Ibid^t P
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la mode. Ne s'y trouve-t-il point de place aujourd'hui pour le ventre? qu'à cela ne tienne: on se passe de ventre. Demain on n'aura peut-être plus de quoi s'asseoir. Nous devons donc tenir pour bien téméraire dans ses jugements le jeune Hippolyte Dufresne, le rêveur de Sur la Pierre Blau" che, qui. voyant des femmes vêtues^ en a déduit leur structure naturelle.
Et^ stupeur douloureuse ! on découvre, chez un galant collectiviste tel qu'Anatole France, une véritable trahison de ses principes. C'est à son gré la femme qui se rapprochera de l'homme, et non l'homme de la femme. Nous serons bien encore des mâles bourgeois, pleins de morgue, nous daignerons attendre que l'autre sexe vienne vers nous, sans faire un pas vers lui. N'est-ce point le proclamer inférieur î On éprouve quelque peine à se voir contraint de rappeler un axiome de la plus élémentaire équité. Quand deux égaux se rejoignent, chacun doit avoir fait la moitié du chemin. Donc, empiétement des tissus lymphatiques sur les musculaires, moins de barbe, des pectoraux plus adipeux, un séant plus riche, tels seront les traits de Thomme futur s'il veut sans injustice que sa compagne lui ressemble.
Y a-t-il cependant un fondement scientifique à ce portrait qu'Anatole France nous esquisse de la femme auxxiii* siècle? Peut-être le suivant : au
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paradis laïque, Je travail sera moins pénible, d'où il suit que la femme pourra se livrer aux mêmes occupations que l'homme, et elle le fera par nécessité, puisque nul ne mangera s'il reste oisif. Habitués à faire des mouvements tout pareils par leur nature, leur durée et leur intensité, les corps masculins et féminins se ressembleront, jusqu'à la barbe exclusivement, et Thérédité perpétuera cette ressemblance que la sélection naturelle devra plutôt accentuer. — Voyez les Américaines, dit implicitement Anatole France, elles font tout ce que font les Américains, c^est pourquoi elles ont les hanches étroites. — Ce point d'anafomié ne laisse pas que d'être discutable. Pour un observateur insensible à la différence des accents, une Américaine serait une Anglaise pourvue de hanches, parce que l'Américaine, plus que l'Anglaise, se corsette à Paris.
Et si on en juge par les exemples ethnographiques, Tabsence du galbe d'amphore chez la femme ne serait pas nécessairement une preuve de progrès, puisqu'elle caractérise les sauvages et les grands singes anthropoïdes. Le D' P. Le Damany a même montré dans un article de la Revoie * que la courbe des flancs féminins, si fort prisée
Llailevnc, 1" octobre 1904, V Avenir de l'espèce humaine, pp. 267 et sqq.
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aujourd'hui, se trouvait liée au développement héréditaire de Tiatelligence. Voici les arguments ingénieux qui viennent à Tappui de cette thèse : L'homme est d*autant plus intelligent, toutes choses égales d'ailleurs, qu'il a plus de cervelle, et plus il a de cervelle, plus il lui faut de place pour la loger, donc plus il a un crâne volumineux. Or on sait que , pendant toute la croissance de ] 'homme, la tête grossit fort peu relativement au reste du corps. Il faut donc, si l'évolution se fait dans le sens de l'intelligence, que les enfants naissent avec des têtes de plus en plus grosses, et comme ils ont à ce moment initial la tête plus large que le corps, il faut, par une conséquence directe, que leur porte d'entrée dans la vie s'ouvre de plus en plus grande. Or l'élargissement de cette porte entraîne chez les mères l'élargissement du bassin, et par là-même Pécartement des condyles fémoraux et l'obliquité des cuisses. Tenez pour certain que si quelque jour les hommes les plus bêtes valent Newton, les femmes seront très basses sur jambes et pourvues en quelque sorte de joaniers Louis XV naturels.
Autre solution : Les femmes ne changent pas, tandis que l'homme rapetisse, mais en conservant sa capacité crânienne d'aujourd'hui. Contre son prestige physique ainsi sacrifié, le mâle échangerait une possibilité de progrès intellectuel.
