LE MILAN
Un ami de Théophile lui raconta qu'il avait vu un milan guettant sa proie du haut de son aire, et il lui demanda si ce fait pouvait lui suggérer de bonnes réflexions. Celui-ci répondit : — « Pourquoi pas? De même que cet oiseau s'élève dans l'espace comme s'il voulait s'approcher du ciel , tout en dirigeant constamment son regard perçant vers la terre pour y découvrir une proie et la ravir ; ainsi les hypocrites parlent volontiers des choses spirituelles et divines. Ils vont au culte, participent à la
cène; ils lisent, prient, chantent, tandis que leurs cœurs restent terrestres, et plus attachés à ce qui est temporel qu'à ce qui est éternel. — Vous savez aussi que cet oiseau épie les jeunes poules et les enlève sans façon. Or, puisque notre Rédempteur se compare à une poule (Matth., XXIII, 37), nous sommes les poussins ; et ce milan n'est-il pas une fidèle image du diable qui nous guette toujours et qui ne laisse échapper aucune occasion de nous nuire? Voulons-nous demeurer en sûreté ? n'abandonnons jamais Jésus; il étend sur nous ses ailes protectrices.
> Je ferai encore une autre observation. Il est à remarquer que , tandis que les autres oiseaux et les animaux cherchent l'ombre et la fraîcheur, pendant les jours chauds de l'été, le milan s'élève dans les nues et y plane jusqu'au soir, cherchant à rafraîchir sa nature ardente. Imitons le milan en ceci : lorsque nous passerons dans la fournaise de l'affliction, élevons nos pensées et nos cœurs à Dieu , dans un esprit de foi , et nos âmes accablées seront soulagées et rafraîchies. »