‹ Paracelse, le médecin mauditChapitre 15 sur 28 · DERNIÈRES ÉTAPES · texte numérisé non relu

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un point central pour obtenir le maximum de scandale, ou sf cette démonstration n’avait pas un caractère religieux, Paracelse ne pouvant pas être en odeur de sainteté auprès des dévots.

Il préféra quitter la région, sans attendre la publication de sa Chronique. D’ailleurs, celle-ci ne vit le jour que vingt-cinq ans. plus tard, à Cologne, en même temps que le Lahyrinthus et les Maladies du Tartre. Il est clair que quelque chose était intervenu pour changer les dispositions des autorités.

A la fin de 1538, nous trouvons Paracelse à Laibach, en Carniole, où Augustin Hirschvogel fit de lui un portrait resté célèbre. On y trouve inscrites les deux devises qui lui étaient chères : « Alterius non sit qui suus esse potest » (Quand on peut avoir une personnalité propre, il ne faut pas emprunter celle^ d’un autre), et « Onine donum perfectum a Deo, imperfectum a Diabolo » (Tout le bon vient de Dieu, et le mauvais du diable, ou, plus librement encore : On reconnaît l’arbre à ses fruits,, précepte indispensable à suivre pour juger Paracelse). La fameuse épée n’est pas oubliée. On a fait circuler des légendes sur cette épée dénommée « Azoth » : pour les uns, un diable était enfermé dans le pommeau, pour les autres, une provision de laudanum ou de pierre philosophale. Pourquoi ne pas admettre qu’elle était un souvenir de ses campagnes militaires, de ce que sa vie avait eu de plus viril, de la supériorité qu’il avait eue sur son père ? On peut aussi supposer que l’épée, qui était destinée à jouer un rôle symbolique si important dans les cérémonies des Rose-Croix et des Francs-Maçons, dérivait du souvenir paracelsien.

Pendant deux années, on a du mal à suivre les traces du vagabond. On pense qu’il passa à Augsburg et à Munich, en 1539, pour retraverser Villach, atteindre Gratz en Styrie, puis Breslau, puis Vienne où il retrouva Hirschvogel, qui fît de lui un nouveau portrait (en 1540). En avril 1541, il fut à Schober (ou Strobl), sur les bords du lac de Fuchel. En mai, il arriva à Salzburg, où il fut reçu par le prince-archevêque Ernest, duc de Bavière, puisqu’il avait le privilège des accueils honorifiques, en même temps, que des cabales honteuses.

Ce fut sa dernière étape.

Des doutes se sont créés sur les circonstances de sa mort. On a dit que les médecins de Salzburg, jaloux, avaient payé

un ruffian pour l’assommer ou pour le faire tomber du haut d’un rocher, ou pour lui faire prendre du poison.

Toujours est-il qu’il ne resta pas longtemps dans le petit cabinet de consultation qu’il s’était aménagé, et où il aurait commencé une étude sur La Sainte Trinité qui ne fut jamais terminée, mais qui fut publiée, en 1570, par Toxitès. C’est dans une chambre de l’auberge du Cheç’al Blanc, dans la Kaygasse, qu’on fit venir le notaire Hans Kalbsohr, le 21 septembre, pour ses dernières volontés. Au Dr André Wendl, de Salzburg, furent attribués ses livres, ses instruments et ses médecines, d’ailleurs épars à Augsburg, Kromau, Villach, etc. Le peu d’argent qui restait devait, une fois les dettes payées, être distribué aux pauvres, aux humbles, aux misérables, pendant qu’on chanterait les psaumes I, VII et XXX, indiqués par le mourant lui-même : « Il sera comme un arbre planté sur les rives ; il produira les fruits en leur saison. Ses feuilles, non plus, ne se dessécheront... Seigneur, tu n’as pas permis à mes ennemis de triompher de moi... Tu as permis à ma montagne de tenir ferme : tu n’as pas caché ta face..., etc. » Ses exécuteurs testamentaires furent Maître Georges Teyssenperger et Michel Setznagel.

La mort survint le 24 septembre 1541. A ce moment, Uranus se trouvait dans le Lion, correspondant probablement à la maison VIII ou maison de la mort dans le ciel de naissance de Théophraste et formant une opposition avec l’emplacement de Saturne, maître supposé de l’Ascendant dans ce thème. D’autre part, Neptune, dans le Bélier, se trouvait en quadrature exacte avec le Mars radical, indicateur des tribulations et des épreuves par sa situation dans le Capricorne à la naissance. Si l’on considère la correspondance du Bélier avec la tête ou, plus exactement, avec le coup de tête et celle du Capricorne avec les jambes ou, plus exactement encore, avec l’acte de grimper au moyen des jambes, cette transition de Neptune à Mars coïncide bien avec les circonstances de la mort.

Le jour même de sa mort, Paracelse fut enterré dans le cimetière des pauvres qu’il avait expressément désiré — mais le prince-archevêque, qui l’avait si bien reçu, ordonna des funérailles solennelles. Le grand voyageur n’avait pas atteint sa quarante-huitième année. Pendant plus de trente ans, il

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