LE COLLIER DE PERLES
Théophile dit à une jeune fille qui lui montrait un précieux collier de perles qu'elle venait d'acheter : — « De nos jours, la recommandation du saint Apôtre est peu observée : Que les femmes séparent d'un vêlement honnête, avec pudeur et mode>stie, non avec des cheveux frisés, ni avec de l'or, ou des perles ^ ou des habits somptueux {i Tim., II, 9). Il n'y a maintenant que les femmes qui n'ont pas assez de fortune pour payer des perles qui s'en privent , et par contre, hélas I la perle de grand prix est peu appréciée. La sagesse est cette perle ; c'est d'elle que Sa-
lomon a dit : Elle est plus précieuse que les perles et toutes les richesses désirables ne la valent point. Et comme les grains d'un collier sont enfilés les uns à côté des autres , ainsi les passages de l'Ecriture qui contiennent la substance , la sève et la force de la divine sagesse forment la chaîne qui doit orner notre mémoire et enrichir notre cœur. Je ne me souviens pas d'avoir jamais vu une jeune fille ou une femme dont la Vie était en danger, s'inquiéter de leurs perles ou de tout autre de leurs ornements.
Pourquoi donc ne recherchez-vous pas premièrement la perle qui vous servira encore lorsque toutes les choses de la terre ne seront plus rien pour vous , et qui non-seulement pourra vous fort^ier à l'heure de la mort, mais aussi vous orner devant la face du Seigneur? De plus, rappelez-vous que dès cette vie votre âme doit bril- W d'un éclat aussi pur et aussi doux que celui des perles, de l'éclat de la vertu, de la piété et d'une bonne réputation. i>
« Mon Dieu , les larmes sont les seules perles qui conviennent aux chrétiens. Accorde-moi la grâce de pleurer de douleur sur mes péchés , de joie sur ta bonté, et de désirer avec larmes la félicité céleste I Aucune autre perle ne saurait me tenter. »