LES FOURMIS
Théophile s'approcha un jour d'une fourmilière et se ressouvint, y en voyant le travail de ses actifs habitants , de cette parole de Salomon : — Ya y paresseux y vers la fourmi ^ regarde ses voies et deviens sage , laquelle n'ayant point de capitaine , ni de prévôt , ni de dominateur , prépare en été sa nourriture et amasse durant la moisson de quoi manger {Prov. , VI , 6-8).
Théophile se dit encore : — «Il est facile de trouver des gens qui, soucieux de leur avenir temporel , se fatiguent et ne prennent pas moins de peine que ces insectes pour remplir leur magasin ; mais qu'il est petit le nombre de ceux qui songent à pourvoir leur âme d'une nourriture spirituelle 1 Et de même que ces insectes roulent plutôt qu'ils ne portent un fragment de bois ou tel objet plus grand qu'eux , ainsi les enfants des hommes se chargent souvent d'un fardeau qui dépasse leurs forces; et lorsqu'on réfléchit au peu de valeur de ce fa^
deau , on est tenté de s'écrier avec le prophète ! Us se tourmentent en vain y ils amassent des biens et ne savent qui les recueillera (Ps. XXXIX, 7). Âb I que le temps est rarement employé à s'occuper de Féternité ! Mon Dieu , puisque je sais que l'hiver est près , c'est-à-dire que tu m'enverras de pénibles dispensations et que la mort s'approchera bientôt de moi, je veux amasser et conserver dans mon cœur le grain précieux des préceptes de l'Ecriture , afin que lorsque toute autre chose sera anéantie, mon âme soit toujours nourrie de tes consolations. :»