LA FEMME ET L'AMOUR AU PARADIS LAÏQUE
Quels seront^ auparadis laïque, notre nourriture, notre boisson^ notre logement, notre travail et nos loisirs? Tout cela, certes, ne manque pas d'intérêt. Mais qu'aimerons-nous î Voilà le principal.
J'entends bien que nous aimerons encore des fournies. A moins que le goût n'en passe. Il passerait jusqu'au jour où il n'y aurait plus ni hommes ni femmes, aussi devons-nous escompter sa persistance, par il n'y a rien à dire d'un monde repris par le néant.
La question se ramène d'abord à celle-ci: verrat-on croître ou diminuer les différences qui existent aujourd'hui entre les sexes î
Elles diminueront, disent en général les fervents de la Cité Future, dont se fait l'écho notre maître Anatole France. Celui-ci, qui fit une ex-
cursion mémorable dans le xxiii* siècle, y rencontra des femmes... « Elles étaient vêtues comme les hommes et elles avaient les jambes droites et longues et... les hanches étroites de nos Américaines... * Bien qu'il s'en trouvât de fort épaisses^ et de très sèches et aussi beaucoup dont on ne pouvait rien dire, (elles) offraient en grand nombre un aspect d'androgynes \ »
Cette vision prophétique ne parait nullement tirée d'une apocalypse, et on la comprend fort bien. Puisque la femme des temps futurs tendra de plus en plus à devenir l'égale de l'homme, elle ressemblera de plus en plus à un éphèbe Elle votera, et ses mamelles,s'atrophieront. Elle ne sera plus soumise à un mari, et ses fémurs se rapprocheront de la verticale. Gomme elle jouira sans contrôle des fruits de son travail, elle perdra sa voix de soprano. Et ses hanches et sa poitrine deviendront mâles sous le mâle veston et la mâle culotte, car pourquoi adapter les vêtements aux membres î C'est au contraire le contenu qui doit épouser la forme du contenant. Aussi bien les femmes, imbues, par une grâce innée, de cette dernière maxime, ont-elles toujours su remplir avec exactitude le moule changeant que leur présente