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Et en effet, des nerfs vont de la peau à la cervelle. Tous leurs bouts encéphaliques forment une agglomération d'autant plus encombrante qu'ils sout plus nombreux^ et ils sont d'autant plus nombreux que la surface du corps est plus étendue, que le corps est plus vaste. Diminuer la taille, c'est donc réduire le nombre des terminus cérébraux considérés, le volume qu'ils occupent, et mettre celui-ci à la disposition des cellules intellectuelles, si, comme on l'a supposé, la masse totale du cerveau reste la même.
Quoi qu'il advienne, un développement cérébral de l'homme accentuerait nécessairement la différence qui existe dès aujourd'hui entre les deux sexes. Mais peut-être resterons-nous au point où nous en sommes, ce qui vaudrait encore mieux que de voir les femmes se changer en éphèbes, auquel cas nous deviendrions sans doute plus bêtes.
Il n'importe d'ailleurs : nous n^en souffririons pas, non plus que des métamorphoses physiques de la fenmie. D'insensibles gradations nous laisseraient toujours croire qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Mais les mœurs évoluent plus
vite que l'anatomie, ou, sans évoluer, elles peuvent être agitées de remous subits où. nos fils seront pris, sinon nous-mêmes. Elles nous intéressent donc d'une manière plus immédiate.
Quel sera le caractère de la femme future ? On le sait assez. On a du moins tellement disserté sur ce sujet qu'il faudrait du courage pour l'aborder. La femme future, c'est en effet le prolongement de la jeune fille moderne; et qui n'a entendu parler de la jeune fille moderne au théâtre, dans les romans, à l'église, à la Sorbonne et ailleurs î Bornons-nous donc à une question : — Entrevoit-ondes motifs pour que la ressemblance morale entre l'homme et la femme aille en augmentant ?
Il y a des limites probables à cette ressemblance. La nature les fixe par l'injustice même dont elle fait preuve en accablant un seul sexe de toutes les charges de la génération. Les spécialités féminines de la gestation et de l'allaitement sont tellement absorbantes qu'elles tyrannisent le reste de l'organisme. A partir de la puberté, la femme développe son sexe aux dépens de ses forces et sans doute de son cerveau, tandis que l'homme, en devenant m&le, n'a que peu d'énergie physiologique à dépenser pour sa métamorphose ; il lui en reste un excès dont peu^ vent disposer ses muscles et sa substance grise«
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Toutes les différences qui viennent de là ne s'atténueront jamais, à moins que les hommes ne deviennent aussi justiciables de l'obstétrique. M. Guérin le fut, dit-on. Il le fut seul jusqu'ici, et encore d'après la seule attestation d'Edmond Àbout.
Inégalité des forces musculaires, inégalité d'intelligence (ou plutôt de capacité d'effort intellectuel), cela entraîne déjà bien des différences dans le domaine moral, lesquelles doivent demeurer.
Il existe d'autres différences, beaucoup moins nécessaires. Signalons-en ime en particulier, relativement récente, et par quoi l'homme se singularise dans le monde animal. On sait que, parmi les bêtes, si un sexe l'emporte sur Tautre par la beauté de sa toilette, c'est le mâle, comme nous le voyons chez les faisans, les paons et les coqs. Nous, au contraire, nous laissons à la femme le monopole de la parure. 11 n'y a pas longtemps, depuis la Révolution tout au plus, que l'homme a ainsi abdiqué. En vain semble-t-il essayer de se ressaisir, par le port notamment de somptueux gilets. Ce ne sont que de brefs éclairs, après quoi le mâle reprend son plumage sombre, redevient modeste à côté de sa brillante femelle, comme la poule du faisan doré à côté de son époux au Ventre écarlate.Et les mœurs démocratiques, qui
font peu à peu tomber les panaches des personnages officiels^ ne touchent pas aux panaches des dames, sinon pour les grandû*. Le luxe des toilettes féminines, sans cesse accru, suscite un luxe d'imitation accessible aux coquettes les plus humbles. Il y a là un état de choses qui s'accentue, nul n'en peut douter, car voici les costumes occidentaux entrés au Japon et même en Chine.
