‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 31 sur 73 · LE VER A SOIE · texte numérisé non relu

LE VER A SOIE

Après avoir regardé plusieurs vers à soie, qu'un jeune garçon nourrissait dans une boite avec des feuilles de mûrier, Théophile fit les réflexions suivantes : c Ainsi c'est un ver qui procure aux hommes leurs habits les plus splendides. Je voudrais qu'on ne vendit à personne un vêtement de soie avant de lui avoir fait examiner cet insecte. Peut-être qu'alors l'acquéreur n'attacherait pas autant de prix à se parer avec le filage d'un ver, se souvenant que luimême et son brillant costume seront un jour dévorés par d'autres vers. — Les mœurs du ver à soie diffèrent peu de celles de toutes les chenilles. Lorsqu'il a assez mangé et qu'il touche au terme de sa vie , il se réfugie dans un endroit où il peut mourir en sûreté. Là il se barricade et s'enveloppe dans son fil , et la nourriture qu'il a absorbée ne lui sert qu'à se bâtir un tombeau. Vous aussi, pauvres hu-

mains, vous mangez et vous buvez, vous accumulez et vous vous efforcez d'occuper une place importante dans ce monde; mais à la fin tout vous échappe et vous devez choisir une tombe. Heureux celui qui sait se déprendre du temporel, diriger ses pensées vers son dernier jour, et descendre dans le sépulcre aVec paix et honneur ! — Dieu! mon désir le plus ardent, et je n'en connais pas de meilleur, est que mon âme soit couverte du lin pur de la justice de mon Seigneur Jésus (Apoc, XIX, 8). »

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