savoureux qu'ils ont mûri plus haut. Mais d'un autre côté , n'est-il pas à craindre que le vent le plus léger ne vienne à secouer ses branches , c'està-dire que les moindres tentations ne fassent tomber les fruits de la piété et ne le rende un arbre stérile? Les gens d'une classe inférieure ne courent pas moins de dangers ; ils sont psurticuliérement exposés à l'envie , à l'avarice , à l'égoïsme et à l'injustice. Au reste , saint Paul nous dit : Qœ chacun suive l'état dans lequel le Seigneur Va appelé (1 Cor. , VU , 17). Dieu t'at-il donc plaoé dans un rang élevé ? aspire diligemment aux seules choses vraûnent élevées y 42'egt4*dire à ce qui est eélieste et divin. Le TouUPuissant t'a-t-il fait naître , au contraire , dans un rang inférieur ? oonâole^oi en pensant que l'abaissement est la voie la plus sûre de la véritable élévation* *— En un moi ^ souvenonsnous que Dieu aime tous ceux , tant grands que petits y qui sont remplis des fruits de la justice à sa gloire ei àsa louange (Philip. , I, il).
> Seigneur y fais de moi un arbrisseau humble y si tu veux , mais fertile I i« ne puis parvenir dans ce monde à ma vériiteble stature ^
mais si tu me transplantes dans ton jardin , je verdirai et croîtrai éternellement. » •
xvm.