Nous voyons, dans cette différence moderne entre les sexes, un cas particulier d*un phénomène sociologique très général : la division du travail, la spécialisation. Gonmie la vie ne cesse d'aller en se compliquant, chacun peut de moins en moins se livrer à toutes les activités qu'elle comporte ; on se les distribue. A la femme la mission esthétique dans Tindustrie du vêtement. Et ce n'est pas une sinécure 1 Outre cette spécialisation, il y en a bien d'autres qui n'appartiennent pas à la femme dès aujourd'hui et lui appartiendront sans doute plus tard. C'est un effet probable de l'évolution sociale qui, pareille en gros à l'évolution biologique, se marque par la complexité croissante des organismes. Les sexes tendraient donc à se différencier de plus en plus sous tous les rapports, à moins que l'humanité n'entre dans ime phase de régression.
Gela ne condamne pas du tout le féminisme qui revendique pour la femme tous les droits da
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rhomme, en particulier celui d'embrasser n^importe quelle profession. Il y a bien des manières de spécialiser les sexes^ en effet. Calfeutrer la femme au gynécée en est une. Mais la femme peut aussi se spécialiser en exerçant les mêmes métiers que Thomme. Médecin, par exemple, elle soignerait certains malades dont l'homme s'occuperait moins. Nous voyons aujourd'hui la femme envahir la littérature. Qu'écrit-elle? Des romans. Et même, dans cette spécialité, elle se spécialise ; elle accapare petit à petit le roman d'amour, industrie d'où le concurrent masculin se verra bientôt exclu. Celui-ci se consolera par l'exploitation moins lucrative et plus austère du roman sociologique, et les lettres vivront encore. Laissez donc les femmes aller librement comme les mène leur volonté, ou, si Ton veut, leur caprice. La sélection naturelle se chargera de leur fermer les spécialités qui ne leur conviennent pas. Pourquoi substituer des préjugés à l'action de cette force raisonnable? Le féminisme n'a donc pas tort. Mais on s'effraie à tort du triomphe de ses reven-^ dications. Au jour de l'égalité des sexes, quelques femmes se rendront insupportables en jouant à l'homme, et le jeu fini, chacun reprendra les traits de sa nature, et il n'y aura pas plus d'androgynes qu'aujourd'hui, car «égalité» ne signifie pas 4c similitude ».
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L'égalité fera que certains dimanches, assez rares, les femmes iront glisser un billet dans une caisse en bois appelée urne électorale. Certains disent qu'elles en perdront toute leur grâce et que leur baiser n'aura plus de saveur. Doutons de cette calamité en considérant combien peu l'effet serait proportionné à la cause.
On peut soutenir que, bien au contraire, nos compagnes y gagneront le charme virtuel de la dignité humaine reconquise. Elles ne seront plus, qu'elles me pardonnent ce terme, des < animaux civiques ». N'est-ce pas à quoi les a ravalées la proclamation des droits de l'homme. Tous les hommes naissent libres et égaux, ce qui veut dire égaux en condition politique, égaux comme électeurs futurs. Ce mot de « tous les hommes » doit bien signifier «tous les êtres de l'espèce humaine», et puisque la femme ne peut atteindre à la condition de citoyen, c'est donc qu'elle ne fait pas partie de «tousles hommes», de Tespèce humaine.
Personne, il est vrai, ne s'en offusque, et bien peu de gens s'en aperçoivent Le vote des femmes parait donc lointain. Il n'aurait pas contre lui l'insouciance générale qu'il rencontrerait d'autres obstacles, et notamment l'opposition des radicaux, soucieux de conserver le pouvoir s'ils le détiennent ou de le reconquérir s'ils l'ont perdu. Les femmes en effet sont de tempérament
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chrétien et conservateur; elles étrangleraient Marianne. D'autre part, le socialisme se trompe lorsqu'il compte sur le cœur des femmes pour se les rallier. Elles feront sans doute fleurir Tesprit de générosité, mais non celui d'association.
Si Ton en doute, qu'on relise La Clairière de Maurice Donnay et Lucien Descaves.
