LA COUPE
Une coupe en vermeil, artistement ciselée , fut déposée sur une table. Théophile dit en la voyant : € Entre cet argent et un autre , il n'y a de différence que celle produite par l'œuvre du marteau : sans lui cette coupe ne serait ni aussi belle ni aussi précieuse. Pourquoi nous paraitil donc si étrange que Dieu nous frappe avec le marteau de l'épreuve? Quoi? nous façonnons à notre guise les objets inanimés, et nous prendrions en mauvaise part, nous trouverions dur que Dieu nous travaillât et nous façonnât selon son bon plaisir? Aurions-nous plus de droits sur les choses qu'il a créées que lui sur nous ? Et d'ailleurs, comment serions-nous améliorés, si notre tendre Père ne nous corrigeait sans cesse? Parmi les ustensiles du sanctuaire, le moindre n'était pas le chandelier d'or, avec ses sept branches et ses lampes toujours allumées; et celuilà n'avait été ni coulé ni soudé, mais façonné y nous est-il dit, avec le marteau et fait d'un talent d'or pur (Exode XXV, 31, 39). Dieu voulait sans doute nous faire entendre par là que per-
sonne ne peut briller dans le ciel d'une éternelle clarté , s'il n'a été modelé sur la terre par de salutaires épreuves et s'il n'a mené une vie sainte. Mon Dieu , combien souvent il nous arrive de ne pas comprendre ton travail ! tu veux nous rendre des vaisseaux honorables y sanctifiés, propres à ton service et préparés pour toute sorte de bonnes oeuvres (2 Tim., II, 21); et nous préférons rester mauvais que de souffrir dans notre chair de péché. mon père , ne fais pas attention à notre folie ! Le diable , le monde et toute espèce d'afflictions sont des marteaux : frappe. Seigneur, frappe à coups redoublés, afin que je devienne ici-bas et pour l'éternité un vase utile et plein de ta grâce. »