‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 15 sur 109 · PROLOGUE DE L'OPERATEUR · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L'OPERATEUR

paraison de deux autres dont je vais vous parler. Je ne fais pas une pareille confidence à tout le monde; mais je lis sur vos visages que je ne dois rien craindre de votre indiscrétion.

Vous avez sans doute entendu parler du fameux Cosmopolite, cet illustre habitant de toute la terre ! Eh bien ! Messieurs, je vous diray à l'oreille que c'est moi-mesme.

Vous paroissez surpris? Vous le serez bien davantage quand vous sçaurez que la sublimité de ma science m'a procuré la bienveillance d'une sylphide qui m'a fait présent des deux petites bouteilles que voicy, qui renferment des trésors inestimables.

Dans l'une est l'élixir de l'Esprit.

Dans l'autre, celui du dieu de Lampsaque.

En effet, Messieurs, sans ces liqueurs surprenantes, aurions-nous jamais entendu parler, pour l'éloquence, des Démosthène, des Gicéron et de tant d'autres orateurs qui, depuis eux, ont fait et font encore en France l'ornement du barreau ?

Connoistrions-nous, pour la peinture, les Zeuxis, les Apelle, les Mignard, les Lesueur, les Lebrun, les Rigaut et tant d'autres qui excellent aujourd'huy dans cet art si gracieux ?

Sans cet élixir, jouyrions-nous des ouvrages des Corneille, des Racine, des Molière, des Voltaire et des autres illustres auteurs qui marchent sur leurs traces ?

Ces phénomènes de leur temps, ces acteurs inimitables que vos pères ont vus orner la scène, et ceux que nous admirons aujourd'huy sur tous les théâtres et dans tous les genres ; tous ces grands hommes, si supérieurs aux autres, seroient-ils jamais parvenus à ce degré de perfection sans l'élixir des talens qui a produit dans tous les arts les grands génies?

Mais, Messieurs, passons à l'élixir de l'amour.

Aurions-nous vu, de nos jours, ces héros de tendresse

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