Rappelons brièvement l'histoire *:
Un tailleur intelligent et socialiste, nommé Rouffieu, se met à réfléchir sur les moyens de faire cesser l'exploitation patronale. Il conçoit la vanité des paroles, un bruit, des révoltes, prétextes à répression, des grèves qui , en « discutant Faugmentation des salaires, reconnaissent implicitement la légitimité du principe ». Alors, par la voie d'un journal révolutionnaire^ il adresse un appel aux partisans de l'établissement d'une colonie communiste en France. Chacun y travaillera pour tous, tous pour chacun, et non plus pour quelquesuns, comme dans la société capitaliste. Ce sera un exemple, une leçon de choses, et petit à petit.
1. Maurice Donnay et Lucien Descaves. La Clairière. Paris, Éditions de la Revue Blanche, 1900, pp. 42-57.
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des colonies pareilles couvriront la face de la. terre* Les adhésions affluent. Un ancien rafQneur enrichi, M. Mouvay, pris d'un < délire de restitution >, fournit par testament le domaine de la Clairière : vingt hectares de terrain avec bâtiments. Les compagnons s'y installent et tout va d'abord le mieux du monde.
Malheureusement la colonie se fait un ennemi tout puissant : Verdier, maire et grand électeur. Elle refuse de voter pour son candidat. Elle accueille Hélène Souricet, institutrice séduite et rendue mère par le fils Verdier. Elle accueille le D' Alleyras et Jeanne, sa compagne, que Verdier persécute.
Grave danger, non mortel cependant, si la communauté n'avait été trahie par Adèle, la femme même de Rouffieu. Adèle en effet aime GoUonges gui aime Hélène. GoUonges est un réfractaire. Un billet anonyme le dénonce à Verdier. On retrouve le brouillon de ce billet, on en cherche l'auteur. G'est, bien entendu, Adèle.
Mais, avant cette catastrophe, des lézardes se sont déjà produites dans Tédiflce fraternel. La faute en revient presque uniquement aux fenmies des compagnons, entre autres à Mesdames Beaa et Ménessier, outre M— Rouffieu (Adèle). Nous soulignons « Mesdames >,car, chose digne de remarque, tandis que les honmies s'interpellent pair
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leur nom tout court, leurs épouses se donnent Tune à l'autre du « Madame » tant qu'elles peuvent. A Tacte IV, scène première, Adèle les excite contre les nouveaux venus de la colonie. Le ly Alleyras et Jeanne ont apporté leurs meubles de salon dont toute la communauté a la jouissance.
< C'est tout un aria, dit Adèle, tandis qu'avant le ménage était bientôt fait.
— ...Je préférais autant comme c^était avant,. ^ reprend M"* Beau, j'aime pas les encombrements... on n'est plus chez soi... je me sens dans^ les meubles des autres. >
M""* Beau donne encore la note du misonéisme féminin en n'approuvant pas que l'on ait construit im laboratoire où le D' Alleyras « cultive un tas de maladies... Il fait pour ses expériences une telle consommation de lapins qu'on ne peut plus en manger. Vous trouvez ça juste et gentil...? Des pauvres petites bêtes qu'on a tant de plaisir à élever I »
Et M"** Ménessier, jusqu'ici indulgente, va s'enflanuner à son tour.... «Tout ce que le docteur a dit l'autre jour sur Falcoolisme^ lui insinue Adèle, contre qui donc que c'était dirigé ? contre votre homme bien sûr. > (Car Ménessier est le pochard de La Clairière). M"* Ménessier s'en trouve blessée au vif.
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Évidemment elle estime en son for intérieur qu'un mari appartient à sa femme et non à une société. Tant pis pour les compagnons s'il nuit par son vice à l'entreprise commune 1
Aussi M"* Ménessier, en se comparant à la femme du docteur, s'écrie-t-elle : «... Au moins^ nous, on est mariées... on peut montrer son livret, y^ a pas d'erreur... tandis qu'elle... >
Enfin, pour mettre le comble à leur esprit conservateur et routinier, ces dames professent un nationalisme dont aucun nationaliste ne se vanterait ;
M- Beau
Alleyras... je me demande, moi, si c'est bien français, ça?
