LE CADRAN
On avait placé deux cadrans d'horloge au clocher d'une église, sur lesquels les heures étaient indiquées par de grands chiffres dorés.
Théophile dit à ce sujet : — « Ces chiffres dorés qui indiquent les heures doivent nous rappeler que le temps est précieux et ne peut être racheté à aucun prix. Un gentilhomme impie voyant à son lit de mort d'effrayantes visions d'esprits infernaux, qui attendaient son âme, s'écria d'une voix angoissée : « De grâce, accordez-moi encore jusqu'à demain ! oh ! seulement jusqu'à demain !.... » Mais le désir du malheureux ne fut pas exaucé ; le temps de la grâce était passé pour lui. Que n'eût-il pas donné pour quelques heures de répit, et surtout pour pouvoir employer ces heures à pleurer ses péchés et à s'amender ? Ah ! comme nous nous jouons du temps de la repentance !
comme nous gaspillons les instants précieux que Dieu nous accorde. Dormir, jouer, causer,
boire, manger, voilà à quoi nous en passons la plus grande partie. Et les heures qui s'envolent si rapidement quand nous sommes à nos affaires, combien ne nous paraissent-elles pas longues , alors que nous parlons à Dieu ou que nous entendons parler, soit de lui , soit d'expérience chrétienne , soit de quelque antre sujet propre à faire du bien à nos âmes !
) Le jour viendra où cette aiguille qui poursuit incessamment sa marche silencieuse autour du cadran indiquera l'heure de notre mort. Alors chacun dira de nous :< Il est mort à telle heure.» Alors aussi il n'y aura plus de temps pour nous, mais nous serons dans l'éternité. Oh ! cherchons donc à bien employer les heures qui nous restent et n'en laissons passer aucune sans profit pour notre âme. Chaque fois que le timbré de l'horloge retentit dans les airs , pensons au temps qui s'enfuit et dont nous devrons rendre compte à noire Dieu quand il n'y aura plus de temps. C'est pourquoi y pendant que nous en avons l'occasion , faisons du bien à tous (Gai., VI, 40). Mon Dieu, scelle toi-même ces paroles dans mon cœur, et aide-moi à employer le temps de ma vie de manière à ce que je ne me repente pas dans l'éternité de l'usage que j'en aurai fait I »