LÀ TAUPE
Un jardinier guettait une taupe qui était occupée à son travail ténébreux; il l'atteignit adroitement avec sa bêche et la jeta sans vie hors. de terre. — c Ce petit animal, se dit Théophile, ronge et détruit les racines des plantes; il dépare les jardins et les champs par une multitude de monticules, et tout cela pour subvenir à sa nourriture. La taupe voit parfaitement sous terre, tandis que la lumière Taveugle en quelque sorte. De même Tenfant du siècle fouilla et travaille dans l'obscurité ; il cherche son profit au détriment de ses semblables ; il laisse sur son passage la trace de ses sentiments hostiles et intéressés; et autant il se montre prudent et avisé dans les choses terrestres , autant il l'est peu dans celles qui sont divines et spirituelles. Mais à l'appel du Tout-Puissant, la mort se lève et vient mettre un terme à ses projets et à ses intrigues ; elle l'enlève du sein de la prospérité et
le précipite dans la tombe. Ses biens et sa gloire ne peuvent Ty suivre , et commet durant sa vie, il a préféré les ténèbres à la lumière, il ne verra jamais la lumière (Ps. XLIX , i8-Sl). A quoi me servirait la vie, si la cécité me privait de la clarté du soleil , si je ne pouvais te contempler, ô Dieu de lumière et de vérité? Le jour viendra où l'incrédule enviera le sort de la taupe (laquelle n'attend ni bien. ni mal après sa vie), alors que, condamné à l'obscurité éternelle , il y vivra dans les pleurs et les grincements de dents^ »
UN JEU d'enfant.
Un jeune garçon, avait passé un bâton entre «es jambes , et , Je fouet en main , dirigeait , joyeux et plein d'entrain, son cheval improvisé. — c Ah I pensa Théophile, quel âge heureux que celui où de semblables jeux nous suffi* sent! Le cavalier monté sur un fier coursier n'éprouve pas un plaisir plus vif que cet enfant, parce que notre félicité dépend en grande partie de notre imagination. Tel cavalier est parfois si chargé de péchés, de soucis, de dettes et de contrariétés de teut genre , que c'est miracle en
vérité qu'un ebeval puisse le porter avec tout ce bagage^Parcontre, quelle joie innocente rayonne sur le visage de eet en£ant i Son unique souci est de procurer du foin à son cheval , et il n'a d'autre dette qoe celte de Tobéissaiiee et de la re* connaissance ewers ses parents* ^-^ Nous ne pouvons nous empêcher de rire en voyant ce jeune garçon galoper et trotter sur ses petits pîeds comme sur des pieds d'emprunt ; cependant, si nous faisions un retour sur nous-mêmes, sur notre vanité et nos plaisirs, nous trouverions qu'ils doivent paraître aussi risibles aux yeux de celui qui , éprouvé par l'adversité , a appris à mépriser la frivolité du monde et à chercher les grandeurs durables. Les enfants voyagent en char et à cheval , comptent l'argent , bâtissent des maisons, simulent des festins, jusqu'à ce que la fatigue les contraigne au repos. Et nous, hommes de l'âge mûr,. nous nous don^ noBS beaucoup d'embarri^ pour réaliser nos fantaisies; nous accumulons deâ trésors, nous bâtissons des maisons, des palais et des châteaux; puis nent le moment o<à nous prenons nos cefuvres em dégoût, où tout nous parait futile , ok nous soupirons après la paix du tombeau. Qui saurait dire à quel âge il a été le moins enfant?...
» liais sil'enfanoe.a ses travers, elle a aussi
ses qualités. Et ceci me fait penser, Seigneur Jésus , à un de tes enseignements : En vériU je V(ms disj que si vous ne changez ei ne devenez comme des enfants, vous n'entrer^ point dans le royaume des deux (Hatth. , XVIII, 3)* Accorde-^ moi donc les vertus qui caractérisât l'en* font : la simplicité, l'humilité^ la sincérité, la douceur, Thumeiir concilianle, la candeur et l'innocence. >
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