M"* Ménessier
Ménessier dit qu'il a connu un Espagnol qui s'appelait Alleyras.
M- Beau
Vous voyez bien, c'est pas français. Je m'en doutais... Alors, quoi ? on est une colonie étrangère.
MM. Donnay et Descaves ont ainsi finement noté, en ses caractères essentiels, l'opposition que l'avènement du paradis laïque rencontre chez les
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femmes, surtout les femmes prolétaires. 11 est visible que Jeamie et Hélène représentent des créatures d'exception, des personnes hors caste, n'appartenant ni à la bourgeoisie, ni au peuple, donc elles n'enlèvent pas à la scène que nous avons analysée sa portée sociologique générale.
On entrevoit des raisons profondes à ce traditionalisme de la femme. Elle est, encore plus qpie l'homme, un être de sentiment, d'instinct, d'intuition. Or le sentiment, l'instinct, l'intuition, forment les ressorts les plus anciens de nos âmes; une très longue hérédité en a fixé le jeu, de sorte que, sous leur action, nous résolvons comme nos ancêtres les problèmes de la vie et nous agissons comme eux. Peut-être que renseignement nouveau développera davantage le sens critique chez la femme. Or le sens critique est notre seule faculté révolutionnaire. Par là quelques changements sont à prévoir, malgré quoi nos compagnes représenteront toujours Tarrière-garde dans Tarmée réformatrice.
Quelle que soit la société future, basée sur le mariage ou Tunion libre, le foyer restera le domaine de la femme plus que celui de Thomme.
La femme en a conscience. Elle est par là plus fixe, plus sédentaire, elle constitue dans la société la force qui enracine. Comme la femme se concentre au foyer, elle réagit contre tout ce qui
n'est pas le foyer, en particulier contre l'association.
Pour avoir méconnu cette vérité, Fourier commit Terreur de vouloir socialiser le pot-au-feu, dessein auquel les femmes s'opposeront toujours, malgré son caractère économiquement raisonnable.
Voilà ce qu'il faut mettre au compte du sexe féminin dans le bilan de lar ésistance particulariste •
L'amour, dont mourut la colonie communiste, obère naturellement les deux sexes, bien qu'en sa qualité d'être plus sentimental, la femme trouve en elle-même moins de forces qui le contrebalan cent, à défaut d'autres amours, comme l'amour divin, par exemple. Adèle, cette funeste Adèle, en est la preuve. Mais l'indigne épouse du brave Rouffieu ne conijnet de tels dégâts sociologiques qu'en raison de l'exiguïté de la cellule sociale où elle vit. Sur l'ensemble de la nation, son méfait n*a qu'une influence négligeable, il se perd dans la masse des crimes passionnels avec lesquels toutes les sociétés ont vécu tant bien que mal et sous tous les régimes. Aussi convient-il de considérer d'une autre manière l'amour qui attend les petits-fils de nos arrière-petits-ûls au paradis laïque.
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S'il faut en croire M. Léon Blum^ ce paradis laïque sera le paradis de Mahomet. Les jeunes filles y jetteront leur gourme comme aujourd'hui les jeunes gens. — « Et les enfants ?... Des enfants, on n'en aura pas *... » — 4c N'oubliez pas> dit M. Léon Blum, que pour... initier (les jeunes filles), je prévois, dans la plupart des cas, Tintervention d'un homme d'âge moyen, plein d'expérience et d usage. On pourra se fier à sa vigilance quasi-paternelle pour introduire dans l'apprentissage d'une jeune vierge les connaissances et les habitudes nécessaires. Et d^ailleurs, cet apprentissage est-il si difficile î 11 n'est ni plus difficile, ni plus choquant, d'apprendre à ne pas avoir d'enfants que d'apprendre aies faire*. >
Cette pratique, étant passée dans les mœurs, ne choquera plus personne. Qui ne voit tous les agréments dont jouira ainsi notre heureuse postérité? Outre la gratuité de Tamour, aucune femme non mariée ne se refusera pour peu qu'on la sollicite poliment. Quel motif en effet aura-t-elle de
1. Du Mariage. Paris, Société d'Éditions littéraires et artisti ques, 1908, p. 813.