‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 39 sur 73 · LE SEIGLE FLEURI · texte numérisé non relu

LE SEIGLE FLEURI

L'expérience démontre que lorsqu'on brise une tige de seigle fleuri, qu'on la dépouille de sa fleur et qu'on la tient un moment dans la

main, une nouvelle fleur apparaît aussitôt.

Lorsque Théophile fit cette expérience devant un de ses amis, celui-ci s'en étonna et désira connaître la cause de ce phénomène. Théophile lui dit : — « On peut observer une force active dans toute la nature. C'est ainsi que le grain germe dans les champs et qu'une tige s'élève de la terre aride. Dans les arbres, c'est cette même force qui fait que la sève s'agite au printemps, et que d'une écorce rude sortent les feuilles, les fleurs et les fruits. Dans une vigne taillée, la surabondance de la sève s'échappe à l'extrémité du sarment. Une force pareille se trouve dans le seigle, et à un degré tellement puissant, qu'elle peut renouveler la fleur dans l'épi coupé. Qu'un autre explique savamment ces prodiges de la création ; quant à moi , je me plais à y reconnaître un efl'et de la bonté de Dieu , qui agit sans cesse, qui dirige, fait croître et s'occupe continuellement du bien de l'homme. — Mais , poursuivit Théophile , ce principe de vigueur et d'énergie que nous admirons dans la nature, doit aussi se retrouver en nous. Ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, sont enfants de Dieu (Rom., VIII, 14). La force de l'Esprit de Dieu ne se repose jamais; elle excite et fait agir les cœurs pieux. Par elle naissent les saintes pensées , les pieux désirs, les soupirs, les lar-

mes y les prières , un zèle infatigable à servir Dieu et le prochain. Une fleur succède à une . autre fleur, un élan d'amour à un autre élan, une dévotion à une autre dévotion. Si nous n'éprouvons rien de pareil, nous avons lieu de craindre que la vie divine ne nous anime pas , ou tout au moins que nous ne recherchons pas l'Esprit de Dieu , comme nous devrions le faire. ]>

c Mon Dieu! que puis-je sans ta force? que puis-je sans ton Esprit ? Si tu ne me communiques toi-même une force intérieure et spirituelle, je ne possède ni le vouloir ni le faire. Agis donc en moi , mon Dieu ! et aide-moi à suivre ta bonne impulsion avec promptitude. >

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