‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 3 sur 109 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

quand on songe que Gueullette ne négligeait point les devoirs de sa charge pour la littérature, on se demande comment une existence humaine a pu suffire à tant de labeurs. Je n'ai pas abordé pourtant le théâtre, où cet homme étonnant occupe une large place comme historien, comme auteur et comme acteur de société. Je marquerai cette place à grands traits pour m'arrêter aux Parades, objet de la présente publication.

Thomas Gueullette est l'auteur des Notices sur les œuvres de théâtre, manuscrit en huit volumes que renferme la Bibliothèque de l'Arsenal et dans lequel, remontant aux origines, il passe en revue l'antiquité, le moyen âge et les temps modernes. C'est encore lui qui réunit et analysa les canevas du fameux Dominique, l'arlequin de la comédie italienne, et qui prépara tous les matériaux pour l'histoire de ce théâtre. Les frères Parfaict le confessent dans leur préface :« Nous annonçons de bonne foi, écrivent-ils, que l'Histoire de Yancien Théâtre italien, que nous donnons aujourd'huy, est presque toute due à M. Gueullette, substitut de M. le procureur du Roi au Châtelet de Paris; qui, pour sa propre satisfaction, a rassemblé la plus grande partie des matériaux qui la composent et qui a bien voulu nous les communiquer. »

Auteur dramatique, Gueullette a traduit de l'italien : La vie est un songe; Adamire , ou la Statue de l'honneur, et la Griselde ; il a composé les Comédiens par hasard, Arlequin -Pluton , le Trésor supposé, l'Amour précepteur et l'Horoscope accompli.

Qu'il me soit permis de dire actuellement et sous forme de parenthèse que, passionnément épris des lettres, Gueullette n'en prétendait tirer aucun profit. Nous l'avons vu tout à l'heure à propos des frères Parfaict ; agissant de même au théâtre, il abandonnait ses droits

PREFACE IX

d'auteur aux interprètes de ses pièces, et nous savons qu'il fit présent de l'Horoscope accompli à la gracieuse Silvia, chargée du principal rôle.

Ses fréquentes relations avec les comédiens ne laissaient pas, d'ailleurs, que de présenter le caractère d'un affectueux patronage. L'acte de mariage d'Antoine Balletti (Mario) et de Jeanne Benozzi (Silvia), dernièrement relevé par M. Monval dans la petite commune de Saint-Germain de Drancy, porte la signature de Gueullette, comme témoin, et les deux autographes suivants prouvent que les artistes du Théâtre italien sollicitaient parfois son obligeant concours.

Le premier est une lettre de Mme Riccoboni (Flaminia). Elle est datée du 14 mai 1742, jour de l'enterrement de l'acteur Romagnesi.

Monsieur,

Le cas pressant dans lequel se trouve Mmc Belmont1 me force à remettre les complimens et les politesses et de me restreindre à vous prier de vouloir bien avoir la bonté de passer chez moy tout à l'heure, si vous le pouvez, ou bien le plustost... Nous vous en prions instamment, elle et moy, et toute la troupe ensemble.

Pardonnez, Monsieur, la brièveté du discours. Je suis, avec une respectueuse amitié, votre très humble et très obéissante servante,

B. Riccoboni.

La seconde lettre est précisément du fils de cette dernière, François Riccoboni, chargé au théâtre du rôle de Lélio. Comme sa mère, il réclame un service de Gueullette, et il le fait en termes respectueux.

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