‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 48 sur 73 · LE JEU DE PAUME · texte numérisé non relu

LE JEU DE PAUME

En voyant plusieurs garçons qui s'amusaient avec des paumes , Théophile se dit : « Voilà

bien rembléme de la légèreté et de l'inconséquence mondaines I Après quoi lès hommes se fatiguent-ils et à quoi emploient-ils leur force ? pourquoi courent-ils, plaident-ils , se battentils , mentent-ils , trompent-ils , s'agitent-ils ? Pour des choses de néant , qui n'aboutissent à rien, qui ne sauraient être mieux comparées qu'à une balle pleine d'air. Ils cherchent les honneurs, la science, les plaisirs, la fortune, et lorsqu'ils les ont trouvés , ils n'en deviennent ni meilleurs ni plus heureux. Le plus sage des rois reconnaît , qu'à la vérité , il avait fait de grandes choses, bâti des maisons, planté des vignes , tracé des jardins , creusé des étangs , entassé des richesses et accordé toute espèce de joies à son cœur ; mais plus tard , une* expérience prolongée lui apprit que tout sotis le soleil n'était que vanité et tourment d'esprit (Ecclés., II , 11). Qui surpassera jamais ce roi , en puissance, en sagesse et en opulence ? Et qui donc pourrait s'attendre à plus de gloire terrestre que lui ?

» L'enfant d'Adam n'est lui-même qu'une balle que le bonheur et le malheur se renvoient de l'un à l'autre. Plus elle est lancée au loin dans l'espace, plus sa chute est rapide, et lorsque enfin on se fatigue de la jeter çà et là , on la laisse à terre où elle pourrit..., ^

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