‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 66 sur 73 · LE FIGUIER · texte numérisé non relu

LE FIGUIER

Quelqu'un ayant montré à Théophile une feuille de figuier qu'on venait de cueillir dans un jardin, celui-ci en prit occasion pour exprimer les pensées suivantes : < L'expérience a démontré qu'à l'exception de son fruit, tout est amer dans le figuier : la feuille, l'écorce, la sève, le bois et les racines. Admirons la sagesse et la puissance de Dieu, qui sait tirer le doux de l'amer, et pensons aux paroles de l'Apôtre : Tout châtiment semble d'abord un sujet de tristesse y et non de joie; mais il produit ensuite un fruit paisible de justice à ceu^ qui ont été ainsi exercés f^éh. y XII, H). Toute épreuve nous parait amère. Ce qui est contraire à nos volontés charnelles est amer ; ce qui nous rend méprisables devant le monde est amer; tout ce qui froisse nos corps et nos âmes est amer ; mais l'épreuve produit de doux fruits; elle apprend à prier, à croire , à espérer, à se confier en Dieu, à devenir calme et humble; elle apprend aussi à douter de soi-même, à mépriser le monde et à aspirer au ciel. Ah ! quelle excellente réponse

fit un théologien distingué lorsqu'on lui demanda qui lui avait appris à prêcher d'une manière si édifiante et si consolante : « Ce sont, dit-il, mes épreuves qui me l'ont enseigné. » De même tout chrétien qui sait prier ou exhorter avec force devrait dire : « C'est l'épreuve qui m'a appris cela. » Qu'importe l'amertume de l'arbre de la croix , s'il porte des fruits de joie et de piété ! Plante , ô mon Dieu , cet arbre dans mon jardin : je l'arroserai si longtemps de mes larmes qu'il m'apportera de doux fruits de consolation. »

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